Israël en guerre - Jour 288

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Israël nie tout progrès dans les négociations sur les otages – les élus rechignent à parler de trêve

Des médias étrangers évoquent un projet d'accord de libération des otages en contrepartie d'une longue trêve. Pour Smotrich, il demeure de "gros et dangereux points d'interrogation"

Des femmes manifestent en bloquant une route pour demander la libération des otages des terroristes du Hamas à Gaza, à Jérusalem, le 24 janvier 2023 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des femmes manifestent en bloquant une route pour demander la libération des otages des terroristes du Hamas à Gaza, à Jérusalem, le 24 janvier 2023 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ce mercredi, les autorités israéliennes ont nié les informations selon lesquelles les négociations avec le Hamas sur un éventuel accord de libération d’otages avaient avancé, reprochant à l’organisation terroriste de camper sur ses positions et de bloquer tout compromis.

La veille, des informations publiées par des médias internationaux avaient laissé entendre qu’Israël et le Hamas étaient en bonne voie vers un accord permettant la libération de certains otages de Gaza en contrepartie d’une trêve des hostilités pendant plusieurs semaines voire davantage, alors même qu’un certain nombre de politiciens de droite de tout premier plan ont clairement dit leur opposition à l’idée d’une trêve.

Des responsables diplomatiques anonymes, cités par diverses sources médiatiques israéliennes, ont fait savoir que les nouvelle faisant état de sérieuses avancées dans les pourparlers étaient « fausses » et que le fossé entre les parties avait bien plutôt tendance à se creuser.

« Les informations faisant état d’un accord de principe sur un cessez-le-feu ne sont pas correctes. Il y a encore de grosses difficultés pas de réelle avancée dans les pourparlers », a déclaré un responsable israélien au site d’information Ynet. « C’est très compliqué. Le Hamas a tendance à se raidir. »

Des propos similaires ont été relayés par les principaux organes de presse en hébreu, signe qu’ils émanent probablement du gouvernement.

Selon Reuters, qui cite trois sources, Israël et le Hamas seraient globalement d’accord sur le principe d’un cessez-le-feu d’un mois assorti d’un échange des otages israéliens contre des prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël.

Citant des sources égyptiennes, le Wall Street Journal a indiqué mardi que, face aux médiateurs internationaux, le Hamas s’était dit ouvert à la libération de certains otages – les femmes et enfants notamment – en contrepartie d’une « pause significative » dans les combats.

A gauche, Yahya Sinwar, chef du Hamas à Gaza, ville de Gaza, le 30 avril 2022 ; à droite, Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, le 10 décembre 2023. (Crédits :Photo AP/Adel Hana et Ronen Zvulun/Pool via AP)

Un chroniqueur du Washington Post, citant des « sources israéliennes et américaines bien informées », a suggéré mercredi que les négociateurs travaillaient à un accord en trois phases, avec la libération d’une dizaine de femmes et d’enfants, suivie de celle d’une quarantaine d’otages blessés et âgés ainsi que des femmes soldats de Tsahal, et enfin de celle des otages restants. Chacune de ces étapes s’accompagnerait de la libération de groupes de prisonniers palestiniens.

Un responsable palestinien a déclaré à Reuters qu’Israël négociait étape par étape, alors que le Hamas cherchait lui à obtenir « un accord global » partant d’un cessez-le-feu permanent suivi de la libération d’otages.

L’article du Wall Street Journal indique que le Hamas se serait quelque peu assoupli sur ce point d’achoppement.

Le gouvernement israélien s’est engagée à se battre jusqu’au complet démantèlement du Hamas et la libération de tous les otages, en réaction à l’attaque du 7 octobre au cours de laquelle des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut les communautés du sud d’Israël et massacré près de 1 200 personnes, essentiellement des civils, sans oublier les 253 otages.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, a tweeté mercredi matin qu’il était « favorable au retour des otages, mais opposé à un mauvais accord ».

