Israël salué pour avoir sauvé des Casques Blancs syriens
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Israël salué pour avoir sauvé des Casques Blancs syriens

Le chef de la diplomatie britannique a remercié Israël et la Jordanie pour avoir aidé des centaines de travailleurs humanitaires qui seront accueillis par des pays occidentaux

Un bénévole, membre des Casques blancs, transporte un enfant sauvé des décombres après un bombardement de la ville d'Alep, le 24 novembre 2016. (Crédit : Ameer Alhalbi/AFP)
Un bénévole, membre des Casques blancs, transporte un enfant sauvé des décombres après un bombardement de la ville d'Alep, le 24 novembre 2016. (Crédit : Ameer Alhalbi/AFP)

Dimanche, on a rendu hommage à Israël pour avoir évacué des centaines de travailleurs humanitaires civils syriens du sud de la Syrie vers la Jordanie à la demande de pays occidentaux.

Fondée en 2013, la Défense Civil Syrienne, ou les Casques Blancs, est un réseau de premier secours qui porte assistance aux blessés à la suite de frappes aériennes, d’obus ou d’explosions dans les territoires tenus par les rebelles.

Tsahal les a fait sortir de Syrie et les a escortés vers la Jordanie à travers Israël. La Jordanie a dit que 800 sauveteurs Casques Blancs et leurs familles avaient été autorités à entrer dans le pays et qu’ils seraenit finalement emmenés en Grande-Bretagne, en Allemagne et au Canada.

D’après le quotidien israélien Haaretz, les évacués, dont l’armée israélienne avait une liste des noms, ont convergé vers deux points de rassemblements distincts. L’armée a ouvert ces deux passages et fait monter les personnes dans des bus qui les ont transportées directement à un poste-frontière avec la Jordanie.

L’opération a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche, d’après Haaretz qui assure que la plupart des passagers étaient des enfants.

Le Premier ministre israélien a salué l’opération d’évacuation des secouristes.

« Ces personnes ont sauvé des vies et la leur était maintenant en danger, c’est pourquoi j’ai accepté de les emmener via Israël vers un pays tiers », a déclaré Benjamin Netanyahu.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige la réunion hebdomadaire du gouvernement au cabinet du Premier ministre à Jérusalem, le 15 juillet 2018 (Alex Kolomoisky/POOL/YEDIOTH AHRONOTH).

« Nouvelle fantastique, nous – le Royaume-Uni et des alliés – avons assuré l’évacuation des Casques Blancs et de leurs familles – merci à Israël et à la Jordanie pour avoir réagi aussi rapidement à notre demande », a écrit Jeremy Hunt, le nouveau ministre des Affaires étrangères, sur son compte Twitter.

« Les [Casques Blancs] sont les plus courageux des courageux et dans une situation désespérée, ils sont au moins un rayon d’espoir », a ajouté Hunt.

Niels Annen, un ministre d’état du Bureau Fédéral des Affaires étrangères d’Allemagne, a aussi salué Israël pour la mission d’évacuation.

Tsahal a déclaré s’être impliqué dans ce geste « pas habituel » étant donné le « risque immédiat » qui pesait sur la vie des civils, alors que les forces du régime soutenues par la Russie se rapprochent de la zone. L’armée israélienne a souligné qu’elle n’est pas intervenue dans le conflit qui se déroule en Syrie.

Emmanuel Nahson, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a déclaré que la mission de secours a été réalisée à la demande des Etats-Unis, du Canada et de pays européens.

Le ministère britannique des Affaires étrangères a déclaré que des « partenaires internationaux » avait aidé à faciliter les évacuations.

« Les Casques Blancs ont été la cible d’attaques, et étant donné leur profil important, nous avons considéré que, dans ces circonstances particulières, les volontaires avaient besoin d’une protection immédiate », a-t-il déclaré dans un communiqué.

« Nous avons donc pris des mesures afin de garantir cette protection à autant de volontaires et leurs familles que possible ».

Une source diplomatique allemande a dit que Berlin accepterait plusieurs volontaires, mais n’a pas fourni de chiffres précis.

« L’Allemagne participe avec plusieurs partenaires internationaux à l’évacuation des Casques Blancs », a annoncé la source.

Chrystia Freeland, la ministre Canadienne des Affaires étrangères, a dit qu’elle « invitait les dirigeants du monde à soutenir et à aider ces héros », lors du sommet de l’OTAN, la semaine dernière.

