Israël va utiliser des drones contre les manifestations prévues à Gaza
Rechercher

Israël va utiliser des drones contre les manifestations prévues à Gaza

Les responsables craignent que les manifestations prévues ne deviennent violentes ; les nouvelles technologies permettraient à la police d'agir dans des zones inaccessibles

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Des manifestants palestiniens près de la clôture de la frontière israélienne avec la bande de Gaza alors que les soldats israéliens utilisent des gaz lacrymogènes, 3 janvier 2014. (David Buimovitch/Flash90)
Des manifestants palestiniens près de la clôture de la frontière israélienne avec la bande de Gaza alors que les soldats israéliens utilisent des gaz lacrymogènes, 3 janvier 2014. (David Buimovitch/Flash90)

La police des frontières prévoit d’utiliser un drone récemment mis au point, capable de larguer des grenades lacrymogènes contre les manifestants palestiniens attendus sur la barrière frontalière entre Israël et la bande de Gaza dans les semaines à venir, selon un rapport publié mercredi.

Le Hamas a appelé à une manifestation pacifique qui débutera le 30 mars, avec des milliers de Palestiniens se déplaçant vers des campements de tentes qui seront construits le long de la frontière israélienne. A la mi-mai, coïncidant avec la date anniversaire du Jour de l’Indépendance d’Israël (selon le calendrier grégorien), connue par les Palestiniens sous le nom de Nakba, ou catastrophe, une marche de masse est prévue à la frontière, dont les Israéliens craignent qu’elle ne devienne violente.

Le commissaire adjoint de la police des frontières, Yaakov Shabtai, qui dirige le développement du drone, a déclaré à la chaîne de télévision Hadashot que le drone de gaz lacrymogène octroie aux forces de sécurité une plus grande zone d’action.

Le véhicule aérien sans pilote peut transporter jusqu’à six charges à la fois et les larguer individuellement, simultanément ou par groupes. Les développeurs s’efforcent d’augmenter la charge utile à 12 conteneurs ainsi que d’augmenter le nombre de drones sur le terrain.

« Au-delà du fait que cet équipement permet de ne pas mettre en danger les soldats, il permet d’atteindre des endroits que nous ne pouvions pas atteindre jusqu’à présent », a-t-il dit.

Des hommes palestiniens évacuent un manifestant blessé lors d’affrontements avec les troupes israéliennes le long de la barrière frontalière près de Khan Yunis dans le sud de la bande de Gaza le 16 mars 2018. (AFP Photo/Said Khatib)

Actuellement, les troupes tirent des grenades lacrymogènes comme méthode de lutte anti-émeute à partir de canons portatifs, avec une précision limitée. Les grenades ont aussi grièvement blessé les manifestants qu’elles ont touchés.

Il y a deux semaines, la police des frontières a testé le drone au-dessus de la clôture lors de ce qui est devenu des manifestations hebdomadaires le vendredi à la frontière de Gaza.

Les autorités israéliennes craignent que les manifestations à la frontière, qui comprendront également de plus petites marches menant à la manifestation du 15 mai, ne servent à aggraver des tensions déjà élevées le long de la frontière. Une série de bombes placées le long de la frontière pendant les manifestations hebdomadaires ont pris pour cible les patrouilles israéliennes au cours des derniers mois, ce qui suscite des inquiétudes.

Selon le reportage de la télévision israélienne, le Hamas a prévu un budget de 10 millions de dollars pour financer les manifestations.

« Nous voulons terrifier les Israéliens avec les images d’une foule massive de personnes qui se rassemblent pacifiquement et s’assoient près de la frontière », a déclaré Ahmed Abu Retaima, porte-parole du Hamas, à Bloomberg News cette semaine. « Nous nous employons à mobiliser plus de 100 000 personnes pour la marche. »

Le calendrier des manifestations, pendant les grandes fêtes, a également augmenté la crainte de la violence.

Le 30 mars, qui sera marqué par les Juifs israéliens comme la première nuit de la Pâque, coïncide avec la Journée de la Terre, au cours de laquelle les Palestiniens commémorent une décision israélienne de 1976 d’exproprier des terres en Galilée – une décision qui avait déclenché des émeutes généralisées qui avaient entraîné la mort de six citoyens arabes israéliens.

Le 15 mai, date à laquelle les Palestiniens marquent la Nakba – la « catastrophe » de l’indépendance israélienne en 1948, est la première nuit où le mois sacré du Ramadan est proclamé.

Le test du drone de gaz lacrymogène lors d’une manifestation il y a deux semaines a été considéré comme un succès, selon le reportage de Hadashot.

Les images de l’organe de presse libanais al-Mayadeen, considéré comme sympathisant du groupe terroriste du Hezbollah, montraient le drone israélien larguant des grenades lacrymogènes sur les manifestants, lesquels pouvaient ensuite être vus en train de s’enfuir des lieux.

Le drone permet aux forces de sécurité de commencer à affronter les émeutiers avant qu’ils ne se rapprochent de la clôture.

Le journal télévisé de la Dixième chaîne a rapporté mercredi que Tsahal se prépare également à la marche en construisant des talus de sable pour les postes de tireurs d’élite, en installant des postes de guet et en posant des barbelés dans la zone. Selon le rapport, Tsahal déploiera des unités supplémentaires dans la zone frontalière dans les jours à venir, bien que les autorités n’aient pas encore décidé du nombre de soldats qui seront déployés.

Jeudi, le chef d’état-major de Tsahal, Gadi Eizenkot, effectuera une évaluation de la situation dans la zone frontalière, a rapporté la Dixième chaîne.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...