La Maison Blanche chercherait à remplacer Steve Feinberg, l’adjoint de Hegseth – sources
L'administration Trump dément l'information ; Hegseth aurait précédemment imputé la pénurie de munitions en Iran à Feinberg, dont le renvoi marquerait le dernier remaniement en date au Pentagone
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La Maison Blanche a examiné les candidatures en vue de l’éventuel remplacement du secrétaire adjoint à la Défense américain Steve Feinberg, ont fait savoir à Reuters trois personnes proches du dossier, ce qui laisse présager de nouveaux changements à la tête du Pentagone, qui connaît déjà un taux de rotation du personnel inhabituellement élevé.
Cette démarche, qui était en cours au mois de juin, a donné lieu à des discussions avec des élus de haut rang au Sénat afin de déterminer si les choix de l’administration bénéficieraient d’un soutien suffisant pour être confirmés au poste, ont indiqué deux de ces sources – l’une d’entre elles ajoutant que l’examen était toujours en cours à la fin du mois d’août. Reuters n’a pas été en mesure de déterminer à quel moment la Maison Blanche a commencé à examiner les candidatures.
Les trois sources ont assuré qu’aucune décision n’avait été prise concernant le départ de Feinberg de ses fonctions. Elles n’ont pas été en mesure d’expliquer pourquoi la Maison Blanche examinait des remplaçants potentiels, et elles n’ont pas précisé quels candidats étaient à l’étude.
« Ces soi-disant ‘sources’ anonymes n’ont aucune idée de ce dont elles parlent », a commenté Anna Kelly, porte-parole de la Maison Blanche.
« Le président Trump apprécie le travail du secrétaire Hegseth, du secrétaire adjoint Feinberg et de l’ensemble du ministère de la Guerre, dont le bilan positif dans le cadre des opérations ‘Epic Fury’, ‘Absolute Resolve’ et ‘Midnight Hammer’ parle de lui-même », a-t-elle ajouté, faisant référence aux opérations militaires américaines en Iran et au Venezuela.
Le Pentagone a démenti qu’un processus était en cours pour remplacer Feinberg. Interrogé par Reuters, Hegseth a soutenu dans un communiqué qu’il apportait son soutien total à Feinberg et que ce dernier « n’irait nulle part ».
Le départ de Feinberg, le milliardaire cofondateur de la société de capital-investissement Cerberus Capital Management, marquerait le changement le plus important au sein de l’état-major d’un département qui a déjà connu une série de départs très médiatisés sous la direction du secrétaire à la Défense Pete Hegseth.
Le secrétaire à l’Armée, Dan Driscoll, a démissionné cette semaine après plusieurs mois de tensions avec Hegseth, a confié une source proche du dossier. L’Armée a refusé de s’exprimer sur les raisons de son départ. Le secrétaire à la Marine, John Phelan, ainsi que plusieurs hauts responsables de l’Armée ont également quitté leurs fonctions ces derniers mois.
Feinberg, qui s’était engagé à accélérer la production américaine de munitions, n’a pas encore atteint cet objectif, ont rapporté des analystes qui affirment que la capacité industrielle américaine peut difficilement être augmentée rapidement. D’après certains dirigeants du secteur de la défense, sa mission a été compliquée par la lenteur du Congrès à débloquer des fonds, malgré la pression considérable exercée par l’administration.
Feinberg « a travaillé sans relâche pour reconstruire notre appareil industriel de défense et garantir que nos forces armées disposent de tout ce dont elles ont besoin pour remporter la victoire. Je me réjouis de continuer à collaborer avec lui », a déclaré Hegseth dans son communiqué à Reuters. « Il accomplit un travail formidable pour le président Trump, pour le ministère et pour nos combattants. »
Une guerre contre l’Iran source de frustration
Trump manifeste de plus en plus souvent sa frustration face à l’absence de progrès dans la guerre contre l’Iran, qui dure depuis six mois et qui s’est transformée en une confrontation coûteuse entre les Washington et Téhéran.
L’un des effets de cette situation a été la diminution des stocks d’armes américains. Selon Reuters, l’armée américaine serait confrontée à d’importantes pénuries de certaines munitions, une situation qui a alarmé le Congrès et les responsables militaires.
Trump, pour sa part, a balayé ces inquiétudes, affirmant que les États-Unis disposaient de « bien plus de munitions que n’importe qui d’autre au monde ».
Mais lors d’un échange avec Trump à Camp David à la fin du mois de juillet, Hegseth aurait reproché à Feinberg d’avoir laissé les stocks de missiles guidés à longue portée et d’intercepteurs de défense aérienne s’amenuiser, fait savoir le Washington Post.
La Maison Blanche a qualifié cette information de « fausse nouvelle ». Dans une déclaration à Reuters, le porte-parole en chef du Pentagone, Sean Parnell, a affirmé : « Le secrétaire Hegseth n’a abusé personne quant à notre situation concernant les munitions, pas plus qu’il n’a accusé le secrétaire adjoint Feinberg. »
Nommé par Trump l’année dernière, Feinberg a tenté de remodeler le Pentagone en intensifiant les investissements directs de l’armée américaine dans des entreprises, et en accordant des prêts à des sous-traitants militaires par l’intermédiaire de plusieurs services au sein du département, notamment le Bureau du capital stratégique et la toute nouvelle Unité de défense économique.
Dans une note en date du 18 août qu’il a envoyée aux entreprises du secteur de la défense et que Reuters a pu consulter, Feinberg a appelé les sous-traitants à accélérer la production et à faire preuve de davantage de transparence quant à la tarification. Le Pentagone n’a pas répondu à une question concernant cette note.
Le cas de Feinberg est également passé au crible au Capitole. La sénatrice démocrate Elizabeth Warren a fait part de ses inquiétudes quant à la possibilité que son ancienne société, Cerberus, puisse tirer profit des dépenses du Pentagone consacrées à son programme de défense antimissile « Golden Dome ».
« Il n’y a aucun conflit d’intérêts entre le secrétaire adjoint à la Défense Steve Feinberg et Cerberus », a assuré Parnell. « Il s’est complètement désengagé de Cerberus, et s’est retiré de toute discussion ou relation d’affaires entre l’exécutif et Cerberus. »
Cerberus n’a pas répondu à une demande de commentaire.
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