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La Norvège va étiqueter les produits des implantations israéliennes

Le ministère des Affaires étrangères, à Jérusalem, a annoncé que cette initiative "allait affecter négativement les relations bilatérales entre Israël et la Norvège"

Un employé collecte des bouteilles d'huile d'olive à l'usine  Meshek Achiya de l'implantation d'Ahiya, en Cisjordanie, le 14 décembre 2016. (Crédit :  Sebi Berens/Flash90)
Un employé collecte des bouteilles d'huile d'olive à l'usine Meshek Achiya de l'implantation d'Ahiya, en Cisjordanie, le 14 décembre 2016. (Crédit : Sebi Berens/Flash90)

Imitant l’Union européenne, le gouvernement norvégien a décidé d’adopter un étiquetage spécifique pour les produits venant des implantations israéliennes, suscitant la condamnation samedi d’Israël.

Cette décision, qui prévoit également une mention spécifique pour les territoires de Cisjordanie, « va affecter négativement les relations bilatérales entre Israël et la Norvège, de même que la pertinence de la Norvège pour promouvoir les relations entre Israël et les Palestiniens », a réagi samedi le ministère israélien des Affaires étrangères, dans un communiqué.

La diplomatie israélienne fait ainsi allusion au rôle de médiateur du conflit israélo-palestinien qu’essaie de jouer la Norvège depuis des années, avec comme principal exemple les accords d’Oslo dans les années 1990.

Dans un communiqué diffusé vendredi, le gouvernement norvégien a annoncé que l’origine « Israël » ne convenait que pour les produits venant des territoires sous contrôle israéliens au 4 juin 1967.

« Les denrées alimentaires originaires des zones occupées par Israël doivent être étiquetées avec la zone d’où provient le produit et (indiquer) s’il provient d’une implantation israélienne si tel est le cas », selon Oslo.

La mesure s’appliquera aux territoires du plateau du Golan et de la Cisjordanie « y compris Jérusalem-Est », selon le gouvernement norvégien.

Elle concerne principalement des importations de vin, d’huile d’olive, de fruits et de légumes.

Des employés israéliens inspectent des fûts de vin dans le domaine viticole de Psagot en Cisjordanie, le 11 février 2014. (Crédit : AP Photo/Dan Balilty)

Dans une déclaration à l’agence norvégienne NTB, la cheffe de la diplomatie du pays scandinave a affirmé qu’il ne s’agissait « en aucune façon d’un boycott d’Israël » et que le boycott restait selon Oslo « une mauvaise politique ».

« La Norvège a de bonnes relations avec Israël. Cela doit se poursuivre », a affirmé la ministre Anniken Huitfeldt, membre du gouvernement social-démocrate au pouvoir en Norvège.

Ce choix de l’étiquetage spécifique a déjà été fait par la Commission européenne en 2015 et recommandé aux États membres puis confirmé par une décision de la Cour de justice de l’UE en 2019.

La décision de la justice européenne, rappelle Oslo, avait pour fondement que « les consommateurs ne soient pas induits en erreur par un manque d’étiquetage sur l’origine des produits ».

Sous l’administration Trump, les États-Unis avaient eux annoncé l’étiquetage « Israël » pour les produits provenant des implantations israéliennes en Cisjordanie.

Les implantations israéliennes, illégales au regard du droit international, se sont développées sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967.

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