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La Banque d’Israël abaisse ses taux d’intérêt à 4 %

Invoquant l'optimisme suscité par le cessez-le-feu, la Banque centrale a réduit les coûts d'emprunt de 4,25 % à 4 % et prévoit désormais une croissance de 5,2 % en 2026

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Le gouverneur de la Banque centrale d'Israël, Amir Yaron, prenant la parole lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 7 avril 2025. (Crédit : Sharon Wrobel/Times of Israel)
Le gouverneur de la Banque centrale d'Israël, Amir Yaron, prenant la parole lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 7 avril 2025. (Crédit : Sharon Wrobel/Times of Israel)

Contre toute attente, la Banque d’Israël a décidé, lundi, de réduire ses taux d’intérêt de 25 points de base, pour les ramener à 4 %, et prévoit une accélération de la croissance économique pour 2025 et cette année, grâce à un environnement inflationniste plus favorable et à une « prime de risque israélienne proche de son niveau d’avant-guerre ».

Elle a réduit les coûts d’emprunt de 4,25 % à 4 % et prévoit désormais une croissance de 2,8 % en 2025 et de 5,2 % en 2026.

Ces prévisions sont plus optimistes que les estimations de septembre, qui tablaient sur une croissance de 2,5 % en 2025 et de 4,7 % en 2026.

« Ces prévisions ont été formulées en partant du principe que le cessez-le-feu serait maintenu et que la charge du service militaire de réserve continuerait de diminuer », a indiqué la Banque d’Israël dans un communiqué.

Lors de sa précédente décision sur les taux en novembre, la Banque centrale avait réduit les coûts d’emprunt pour la première fois en près de deux ans, les ramenant de 4,5 % à 4,25 %, à la suite de l’accord de cessez-le-feu conclu avec le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.

« L’année écoulée a été marquée par des incertitudes liées à la sécurité et à l’économie, à l’instar de l’année précédente », a déclaré Amir Yaron, gouverneur de la Banque centrale d’Israël, lors d’une conférence de presse à Jérusalem.

Le gouverneur de la Banque centrale d’Israël, Amir Yaron, s’exprimant lors d’une conférence de presse, au ministère des Finances, à Jérusalem, le 6 août 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Depuis l’accord de cessez-le-feu, nous avons constaté des changements dans un certain nombre d’indicateurs économiques, notamment un ralentissement de l’inflation plus marqué que prévu et un renforcement du shekel, qui devrait contribuer à réduire les pressions inflationnistes. »

« Les dernières données relatives au marché du travail indiquent […] une augmentation des taux de participation et d’emploi, une diminution de la proportion de personnes absentes pour cause de service militaire et un ralentissement de la croissance des salaires dans le secteur privé. L’ensemble de ces indicateurs nous a permis de baisser les taux d’intérêt aujourd’hui », a-t-il expliqué.

En outre, Yaron a souligné que la « prime de risque » d’Israël « reste à un niveau proche de celui qui prévalait juste avant la guerre ».

Cette décision a été prise par la commission monétaire de la Banque d’Israël, dirigée par Yaron. Avant cette décision, les économistes s’accordaient à dire que la Banque centrale ferait une pause et maintiendrait les coûts d’emprunt, même si l’inflation annuelle avait ralenti à 2,4 % en novembre, contre 2,5 % en octobre.

Illustration : Des Israéliens faisant leurs achats au centre commercial Dizengoff Center, rue Dizengoff, à Tel Aviv, le 20 mars 2024. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Le taux d’inflation est resté dans la fourchette cible annuelle du gouvernement, comprise entre 1 % et 3 %, en août, après avoir oscillé au-dessus de 3 % ces deux dernières années.

« La décision de la Banque d’Israël est une bonne nouvelle pour l’économie israélienne », a déclaré la Dr. Gali Ingber, directrice des études financières au College of Management Academic Studies.

« Pour les détenteurs de prêts immobiliers, cela se traduira par un allègement des remboursements mensuels, et pour les entreprises, une réduction du coût du crédit encouragera l’investissement et la croissance. »

« Cette mesure est également positive pour le marché boursier, car la baisse des taux d’intérêt incite les investisseurs à rechercher des rendements plus élevés sur le marché des capitaux », a ajouté Ingber.

Avant la baisse des taux d’intérêt en novembre, Yaron avait fait l’objet d’une surveillance étroite de la part des hommes politiques et des industriels, car il avait hésité à réduire les coûts d’emprunt élevés alors que les ménages et les entreprises avaient du mal à rembourser leurs prêts immobiliers et leurs emprunts pendant les deux années de guerre contre le Hamas.

Parallèlement à cette décision, le département de recherche de la Banque d’Israël a déclaré qu’il prévoyait désormais une croissance économique de 2,8 % en 2025 et de 5,2 % en 2026. Cette prévision est plus optimiste que les estimations de septembre, qui tablaient sur une croissance de 2,5 % en 2025 et de 4,7 % en 2026. En 2027, le produit intérieur brut devrait progresser de 4,3 %, selon les estimations de la Banque centrale.

« Pour les années à venir, les prévisions ont été établies en partant du principe que le cessez-le-feu serait maintenu et que le nombre de personnes appelées à effectuer leur service militaire continuerait de diminuer », a déclaré Yaron.

Pour l’avenir, il a déclaré que « la trajectoire des taux d’intérêt resterait progressive et prudente ».

Chantier à Sderot, au sud d’Israël, le 28 juillet 2025. (Crédit : Yossi Aloni/FLASH90)

Selon les prévisions macroéconomiques actuelles de la Banque d’Israël, le taux d’intérêt devrait baisser de 0,5 % pour atteindre 3,5 % d’ici la fin de l’année 2026, sous réserve d’un environnement géopolitique stable et d’une situation budgétaire saine.

« À l’approche de 2026, et malgré une diminution de l’incertitude géopolitique, nous sommes confrontés à des défis économiques qui soulignent la nécessité d’une politique économique responsable pour soutenir la croissance dans les années à venir et garantir une résilience financière continue », a déclaré Yaron.

Parmi ces défis, Yaron a notamment cité l’approbation imminente du budget de l’État 2026 par la Knesset.

« Il est important d’approuver le budget 2026 à la Knesset, tout en veillant à ne pas dépasser le plafond de déficit proposé de 3,9 % du PIB », a-t-il souligné.

« Cela permettra de soutenir la confiance des marchés dans l’économie. »

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