Israël et le Hamas auraient conclu un cessez-le-feu de six mois
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Israël et le Hamas auraient conclu un cessez-le-feu de six mois

Selon un reportage, l'accord négocié par le chef du Mossad et le COGAT comprend 100 millions de dollars du Qatar pour le groupe terroriste du Hamas

Des Palestiniens préparent des ballons incendiaires à lancer vers Israël depuis Gaza à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 8 août 2020 (Crédit :  Abed Rahim Khatib/Flash90)
Des Palestiniens préparent des ballons incendiaires à lancer vers Israël depuis Gaza à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 8 août 2020 (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas auraient conclu un accord de paix avec l’aide du Qatar qui prévoit le retour du calme sur la frontière sud pour une période de six mois, a fait savoir la Douzième chaîne dans la journée de dimanche.

En échange, le Qatar transférera 100 millions de dollars au Hamas dans un accord coordonné avec Doha par le chef du Mossad, Yossi Cohen, aux côtés du Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), a noté le reportage.

Mohammad al-Emadi, envoyé du Qatar à Gaza, s’est régulièrement rendu dans la bande, ces dernières années, pour apporter des fonds finançant l’achat de carburant, les salaires des fonctionnaires et venant aider les plus défavorisés. La plus récente livraison de liquidités devrait être totalement épuisée d’ici quelques semaines, a déclaré la chaîne.

A l’exception de deux incidents de tirs à la roquette, un accord de trêve officieux entre l’Etat juif et le Hamas avait été respecté dans l’ensemble depuis la fin du mois d’août, quand le bureau du chef du Hamas, Yahya Sinwar, avait annoncé que le groupe terroriste avait accepté les dispositions du cessez-le-feu négocié par le Qatar.

Israël avait tacitement consenti à l’accord en levant les restrictions imposées à la bande depuis le début des escalades de violence, au mois d’août.

Des roquettes lancées par les terroristes palestiniens dans la bande de Gaza vers Israël, le 24 février 2020 (Crédit : AP Photo/Khalil Hamra)

Ce nouvel accord n’a pas été vraiment bien accueilli par les leaders locaux israéliens, dimanche, dans le sud du pays. Ces communautés sont frappées par des tirs de roquettes et par des attaques aériennes incendiaires depuis des années.

« Je suis désolé de voir qu’au lieu d’éliminer le terrorisme, le gouvernement israélien soutiendra le transfert d’argent à une organisation terroriste pendant six mois. Nous ne l’acceptons pas et, bien sûr, nous ne nous réjouissons pas », a commenté le maire de Sdérot, Alon Davidi.

Alon Davidi, maire de la ville de Sderot, dans le sud d’Israël, assiste à une conférence de presse à Jérusalem, le 27 mars 2017. (Hadas Parush/Flash90)

« Le gouvernement israélien doit faire comme il sait faire et comme il a fait dans le passé – éliminer les terroristes à Gaza et les chefs de leurs organisations. Les accords de paix conclus avec les Emirats et Bahreïn doivent être utilisés pour mettre en place une coopération régionale qui nous bénéficiera à nous et à Gaza », a continué Davidi.

Le responsable du Conseil régional d’Eshkol a, lui aussi, exprimé des réserves, disant qu’il fallait trouver une solution à long-terme.

« Nous saluerons tout accord qui entraînera une paix à long-terme. Mais une période de paix de six mois n’est pas la solution stratégique que nous espérions, » a dit Gadi Yarkoni.

« L’argent qatari est le paracétamol de la situation, il ne guérit rien. Aujourd’hui, il est nécessaire d’établir un accord stratégique à long-terme, avec une coopération et la création d’un ancrage économique significatif qui pourra changer la réalité de la bande de Gaza à long-terme. Tout cela à la condition que les prisonniers israéliens soient rapatriés, que le gouvernement de la bande de Gaza rende les armes et arrête le terrorisme », a-t-il continué.

Le Hamas détient actuellement les dépouilles de deux soldats de l’armée israélienne, Hadar Goldin et Oron Shaul, qui avaient été tués lors de la guerre à Gaza, en 2014, ainsi que des civils, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, deux Israéliens entrés de leur plein gré au sein de l’enclave côtière.

De son côté, le président du conseil régional de Shaar Hanegev s’est montré plus optimiste, disant qu’il se réjouissait de connaître une période de calme.

« Nous acceptons tout accord permettant de ramener le calme et la stabilité dans nos territoires et de mettre un terme au terrorisme incendiaire et aux tirs de roquettes », a affirmé Ofir Libsten.

Un responsable du Hamas avait indiqué, le 1er septembre, que si l’Etat juif ne se conformait pas aux règles de l’accord de cessez-le-feu conclu avec les gouvernants de Gaza dans les deux mois à venir, il pourrait y avoir une escalade de la violence sur la frontière sud.

« Notre demande, c’est que l’occupation [un des noms donné par les Palestiniens à Israël] suive tous les accords antérieurs, sans procrastination et sans délai », avait déclaré Khalil al-Hayya au cours d’un entretien avec la chaîne officielle du Hamas, al-Aqsa TV. « Nous donnerons deux mois à l’occupation et nous contrôlerons son comportement dans la mise en vigueur des projets, et dans la mise en place d’autres projets. Israël doit mener à bien les projets », avait-il ajouté.

Il n’avait pas précisé quels projets avaient été promis par Israël.

Une explosion suite à une frappe israélienne sur Gaza City en réponse à des tirs de roquette des terroristes palestiniens au sein de l’enclave côtière vers Israël, le 24 février 2020. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Les terroristes palestiniens de la bande de Gaza ont lancé une roquette vers Israël, la semaine dernière, sans faire de blessés et sans commettre de dégâts, a indiqué l’armée. Les militaires ont ajouté que le projectile était probablement retombé dans un champ.

Quelques heures plus tard, Tsahal a fait savoir que l’un de ses avions avait frappé une installation du Hamas située dans le sud de la bande de Gaza en représailles. Il n’y a pas eu de victimes.

Il y avait eu également, le 15 septembre, une attaque transfrontalière à la roquette à laquelle l’Etat juif avait répondu en menant des opérations militaires impliquant l’armée de l’air. Cette attaque avait coïncidé avec la signature, à Washington, des accords de normalisation conclus entre Israël et les Emirats arabes unis et entre Israël et Bahreïn.

La police et le personnel médical sur la scène où une roquette tirée depuis la bande de Gaza a touché une route dans la ville d’Ashdod, au sud d’Israël, le 15 septembre 2020. (Flash90)

Quinze roquettes avaient alors été tirées de la bande de Gaza vers Israël. L’une d’entre elles s’était abattue sur la ville d’Ashdod, blessant deux personnes dont une grièvement. La majorité des projectiles avait été interceptée par le système de défense antiaérienne du Dôme de fer, avait indiqué Tsahal.

Ces tirs étaient les premiers depuis la conclusion d’une trêve officieuse entre l’Etat juif et les groupes terroristes de la bande, à la fin du mois d’août, et les plus nombreux depuis février.

L’AFP a contribué à cet article.

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