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Issawi Frej: Israël va pousser les pays à renforcer leurs aides aux Palestiniens

Le ministre de la Coopération régionale interviendra à la conférence des donateurs en Norvège ; il va rencontrer le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh

Le ministre de la  Coopération régionale  Issawi Frej à la Knesset de Jéusalem, le 14 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de la Coopération régionale Issawi Frej à la Knesset de Jéusalem, le 14 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Israël va pousser les pays à accroître l’aide versée aux Palestiniens lors d’une conférence des pays-donateurs qui est organisée cette semaine en Norvège, a déclaré le ministre de la Coopération régionale Issawi Frej au Times of Israel dans la journée de lundi.

« Au cours de nos réunions, dans les prochains jours, le message que nous allons transmettre aux pays-donateurs sera d’apporter davantage d’aides aux Palestiniens. Les négligences, au cours des dernières années, ont entraîné une crise financière qui ne menace pas seulement l’Autorité palestinienne mais toute la région », a dit Frej lors d’un entretien téléphonique.

Les aides étrangères à l’AP se sont fortement réduites l’année dernière. Selon les documents mis à la disposition du public, Ramallah a bénéficié de 480 millions de dollars d’assistance internationale entre les mois de janvier et de septembre 2019. Au cours de la même période, en 2021, l’AP avait reçu 32,75 millions de dollars en soutien à son budget.

Les observateurs internationaux ont fait part de leur inquiétude que Ramallah, privé de liquidités de manière croissante, puisse s’effondrer au niveau financier. Le déficit budgétaire de l’AP devrait être de 1,36 milliard de dollars en 2021, selon les Nations unies.

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Mohammad Shtayyeh s’exprime lors d’une conférence de presse à l’Association de la presse étrangère dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 juin 2020. (Crédit : Abbas Momani/Pool Photo via AP)

« Israël et l’Autorité palestinienne ne forment qu’une seule et même unité économique. Pas de faveur accordée à une partie au détriment de l’autre ici – c’est favorable aux deux. Une Autorité palestinienne forte bénéficiera à Israël », a ajouté Frej, qui est membre du parti du Meretz de gauche.

La commission de liaison Ad Hoc – organisation-cadre des pays donateurs qui soutiennent l’Autorité palestinienne – doit se réunir à Oslo au cours des deux prochains jours. Frej, accompagné de hauts-responsables militaires et civils, représentera l’État juif lors de cette conférence.

Une rencontre qui survient alors que l’Autorité palestinienne traverse « une crise économique et fiscale continue », ont fait savoir les Nations unies. L’inquiétude est forte sur une potentielle incapacité de l’Autorité palestinienne à rémunérer ses propres fonctionnaires à court-terme en raison de la combinaison de la pandémie de coronavirus et de la réduction des aides internationales.

« Il est de plus en plus difficile pour l’AP de payer ses dépenses minimum, sans même parler de faire des investissements importants dans l’économie et auprès de la population », a déclaré, la semaine dernière, le coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Tor Wennesland.

Capture d’écran de la vidéo du coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Tor Wennesland. (YouTube)

La compagnie israélienne d’électricité a récemment initié des coupures de courant programmées à l’avance dans certains secteurs palestiniens, Ramallah n’ayant pas été en mesure de payer ses factures. C’est l’État juif qui fournit la plus grande partie de l’électricité consommée par les Palestiniens, directement ou par le biais de la Compagnie d’électricité du district de Jérusalem.

« J’espère récolter suffisamment de fonds et de ressources pour permettre au secteur de l’électricité de l’Autorité palestinienne de se remettre sur pied », a continué Frej.

Frej a indiqué qu’il rencontrerait le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, à huis-clos pendant la conférence. Le ministre arabe israélien avait rencontré le président de l’AP, Mahmoud Abbas, au mois d’octobre, en compagnie d’autres personnalités du Meretz.

Shtayyeh doit partir à Oslo mardi, « où il rencontrera les pays-donateurs ainsi que des responsables norvégiens », a dit le Premier ministre.

« Cette visite en Norvège a une grande importance dans la mesure où nous sommes dans une situation financière difficile », a dit Shtayyeh devant le cabinet de l’Autorité palestinienne, au cours de sa réunion du lundi.

La délégation palestinienne demandera plus de fonds en aides « de manière à pouvoir remplir nos obligations », a noté Shtayyeh.

Il n’a pas été possible de joindre un porte-parole de Shtayyeh pour des commentaires sur sa rencontre possible avec Frej.

Ramallah a connu des difficultés financières répétées cette année, laissant craindre l’effondrement de l’AP. L’Union européenne, qui est le plus important donateur de l’Autorité, n’a transféré aucun soutien financier avant le mois de novembre.

Le Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, s’exprime lors d’un débat au Parlement européen le 14 janvier 2020 à Strasbourg. (Crédit : FREDERICK FLORIN / AFP)

Après une visite de Shtayyeh à Bruxelles, à la fin du mois d’octobre, l’UE a transféré 17,8 millions d’euros, soit environ un mois de salaire et autres pensions pour les fonctionnaires de l’Autorité palestinienne. La reprise totale des aides ne devrait pas avoir lieu avant 2022, jusqu’à l’approbation du budget européen, ont fait savoir les responsables de l’Union.

Israël a également retenu 600 millions de shekels sur le montant des taxes collectées pour le compte de Ramallah au mois de juillet. Une loi adoptée en 2018 permet à l’État juif de confisquer régulièrement des fonds sur ces revenus pour sanctionner Ramallah pour sa politique très controversée de salaires versés aux prisonniers sécuritaires palestiniens détenus en Israël ainsi qu’aux familles de Palestiniens ayant trouvé la mort lors de confrontations violentes avec les forces israéliennes – notamment ceux qui ont commis des attentats terroristes contre des Israéliens.

L’Autorité palestinienne critique cette politique israélienne qui contrevient aux accords conclus entre les parties. Dans son discours prononcé lundi devant le cabinet, Shtayyeh a indiqué qu’il demanderait aux pays-donateurs d’exercer des pressions de façon à ce qu’Israël cesse cette pratique.

L’État juif, de son côté, affirme que ces versements d’argent sont une incitation directe à commettre des attentats contre les Israéliens.

Alors que la menace de la crise fiscale palestinienne planait, fin août, le ministre de la Défense israélien Benny Gantz avait annoncé qu’Israël prêterait 500 millions de shekels à Ramallah, contournant cette législation.

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