Kerry : le Hezbollah a 80 000 roquettes, et obtient la plupart de ses armes de l’Iran
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Kerry : le Hezbollah a 80 000 roquettes, et obtient la plupart de ses armes de l’Iran

S’exprimant à Ryad, le secrétaire d’Etat a déclaré que les Etats-Unis étaient toujours inquiets de certaines des activités iraniennes dans d’autres pays

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le ministre des Affaires étrangères saoudien Adel al-Jubeir arrivent à une conférence de presse commune suivant une réunion avec les ministres des Affaires étrangères de six pays du Golfe à la base aérienne du roi Salmane à Riyad, le 23 janvier 2016. (Crédit : AFP/POOL/Jacquelyn Martin)
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le ministre des Affaires étrangères saoudien Adel al-Jubeir arrivent à une conférence de presse commune suivant une réunion avec les ministres des Affaires étrangères de six pays du Golfe à la base aérienne du roi Salmane à Riyad, le 23 janvier 2016. (Crédit : AFP/POOL/Jacquelyn Martin)

Le Hezbollah, groupe terroriste basé au Liban, a plus de 80 000 roquettes, a déclaré samedi en Arabie saoudite le secrétaire d’Etat américain John Kerry, ajoutant que la plupart de son arsenal venait de l’Iran, via la Syrie.

« Les Etats-Unis restent inquiets de certaines des activités dans lesquelles l’Iran est engagé dans d’autres pays », a déclaré Kerry aux journalistes, citant comme exemple « le soutien [de l’Iran] à des groupes terroristes comme le Hezbollah ».

Kerry a cherché encore une fois samedi à Ryad à rassurer les inquiétudes de son allié du Golfe sur la perception d’un réchauffement des relations entre Washington et l’Iran.

Il a également annoncé que le groupe de soutien à la Syrie de 20 nations et organisations se rassemblerait « très rapidement » pour aider à faire avancer la paix dans ce pays ravagé par la guerre.

Kerry s’est exprimé après avoir assisté à une réunion avec son homologue saoudien Adel el-Jubeir et d’autres ministres des Affaires étrangères de six pays du conseil de coopération du Golfe.

L’Arabie saoudite et ses voisins du Golfe perçoivent un manque d’engagement des Etats-Unis dans la région, particulièrement face à ce qu’ils voient comme des « interférences » iraniennes au Yémen, en Syrie, au Liban et ailleurs.

Ces sentiments se sont cristallisés avec l’accord international historique qui a permis ce mois-ci la levée des sanctions économiques qui handicapaient l’économie iranienne en échange d’une réduction de ses capacités nucléaires.

Kerry a longtemps cherché à rassurer ses alliés du Golfe sur l’ouverture à l’Iran, la puissance mondiale chiite dont les relations avec son rival sunnite, l’Arabie saoudite, se sont empirées ce mois-ci.

L’Arabie saoudite et certains de ses alliés ont coupé les liens diplomatiques après que des manifestants ont brûlé l’ambassade de Ryad à Téhéran et un consulat dans la ville de Mashhad, après l’exécution par le royaume saoudien du Sheikh Nimr al-Nimr, un dissident chiite, qui a motivé les manifestations anti-gouvernementales.

Nimr était l’un des quatre chiites assassinés le 2 janvier, aux côtés de 43 sunnites. Tous ont été condamnés pour « terrorisme ».

Jubeir a déclaré aux journalistes qu’il ne voyait pas un « rapprochement » des Etats-Unis et de l’Iran.

« L’Iran reste le premier soutien mondial du terrorisme, a déclaré Jubeir. Au final, je pense que les Etats-Unis sont très conscients du danger des activités abominables et mauvaises de l’Iran… Je ne pense pas que les Etats-Unis aient une quelconque illusion de type de gouvernement qu’est l’Iran. »

‘Avancer’ en Syrie

Pendant la visite d’une journée, Kerry devrait s’entretenir avec le roi Salmane et son fils, le vice-prince héritier Mohammed ben Salmane, qui est également le ministre saoudien de la Défense.

Il rencontrera également Riad hijab, le coordinateur général de la plus grande coalition d’opposition en Syrie, qui est basé à Ryad, en amont de pourparlers de paix négocié par l’ONU.

Kerry s’est montré confiant sur le fait que ces discussions continueraient lundi à Genève, malgré une querelle sur le représentant de l’opposition du pays.

Kerry a déclaré que le groupe de soutien à la Syrie se réunirait « très rapidement » après la première série de négociations sur la Syrie « parce que nous voulons que le processus continue à avancer ».

Le groupe de 20 nations et organisations a conçu un plan pour une transition politique visant à mettre fin à la guerre qui dure depuis près de cinq ans en Syrie et a déjà coûté plus de 260 000 vies et déplacé des millions de personnes.

Le groupe comprend l’Arabie saoudite, les Etats-Unis et d’autres pays qui déclarent que le président Bachar el-Assad ne peut pas avoir de rôle dans la future Syrie, ainsi que des alliés d’Assad comme l’Iran et Moscou.

Les tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran – qui soutiennent des parties opposées dans les guerres de Syrie et du Yémen – ont entraîné des inquiétudes dans le monde entier.

Le leader suprême de l’Iran, l’Ayatollah Ali Khameini a déclaré mercredi que l’attaque de l’ambassade saoudienne était une erreur, et contraire à l’islam.

Les manifestants iraniens soulèvant leurs poings en face d'un portrait de l'éminent dignitaire religieux chiite Nimr al-Nimr pendant une manifestation contre son exécution par les autorités saoudiennes, le 3 janvier 2016, devant l'ambassade d'Arabie Saoudite à Téhéran (Crédit : AFP PHOTO / ATTA KENARE)
Les manifestants iraniens soulèvant leurs poings en face d’un portrait de l’éminent dignitaire religieux chiite Nimr al-Nimr pendant une manifestation contre son exécution par les autorités saoudiennes, le 3 janvier 2016, devant l’ambassade d’Arabie Saoudite à Téhéran (Crédit : AFP PHOTO / ATTA KENARE)

« C’était, je pense depuis notre point de vue, extrêmement remarquable », a déclaré un haut fonctionnaire du département d’Etat américain avant l’arrivée de Kerry à Riyad.

Mais ce fonctionnaire du département d’Etat a déclaré que ni l’Iran ni l’Arabie saoudite ne voulait que ces problèmes bilatéraux n’affectent des sujets comme les négociations de paix syriennes.

« Nous pensons aussi, évidemment, qu’il est important que les saoudiens et les iraniens soient capables d’établir une sorte de modus vivendi, si vous voulez », cela permettrait un retour aux négociations politiques au Yémen, a-t-il déclaré.

Une coalition menée par l’Arabie saoudite a soutenu depuis mars les forces locales et le gouvernement reconnu internationalement contre les rebelles chiites Huthi, soutenus par l’Iran.

Dimanche, Kerry se rendra au Laos, en Asie du sud-est.

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