Bezalel Smotrich, ministre des Finances, a pour sa part publié une déclaration demandant la convocation du cabinet de sécurité, estimant que « l’arrêt de la guerre, à ce stade sensible, pourrait mettre en danger l’ensemble de l’opération… Il demeure de gros et dangereux points d’interrogation dans un accord de cet ordre. »

Mercredi matin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a publié sur X une vidéo de lui avec des soldats de Tsahal, filmée la veille, accompagnée de cette phrase : « La seule solution est la victoire totale ».

Limor Son Har-Melech, députée du parti Otzma Yehudit de Ben Gvir, a déclaré à la chaîne de la Knesset qu’elle n’était pas favorable à la trêve. « Nous sommes confrontés à des questions difficiles, mais nous ne pouvons pas arrêter les combats », a-t-elle déclaré.

Le gouvernement subit de fortes pressions pour conclure un accord assurant la libération des quelque 130 otages et corps de personnes tuées qui sont toujours aux mains du Hamas.

Israël aurait proposé cette semaine un cessez-le-feu de deux mois au cours duquel le Hamas aurait libéré les otages par étapes en échange de prisonniers de sécurité palestiniens. En vertu de cette même proposition, Yahya Sinwar et d’autres hauts dirigeants du Hamas à Gaza seraient autorisés à partir s’installer à l’étranger. Selon un responsable égyptien qui s’exprimait mardi, le Hamas aurait rejeté cette proposition.

Selon le Wall Street Journal, Israël a également proposé un cessez-le-feu de trois mois, un retrait militaire partiel et la possibilité pour les Gazaouis de se déplacer librement à l’intérieur de l’enclave en échange de la libération de la totalité des otages.

Israël et le Hamas négocient par l’intermédiaire de médiateurs, sans contact direct.

Le dernier cycle diplomatique international, entamé le 28 décembre dernier, a permis de régler les désaccords sur la durée de la trêve et parvenir à un compromis sur une trentaine de jours, alors que le Hamas souhaitait une pause de plusieurs mois, selon une source citée par Reuters et présentée comme un responsable très au fait des négociations.

Des soldats interviennent dans la bande de Gaza sur une photo non datée, publiée le 23 janvier 2024 (Crédit : Armée israélienne)

Ces dernières semaines, médiateurs américains et qataris auraient permis de rapprocher les deux parties en présence sur le principe d’une trêve de 30 jours assortie de la libération de la totalité des otages, de davantage d’aide humanitaire pour Gaza et de la libération de prisonniers palestiniens, a déclaré le responsable à Reuters.

Malgré la difficulté à combler le fossé entre ces positions, l’une des sources, bien informée des pourparlers, a parlé de négociations intensives et déclaré qu’un accord pourrait être conclu « à tout moment ».

Le Qatar et Washington ont déjà joué un rôle déterminant dans la conclusion de la trêve d’une semaine, en novembre, qui a permis la libération de plus de 100 otages. En échange de la libération de ces otages, Israël a accepté de libérer près de 240 prisonniers prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël et d’augmenter l’aide humanitaire pour Gaza.

Le Hamas souhaite obtenir des garanties qu’Israël ne reprendra pas les combats après la trêve, ont déclaré une source américaine proche du dossier et le responsable palestinien.

Proches et sympathisants des otages israéliens détenus dans la bande de Gaza par le Hamas participent à une manifestation pour demander leur libération, devant la Knesset, le parlement israélien, à Jérusalem, le 22 janvier 2024. Sur les mains, on peut lire en hébreu, écrit avec du faux sang : « Le temps est compté ». (Crédit : AP Photo/Ohad Zwigenberg)

On estime à 132 le nombre d’otages enlevés par le Hamas le 7 octobre encore séquestrés à Gaza. L’armée israélienne a confirmé la mort de 28 personnes toujours détenues par le Hamas, sur la foi de renseignements collectés par les soldats déployés à Gaza. Les corps de 11 otages, dont trois tués par erreur par l’armée, ont jusqu’à présent été retrouvés dans la bande de Gaza.

Le Hamas détient également les corps des soldats israéliens Oron Shaul et Hadar Goldin morts au combat depuis 2014, ainsi que de deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, entrés tous deux dans la bande de Gaza de leur plein gré en 2014 et 2015, et qui seraient toujours en vie.

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