Israël en guerre - Jour 260

Rechercher

Kissinger a transformé la politique au Moyen-Orient, où le conflit s’embrase désormais

Le titan de la diplomatie américaine avait compris que si Le Caire faisait la paix avec Israël, la marge de manoeuvre des voisins hostiles seraient amoindrie

Henry Kissinger, ancien conseiller national à la sécurité et secrétaire d’Etat des Etats-Unis, à Jérusalem, en mai 2008. (Crédit : Olivier Fitoussi /FLASH90)
Henry Kissinger, ancien conseiller national à la sécurité et secrétaire d’Etat des Etats-Unis, à Jérusalem, en mai 2008. (Crédit : Olivier Fitoussi /FLASH90)

C’est ce qu’on a appelé « la diplomatie de la navette » : il y a près de 50 ans, Henry Kissinger sillonnait le Moyen-Orient, cherchant à bâtir un nouvel ordre mondial mené par les Etats-Unis après la guerre du Kippour entre Israël et les pays arabes.

Ce titan de la diplomatie américaine, décédé mercredi à l’âge de 100 ans, laisse derrière lui un héritage très controversé dans une grande partie du monde mais est salué aux Etats-Unis pour son rôle de médiateur entre Israël et les pays arabes.

Lors de la guerre du Kippour, attaque surprise contre Israël lancée par l’Egypte et la Syrie en 1973, Henry Kissinger est au sommet de son influence, le président Richard Nixon étant empêtré dans le scandale du Watergate.

Kissinger comprend que le président égyptien, qui sera par la suite assassiné, souhaite relancer l’économie de son pays alors en difficulté au lieu de concentrer son attention sur Israël.

Le président égyptien Anouar el-Sadate lors de son discours à la Knesset, le 20 novembre 1977 (archives Ya’akov Sa’ar / GPO)

« Il a très vite compris l’ouverture stratégique qu’offraient le président Sadate et ses actions », déclaré Gordon Gray, un ancien diplomate américain, ajoutant qu’Henry Kissinger pouvait être un négociateur « très tenace » lorsque c’était nécessaire.

« Ce qu’a compris Kissinger, c’est qu’une fois que l’Egypte n’était plus en confrontation avec Israël (…), la capacité des autres acteurs arabes ayant des revendications contre Israël – la Syrie, la Jordanie, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) – serait considérablement diminuée », explique Salim Yaqub, historien de la politique étrangère américaine à l’université de Californie à Santa Barbara.

Kissinger, adepte d’une vision réaliste des relations internationales, considérait que tous les pays poursuivaient avant tout leurs propres intérêts et se refusait à parler d’accords de paix, mais plutôt d’accords visant à empêcher une guerre.

L’un de ses principaux objectifs est d’affaiblir l’Union soviétique rivale, qui perd à l’époque l’Egypte comme alliée. Kissinger estimait qu’Israël pourrait ainsi conserver plus facilement les territoires conquis en 1967, à savoir la Cisjordanie, Jérusalem-Est et le plateau du Golan, ainsi que la bande de Gaza, dont le groupe terroriste palestinien du Hamas a depuis férocement pris le contrôle en 2007 à son rival du Fatah, un peu moins de deux ans après son évacuation unilatérale par Israël.

Des paysagistes travaillant sous un panneau d’affichage représentant le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas portant un bandeau du Hamas, à Tel Aviv, en Israël, le 23 novembre 2023. (Crédit : Oded Balilty/AP)

Après l’annonce de son décès, le président israélien Isaac Herzog a remercié le diplomate d’avoir « posé la pierre angulaire de l’accord de paix » entre Israël et l’Égypte.

En 1976, après la victoire de Jimmy Carter face à Gerald Ford, Henry Kissinger quitte ses fonctions. Le nouveau président démocrate souhaite installer une nouvelle forme de politique étrangère fondée sur les droits humains.

Henry Kissinger, dont la famille a fui l’Allemagne nazie, a été le premier secrétaire d’Etat américain juif mais il a fait attention à ne pas mettre en avant cette part de son identité, en particulier en présence de Richard Nixon, connu pour ses remarques antisémites.

Le diplomate a néanmoins fait face à des accusations selon lesquelles il aurait cherché à retarder la livraison d’armes vers Israël en 1973, espérant que les pays arabes seraient plus aptes à négocier s’ils remportaient quelques victoires militaires.

La Première ministre Golda Meïr, à gauche, rencontrant le président américain Richard Nixon, à la Maison Blanche ,à Washington, le 1er mars 1973. (Crédit : GPO)

Lors d’une conversation dans le bureau ovale, Henry Kissinger s’est moqué des appels israéliens demandant à Washington de faire pression sur Moscou pour que la Russie laisse les Juifs émigrer, déclarant que les États-Unis ne s’en préoccuperaient pas même si l’Union soviétique « mettait les Juifs dans les chambres à gaz ».

Ce commentaire, révélé en 2010, a donné lieu à de rares excuses publiques de la part de M. Kissinger. Autre geste inhabituel : après avoir quitté ses fonctions, il a prononcé un discours qualifiant la sécurité d’Israël d’ « impératif moral pour tous les peuples libres ».

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.