Israël dément avoir rejeté une offre d’échange de prisonniers avec le Hamas
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Israël dément avoir rejeté une offre d’échange de prisonniers avec le Hamas

Le coordinateur chargé du retour des Israéliens retenus à Gaza a appelé le groupe terroriste à se tourner vers un médiateur non-identifié s'il désire "faire avancer le processus"

Des membres armés du groupe terroriste du Hamas participent à un défilé dans les rues de Gaza City pour marquer le premier anniversaire d'un accord déterminant l'échange de 1027 prisonniers palestiniens contre le soldat israélien Gilad Shalit, le 18 octobre 2012 (Crédit : Wissam Nassar/Flash90)
Des membres armés du groupe terroriste du Hamas participent à un défilé dans les rues de Gaza City pour marquer le premier anniversaire d'un accord déterminant l'échange de 1027 prisonniers palestiniens contre le soldat israélien Gilad Shalit, le 18 octobre 2012 (Crédit : Wissam Nassar/Flash90)

Israël a démenti jeudi avoir rejeté une proposition d’échange de prisonniers avec le Hamas après que le groupe palestinien a indiqué avoir offert de nombreux accords en vue d’une telle initiative.

« Ce n’est pas vrai », a commenté Yaron Blum, qui coordonne le travail visant à faire libérer les Israéliens détenus par le Hamas, dans un communiqué. « Le Hamas est invité à immédiatement se tourner vers le médiateur qu’il connaît afin de faire avancer le processus ».

Blum n’a pas dit quel pays agissait comme médiateur entre le Hamas et Israël. Des articles ont mentionné l’Egypte, le Qatar et un pays occidental non-identifié.

Le Hamas avait fait précédemment savoir qu’il oeuvrait à réaliser un accord d’échange de prisonniers avec Israël qui, selon lui, avait été rejeté par l’Etat juif.

Cette affirmation du Hamas était survenue après que le quotidien arabe basé à Londres Al-Hayat a rapporté la semaine dernière qu’un pays occidental servait d’intermédiaire dans des pourparlers – initiés par le Hamas – entre Israël et le groupe terroriste palestinien.

L’article disait qu’Israël avait promis d’étudier l’offre et d’y répondre après le 15 mai, lorsque les Palestiniens avaient organisé des manifestations et des émeutes massives marquant le 70ème anniversaire de ce qu’ils appellent la « Nakba », ou catastrophe, de la fondation d’Israël.

Yaron Blum, ancien cadre du Shin Bet, sur la Dixième chaîne, le 15 septembre 2015. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a indiqué que 62 Palestiniens avaient été tués et plus de 2 700 blessés dans des affrontements survenus sur la frontière cette semaine, à l’apogée du mouvement de protestation et des émeutes qui animent l’enclave côtière depuis le mois de mars. L’armée a indiqué mardi qu’au moins 24 des personnes mortellement touchées appartenaient aux groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique palestinien. Les deux groupes terroristes ont reconnu que 53 de leurs membres figuraient parmi les morts. L’Etat juif affirme que le Hamas encourage les violences et les utilise comme couverture pour des attentats.

Au début du mois, le quotidien Haaretz avait indiqué que le Hamas avait exprimé de manière répétée ces derniers mois sa volonté, via différents canaux de communication, de lancer des pourparlers avec Israël sur un cessez-le-feu à long-terme.

L’article disait qu’en échange d’une telle trêve, le Hamas voulait qu’Israël réduise significativement le blocus sur Gaza, qu’il approuve des projets d’infrastructure à grande échelle et qu’il accepte, peut-être, un accord d’échange de prisonniers.

Le Hamas, un groupe terroriste islamiste qui cherche la destruction d’Israël, a d’ores et déjà fait de telles propositions dans le passé.

Ces informations suivent plusieurs indications semblant montrer que le Hamas est profondément divisé alors qu’il tente de s’extraire d’une situation dure à Gaza, dont il a pris le pouvoir en 2007. La bande affronte une crise économique, des sanctions émanant de l’Autorité palestinienne de Ramallah, des pressions mises en place par le blocus israélo-égyptien et des agitations intérieures croissantes.

L’année dernière, le président de l’AP Mahmoud Abbas avait imposé une série de mesures contre la bande de Gaza qui incluaient la suspension des paiements par l’AP à Israël de l’approvisionnement en électricité au sein de l’enclave côtière. Abbas avait également drastiquement réduit les salaires de milliers de fonctionnaires au sein de la bande, mettant de nombreux autres en retraite anticipée.

Le mois dernier, le quotidien Israel Hayom a fait savoir qu’il y avait des querelles entre les hauts-responsables du Hamas sur la question de l’acception d’une initiative égyptienne de mettre un terme aux manifestations de la « marche du retour », avec la promotion d’un échange de prisonniers.

Le leader du Hamas à Gaza Yahya Sinwar était intéressé par cette offre tandis que le leader du groupe en général, Ismail Haniyeh, y était fermement opposé, selon cet article, qui citait des sources proches des hauts-responsables égyptiens et du Hamas. Le mouvement se serait alors brisé en deux camps qui s’opposent dorénavant.

Un accord portant sur un échange de prisonniers aurait été trouvé durant des rencontres entre des responsables des renseignements égyptiens et des leaders du Hamas, avait fait savoir le 18 avril le journal libanais Al Akhbar. Les deux parties auraient défini un pacte sur le nombre et les détails des prisonniers palestiniens qui figureraient lors d’un échange de prisonniers avec l’Etat juif.

Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu. (Crédit : Flash 90/Times of Israel)

Les Egyptiens, avait dit l’article, auraient demandé au Hamas des informations sur deux soldats de l’armée israélienne tués au combat dont les dépouilles se trouveraient dans la bande de Gaza. Les deux militaires, Hadar Goldin et Oron Shaul, avaient été tués pendant la guerre, en 2014, entre le Hamas et Israël et le groupe terroriste a depuis refusé de donner toute information à leur sujet.

Le Hamas détiendrait également deux civils israéliens entrés de leur plein gré à Gaza, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed.

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