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Israéliens et Palestiniens réunis en Jordanie pour tenter d’apaiser les tensions

Des représentants américains et égyptiens devraient assister à cette rencontre à Aqaba, une station balnéaire de la mer Rouge ; le chef du Shin Bet devrait participer

Vue de la ville jordanienne d'Aqaba, vue depuis la ville israélienne d'Eilat, le 10 novembre 2019. (Crédit : Moshe Shai/FLASH90)
Vue de la ville jordanienne d'Aqaba, vue depuis la ville israélienne d'Eilat, le 10 novembre 2019. (Crédit : Moshe Shai/FLASH90)

La Jordanie va accueillir dimanche une réunion « politique et sécuritaire » qui rassemblera les Israéliens et les Palestiniens pour tenter de ramener le calme en Cisjordanie et dans la bande de Gaza dans un climat de violences meurtrières, a expliqué un responsable du gouvernement jordanien.

Des représentants américains et égyptiens seront également présents lors de ce sommet qui aura lieu dans la station balnéaire d’Aqaba, au bord de la mer Rouge.

Il vise à « construire la confiance » entre les Israéliens et les Palestiniens, a confié l’officiel, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, à l’AFP dans la journée de samedi.

Le Conseiller à la sécurité nationale Tzachi Hanegbi et le chef du Shin Bet, Ronen Bar, devraient y participer.

Ces pourparlers surviennent après la mort d’onze Palestiniens dans des échanges de coups de feu opposant des hommes armés aux soldats israéliens dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie – des violences qui ont fait plus de 80 blessés – alors que Tsahal venait arrêter des terroristes. Les groupes terroristes palestiniens ont expliqué qu’au moins sept morts appartenaient à leurs rangs. Il a été confirmé que trois civils ont par ailleurs été tués.

Les troubles croissants sur le terrain ont suscité des inquiétudes à l’international. Ils surviennent également dans le sillage de violences en Cisjordanie qui ont été, en 2022, les plus meurtrières jamais enregistrées depuis que les Nations unies ont commencé à les répertorier. Ces troubles surviennent également avant le mois sacré du Ramadan, une période qui est toujours particulièrement sensible à Jérusalem.

« Ce sommet politique et sécuritaire entre dans le cadre du renforcement des efforts livrés par la Jordanie, en coordination avec l’Autorité palestinienne (AP) et les autres parties, visant à mettre un terme aux mesures unilatérales qui sont prises par Israël et il veut aussi empêcher une nouvelle détérioration sécuritaire qui pourrait être susceptible d’attiser un plus grand nombre encore de violences », a noté le responsable du gouvernement jordanien.

Un Palestinien faisant face à un véhicule militaire israélien lors d’une opération dans la ville de Naplouse en Cisjordanie, le 22 février 2023. (Crédit : Zain Jaafar/AFP)

Ces pourparlers ont pour objectif de trouver « des mesures sécuritaires et économiques qui pourront alléger les difficultés rencontrées par les Palestiniens », a ajouté l’officiel.

La Douzième chaîne a fait savoir que l’État juif avait fait la promesse aux responsables palestiniens de limiter l’entrée dans les villes palestiniennes dans les semaines à venir pour tenter d’apaiser les tensions.

Asharq News, un média saoudien, a annoncé que l’AP devrait demander la fin des raids israéliens et des activités d’implantation, tout en cherchant à trouver un accord avec les groupes armés palestiniens en faveur du maintien du calme.

Le sommet vise à dynamiser la coopération sécuritaire entre Israéliens et Palestiniens et à consolider les accords qui ont été conclus au début de la semaine concernant les initiatives que devront prendre les deux parties pour permettre une désescalade des tensions, a fait savoir une source palestinienne proche du dossier.

Une offensive anti-terroriste israélienne en Cisjordanie, menée depuis plus d’un an, a fait plus de 200 morts du côté palestinien – la grande majorité lors d’affrontements avec les troupes israéliennes, mais d’autres ont été tués dans des circonstances moins claires. 60 Palestiniens sont morts depuis le début de l’année, tendant encore davantage des relations déjà malmenées. La campagne antiterroriste de l’armée israélienne avait été lancée, l’année dernière, pour mettre un terme à une série d’attentats : 31 Israéliens avaient perdu la vie dans des attaques palestiniennes en 2022 et cette année, onze nouvelles victimes (dix civils, dont des enfants, et un agent de la police des frontières) sont venues s’ajouter à ce bilan, mortes lors d’attentats commis à Jérusalem-Est.

Ramallah devrait envoyer une délégation placée sous l’autorité de Hussein al-Sheikh, ministre des Affaires civiles de l’Autorité palestinienne et secrétaire-général de l’OLP et constituée notamment du chef des renseignements de l’AP, Majed Faraj, et du conseiller diplomatique du président Mahmoud Abbas, Majdi Khaldi, selon la source. Brett McGurk, coordinateur pour le Moyen-Orient du Conseil national de sécurité des États-Unis et Barbara Leaf, secrétaire-adjointe aux Affaires proche-orientales, devraient représenter l’administration du président américain Joe Biden.

Al-Sheikh et Hanegbi ont établi un canal de communication sous couverture alors que les contacts officiels entre Jérusalem et Ramallah sont actuellement gelés. Malgré le profil extrémiste de la coalition du Premier ministre Netanyahu, Abbas a chargé al-Sheikh de mettre en place un canal de communication avec Jérusalem qui est dorénavant utilisé pour conserver un contact et pour empêcher une nouvelle détérioration des liens. Al-Sheikh et Hanegbi se sont ainsi entretenus à plusieurs reprises en face à face et en visioconférence au cours de la période actuelle de violences, a indiqué un responsable palestinien lundi dernier.

Netanyahu, qui a pris son poste une nouvelle fois au mois de décembre, s’était rendu au mois de janvier à Amman pour une rare rencontre avec le roi Abdallah II. Le souverain avait souligné « la nécessité de maintenir le calme et de mettre un terme à tous les actes de violences », avait commenté le palais à ce moment-là.

Abdallah II avait aussi répété le positionnement de la Cisjordanie, favorable à une solution à deux États dans le conflit qui oppose Israël et les Palestiniens depuis des décennies.

La conférence vise à officialiser divers engagements pris par Israël, qui a notamment convenu de ne plus autoriser l’élargissement des implantations pendant plusieurs mois. L’État juif s’est aussi engagé à réduire ses raids dans les villes palestiniennes, ainsi que le nombre de démolitions et d’expulsions de Palestiniens de leurs habitations. La source palestinienne a fait savoir que Ramallah était très en colère dans la mesure où ces engagements ont tous été violés la semaine dernière. Elle a ajouté que l’AP avait vivement demandé aux États-Unis d’intervenir pour qu’Israël respecte ses promesses.

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