Soulignant qu’un groupe de pays s’est « engagé à réinstaller un certain nombre de membres des Casques blancs », une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Elizabeth Reid, a indiqué que le Canada réinstallerait « jusqu’à 50 membres des Casques blancs ainsi que leurs familles, et travaille avec la communauté internationale pour évaluer les autres besoins potentiels ».

La chaîne publique CBC a précisé que le total des personnes accueillies par le Canada pourrait atteindre 250.

« Le Canada appuie les Casques blancs sans équivoque. Lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères dans le cadre du sommet des dirigeants de l’OTAN tenu à Bruxelles il y a une semaine, j’ai recommandé que les dirigeants fassent preuve de leadership à l’échelle mondiale pour appuyer et aider ces héros », a-t-elle indiqué.

« Le Canada est un partenaire clé des Casques blancs, et il est fier de leur avoir fourni du financement en soutien à leur formation d’urgence et en vue d’augmenter le nombre de femmes qui en font partie. Nous ressentons une responsabilité morale profonde envers ces personnes qui font preuve de bravoure et d’altruisme », a ajouté la ministre, en assurant que son pays continuerait à « fournir de l’aide humanitaire significative aux personnes affectées par le conflit en Syrie. »

Le gouvernement du Premier ministre Justin Trudeau a accueilli plus de 40 000 réfugiés syriens depuis novembre 2015.

Le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, assiste à une conférence de presse avec le Premier ministre chinois Li Keqiang au Grand Palais du Peuple à Beijing le 4 décembre 2017. (Crédit : AFP / Pool / Fred Dufour)

Les Casques Blancs ont secouru des milliers de civils piégés sous les décombres ou pris dans des combats dans les zones tenues par l’opposition, sur plusieurs fronts du conflit Syrie qui dure depuis sept ans.

Depuis sa création, quand le conflit en Syrie approchait de sa troisième année, plus de 250 de ses volontaires ont été tués.

La devise du groupe – « Sauver une vie c’est sauver toute l’humanité » – est tirée d’un verset du Coran, -et que le Talmud utilise aussi – même si les Casques Blancs soulignent le fait qu’ils traitent toutes les victimes, peu importe leur religion.

Les Casques Blancs sont ainsi appelés parce qu’ils portent des casques blancs durs de protection. Ils ont obtenu une renommée internationale pour leurs actions de secours audacieuses où ils sortent des victimes des décombres après des frappes aériennes du régime. Des vidéos de leurs actions ont souvent été filmées et ont circulé sur les réseaux sociaux.

L’évacuation s’est déroulée depuis Qouneitra, qui chevauche la frontière avec le Plateau du Golan et où l’équipe de volontaires civils était piégée. C’est la dernière bande de terre qui n’est pas sous le contrôle du gouvernement dans la région.

Il était impossible dans l’immédiat de savoir combien de secouristes étaient toujours dans le sud syrien. L’un d’eux, dans la ville de Deraa, était toutefois déterminé à rester. « Je ne vais pas abandonner mon pays. Ce pays est à nous et nous avons le droit d’y vivre en sécurité », a-t-il confié à l’AFP sous le couvert de l’anonymat.

Le journal allemand Bild a annoncé que l’opération secrète a commencé autour de 21h samedi, pour battre son plein après minuit. Les personnes évacuées sont arrivées à la frontière avec Israël, et Tsahal a ouvert les portes pour les laisser passer. On a fourni un traitement médical à ceux qui en avaient besoin, et on leur a donné de la nourriture et de l’eau.

Les travailleurs humanitaires et leurs familles sont ensuite montés à bord de bus qui les attendaient déjà sur le site. L’armée et la police ont bloqué les routes dans la zone, permettant au convoi de passer sans entraves.

Al-Ikhbariya, la télévision de l’état syrien, a parlé de l’évacuation israélienne des Casques Blancs, la qualifiant de « scandale » et déclarant que les « groupes terroristes » ont maintenant « zéro options ».

Au cours des récentes années, Israël s’est impliqué dans une opération de soutien massif, à plusieurs niveaux, pour empêcher des milliers de Syriens le long de la frontière de mourir de faim ou de tomber malade par manque de nourriture et de soins médicaux de base.

Depuis 2013, l’Etat juif a traité des milliers de personnes dans des hôpitaux de terrain à la frontière et dans des hôpitaux publics, principalement dans le nord d’Israël. Depuis 2016, dans le cadre de l’Opération Bon Voisinage, plus de 600 enfants syriens, accompagnés de leurs mères, sont venus en Israël pour y recevoir un traitement.

Des centaines de tonnes de nourriture, d’équipements médicaux et de vêtements ont aussi traversé la frontière pour aller en Syrie.

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