J-M Le Pen garde la présidence d’honneur du FN avant un congrès sous tension
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J-M Le Pen garde la présidence d’honneur du FN avant un congrès sous tension

Le FN assure qu'il interdira l'accès au congrès des 10 et 11 mars à Lille à Jean-Marie Le Pen au motif qu'il n'est plus adhérent

Jean Marie Le Pen et sa fille Marine (Crédit : Miguel Medina/AFP)
Jean Marie Le Pen et sa fille Marine (Crédit : Miguel Medina/AFP)

Enième acte du conflit entre Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine : la justice a confirmé vendredi l’exclusion du parti de l’ancien président du Front national tout en le maintenant président d’honneur du parti, à un mois d’un congrès qui pourrait rendre cette décision caduque.

Le congrès du parti des 10 et 11 mars à Lille s’annonce extrêmement tendu : le FN assure qu’il en interdira l’accès à Jean-Marie Le Pen au motif qu’il n’est plus adhérent. L’ancien dirigeant du FN a lui affirmé qu’il s’y rendrait, au besoin en faisant appel à « la force publique », avant de modérer ses propos.

Sa fille a estimé dans Le Parisien que, « pour quelques minutes d’existence médiatique », son père « ferait n’importe quoi ».

Dans son arrêt, la cour d’appel de Versailles a validé l’exclusion, en août 2015, de M. Le Pen de son parti en tant que simple membre. Mais elle a jugé que cela n’avait « pas d’effet sur sa qualité de président d’honneur » car les statuts du FN ne prévoient pas que cette fonction purement honorifique soit réservée « aux seuls adhérents ».

« C’est une bonne nouvelle », a déclaré à l’AFP M. Le Pen, cofondateur du parti d’extrême droite en 1972, qu’il a présidé jusqu’en 2011.

« Je reste président d’honneur, avec les prérogatives qui s’attachent à la fonction. On doit me convoquer au congrès, (…) dans les bureaux politiques, dans tous les organismes du mouvement où j’ai le droit de siéger », a-t-il fait valoir.

Or, selon sa fille qui cite les statuts du FN, le président d’honneur peut participer à certaines instances (conseil national, comité central, bureau politique, bureau exécutif, commission nationale d’investitures) mais pas aux assemblées générales du congrès par exemple.

‘Problème réglé’ au congrès

« Dans un mois, ce problème sera totalement réglé », a balayé sur BFMTV Steeve Briois, secrétaire général du FN.

Steeve Briois, maire FN d’Hénin-Beaumont sur les résultats de son parti en Pas-de-Calais (Crédit : capture d’écran YouTube)

Lors du congrès de Lille, qui veut acter la « refondation » du mouvement après l’échec de Marine Le Pen à la présidentielle, les militants se prononceront sur une réforme des statuts qui supprime le poste de président d’honneur, déjà validée fin janvier par la direction du FN. Les adhérents consultés il y a deux ans « avaient à 95% souhaité supprimer la présidence d’honneur et modifier les statuts », a fait valoir M. Briois.

Au-delà de cette question, M. Le Pen « n’a pas été reconnu comme adhérent » du FN et sera, de ce fait, « évidemment » interdit d’accès au congrès du parti, a poursuivi le dirigeant frontiste.

« La justice confirme que Jean-Marie Le Pen n’aura pas le droit de participer au congrès de mars », s’est félicité le FN dans un communiqué.

M. Le Pen avait été suspendu du parti présidé par sa fille Marine en mai 2015, puis exclu le 20 août par le bureau exécutif, après une nouvelle série de provocations: ses propos réitérés sur les chambres à gaz « détail » de l’Histoire, qui lui ont valu d’être condamné par la justice, sa défense du maréchal Pétain, mais aussi ses critiques de la nouvelle direction du FN.

Jean-Marie Le Pen, fondateur du parti d’extrême droite français du Front national, donne un discours à Paris le 17 février 1996 (Crédit : AFP/Pierre Boussel)

Apprenant son exclusion, M. Le Pen avait parlé d’une « félonie » et lancé l’offensive judiciaire. Le tribunal de grande instance de Nanterre avait validé son exclusion tout en le maintenant sa qualité de président d’honneur, une décision jugée « aberrante » par Marine Le Pen et par le FN qui avait fait appel.

Dans son arrêt, la cour d’appel est allée dans le même sens que Nanterre, à deux exceptions près: elle a augmenté le montant de l’astreinte, qui passe de 2.000 à 5.000 euros, quand le parti ne convoque pas M. Le Pen à une instance. Le FN est par ailleurs condamné à verser 25.000 euros de dommages et intérêts à M. Le Pen, contre 15.000 en première instance.

M. Le Pen a cofondé le parti d’extrême droite avec des membres du parti néofasciste Ordre Nouveau le 5 octobre 1972. Il a présidé le FN pendant près de 40 ans jusqu’à l’élection en 2011 de sa fille, qui a engagé la « dédiabolisation » du parti et en a progressivement écarté son père. Elle sera seule candidate à sa propre succession au congrès de mars.

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