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La Knesset adopte la loi sur les bourses d’études des anciens combattants

Le ministre de la Défense a modifié le projet de loi en dernière minute pour couvrir 75 % des frais de scolarité des ex-soldats et rallier le Likud

Le ministre de la Défense Benny Gantz lit les noms des soldats tombés au combat au Mémorial des soldtas du cimetière militaire du Mont Herzl à Jérusalem, lors de la cérémonie de Yom Hazikaron le 4 mai 2022. (Crédit : Elad Malka/Ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Benny Gantz lit les noms des soldats tombés au combat au Mémorial des soldtas du cimetière militaire du Mont Herzl à Jérusalem, lors de la cérémonie de Yom Hazikaron le 4 mai 2022. (Crédit : Elad Malka/Ministère de la Défense)

Ce mardi, la Knesset a adopté une loi accordant des bourses d’études aux anciens combattants de Tsahal, après un compromis de dernière minute entre le Likud et le ministre de la Défense, Benny Gantz.

Le projet initial de la coalition visait à couvrir les deux tiers des frais de scolarité des anciens combattants. Le Likud avait refusé de le soutenir en l’état, au motif qu’il ne souhaitait pas donner à la coalition la satisfaction d’une victoire parlementaire. Il s’était ensuite ravisé, conditionnant son appui à la prise en charge de 100 % des frais de scolarité.

Le taux de financement des 2/3 est la règle depuis le début du programme de bourses, en 2016. Des sources proches de la coalition ont expliqué qu’il était nécessaire de laisser une part d’autofinancement à la charge des étudiants, afin de créer une incitation à terminer leurs études.

Les dirigeants de la coalition ont décidé de procéder au vote lundi soir, défiant les partis d’opposition de s’opposer à un projet de loi aussi attendu. Peu de temps avant le vote, la coalition de 60 députés ne semblait pas compter suffisamment de voix pour assurer l’adoption du texte, desservie par le refus annoncé du parti islamiste Raam et des députées rebelles, Ghaida Rinawie Zoabi (Meretz) et Idit Silman (Yamina).

Quelques instants avant le décompte, Gantz s’est dit prêt à un compromis avec le Likud pour une couverture de 75 % des frais de scolarité.

Le parti du chef de l’opposition, Benjamin Netanyahu, a alors convoqué une réunion d’urgence au cours de laquelle la proposition a été acceptée. À l’issue de cette réunion, Netanyahu a invité un groupe d’anciens combattants très impliqués dans le soutien au projet de loi, pour enregistrer une vidéo dans laquelle les ex-soldats remercient le Likud pour son aide.

Le président du Likud, Benjamin Netanyahu, serre la main d’anciens combattants de Tsahal après avoir accepté d’appuyer un projet de loi de coalition visant à financer les frais de scolarité des anciens soldats le 24 mai 2022. (Crédit : Capture d’écran Twitter)

Netanyahu a précisé avoir également soumis un amendement du Likud pour obtenir la couverture à 100% des frais de scolarité lors d’un vote oral en session plénière. La coalition s’est prononcée contre la mesure, avec l’appui de la Liste arabe unie, dans l’opposition.

Le projet de loi objet du compromis a ensuite été mis au vote, bien que la Liste arabe unie ait demandé qu’il s’agisse d’un vote de défiance à l’égard du gouvernement. Par conséquent, les députés des partis de droite et des partis religieux de l’opposition ont préféré quitter la séance, plutôt que de voter en faveur de la coalition. La loi a finalement été adoptée par 55 voix contre 6, mettant fin aux doutes pesant sur la solidité d’une coalition au plus mal ces derniers jours.

Un peu avant le vote, Gantz était monté à la tribune pour expliquer la raison de ce compromis.

« J’ai décidé de mettre fin [à cette opposition]. Mon but n’est pas de nuire au Likud », a-t-il déclaré. « Cette proposition est bonne et sert l’ensemble de la société israélienne », a poursuivi Gantz. « Je ne veux pas que la politique fasse du tort à Tsahal. »

Le Premier ministre Naftali Bennett a salué, dans un tweet une « réussite » après l’adoption de la loi, affirmant qu’elle entrerait en vigueur sans délai, pour garantir l’octroi de bourses à 16 500 soldats.

(De gauche à droite) Benny Gantz, Yair Lapid, Naftali Bennett, Gideon Saar et Merav Michaeli sont assis ensemble après que leur nouvelle coalition a été approuvée par la Knesset, le 13 juin 2021. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Les députés du Likud ont déclaré, après le vote, que leur action avait conduit Gantz à accepter d’augmenter le taux de financement des bourses. Ils n’ont pas manqué de rappeler que leur intention initiale était de financer l’intégralité des frais de scolarité des anciens combattants.

Certains membres du parti ont eu quelques réticences à respecter la ligne du parti, exprimant leur préoccupation face à l’entêtement initial de Netanyahu à s’opposer à un projet de loi visant à accorder des bourses aux soldats, quel qu’en soit le taux.

Rinawie Zoabi avait annoncé, jeudi dernier, quitter la coalition, la plaçant en minorité avec 59 députés seulement sur 120. Le Likud avait alors publié une déclaration assurant que tous ses membres s’étaient ralliés à la position de Netanyahu contre le projet de loi, affirmant que le gouvernement tomberait bientôt et que le bloc religieux de droite serait en mesure d’adopter le texte lorsqu’il serait de retour au pouvoir.

Dimanche, Rinawie Zoabi est revenue sur sa décision, insufflant une nouvelle vie à la coalition.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid s’entretient avec la députée du Meretz, Ghaida Rinawie Zoabi, lors d’une séance plénière de la Knesset le 23 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le programme de bourses d’études, appelé « MiMadim LeLimoudim » ou « Des uniformes aux études », est très apprécié. Il permettait jusqu’ici d’octroyer des bourses couvrant les deux tiers des frais de scolarité des anciens combattants et d’autres catégories de soldats, pour leur permettre de décrocher un diplôme universitaire. Il s’agit d’une initiative de l’ex-chef d’état-major de Tsahal, Gadi Eizenkot, qui depuis 2016, aide les soldats sans ressources à se former.

Outre les anciens combattants, bénéficient également de ce programme les soldats issus de foyers économiquement défavorisés, les soldats druzes et arabes, les « soldats seuls » sans famille en Israël et les nouveaux immigrants.

Le financement était initialement assuré par des organisations privées, mais afin de réduire les conditions imposées aux subventions, le gouvernement, alors dirigé par Gantz, a souhaité faire financer les bourses par le ministère de la Défense. À ce titre, elles doivent être autorisées par la loi.

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