La police attaquée par des extrémistes qui tentaient de reprendre un avant-poste
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La police attaquée par des extrémistes qui tentaient de reprendre un avant-poste

La police des Frontières a rapporté des affrontements avec des dizaines de jeunes Israéliens qui ont crevé les pneus d’un véhicule militaire à proximité d'Yitzhar

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Une photo publiée par la police montre un pneu qui aurait été crevé par des militants d'extrême droite lors d'affrontements près de l'avant-poste de Kumi Ori dans le nord de la Cisjordanie, le 23 avril 2020. (Crédit : Police des Frontières)
Une photo publiée par la police montre un pneu qui aurait été crevé par des militants d'extrême droite lors d'affrontements près de l'avant-poste de Kumi Ori dans le nord de la Cisjordanie, le 23 avril 2020. (Crédit : Police des Frontières)

Des dizaines de militants d’extrême droite ont affronté les forces de sécurité près d’un avant-poste dans le nord de la Cisjordanie jeudi soir, crevant les pneus d’une jeep de la police des Frontières, selon un porte-parole des forces de l’ordre.

Une unité de la police des Frontières était postée à l’avant-poste de Kumi Ori, à proximité de l’implantation radicale d’Yitzhar, afin d’empêcher des membres du groupe radical des « Jeunes des collines » de revenir et d’achever la reconstruction de deux maisons démolies tôt mercredi matin. Les jeunes ultra-nationalistes étaient revenus sur les lieux quelques heures après la démolition et avaient commencé à reconstruire les maisons, ce qui a conduit la police des Frontières à revenir à Kumi Ori afin de mettre fin à cette activité illégale et à les éloigner.

« Les forces sont déterminées à faire respecter l’ordre militaire selon lequel l’avant-poste est une zone militaire fermée », a déclaré la police dans un communiqué.

« La loi sera appliquée sans compromis contre quiconque essaie de nuire aux soldats », ajoute le communiqué.

Des agents de l’administration civile démolissent une maison dans l’avant-poste de Kumi Ori, le 22 avril 2020. (Crédit : Avraham Shapira / Yitzhar)

Des centaines de membres des forces de sécurité ont participé aux démolitions de mercredi matin, lors desquelles quatre autres maisons dans d’autres avant-postes à proximité d’Yitzhar ont également été rasées. Quatre des bâtiments étaient situés dans la zone C, et deux à Kumi Ori dans la zone B, selon un porte-parole de l’administration civile – l’organisme du ministère de la Défense qui autorise la construction en Cisjordanie.

Selon les accords d’Oslo, la zone B est définie comme territoire de Cisjordanie sous juridiction civile palestinienne et contrôle de sécurité israélien. La zone C est à la fois sous le contrôle civil et sécuritaire de l’armée israélienne, et toutes les implantations sont situées sur ce territoire, qui représente environ 60 % de la Cisjordanie.

Alors que les accords d’Oslo interdisent aux Israéliens de construire dans la zone B, les habitants de Kumi Ori, où vivent une poignée de familles et plusieurs dizaines de militants d’extrême droite, bafouent depuis longtemps ces lois.

L’une des deux maisons démolies à Kumi Ori appartenait à la famille de Neria Zarog, un « extrémiste violent » à l’origine d’attaques contre des Palestiniens et les forces israéliennes, selon un responsable de la sécurité qui s’est entretenu avec le Times of Israël l’année dernière.

Neria Zarog avec sa femme et leurs enfants devant leur domicile dans l’avant-poste de Kumi Ori, à proximité de l’implantation de Yitzhar, dans le nord de la Cisjordanie. Tsahal a émis un ordre lui interdisant de se rendre en Cisjordanie. (Crédit : Avraham Shapira)

En janvier, Zarog avait reconstruit sa maison presque immédiatement après sa démolition en raison d’un défaut de permis, a déclaré un porte-parole de l’administration civile.

Zarog a été arrêté mercredi pour « refus d’évacuer » la scène, alors que les forces de sécurité devaient raser son domicile, a déclaré un porte-parole de la police des Frontières.

La démolition du domicile de Zarog en janvier avait eu lieu une semaine après que la Cour suprême eut rejeté une pétition dans laquelle il soutenait qu’Israël n’avait pas le droit de démolir une structure dans la zone B parce que le territoire était sous le contrôle civil de l’Autorité palestinienne.

Le tribunal a jugé qu’Israël n’avait pas le pouvoir d’accorder des permis de construire dans cette zone, mais qu’il pouvait y démolir les maisons illégales construites par des Israéliens.

À la fin du mois dernier, des Israéliens ont lancé trois cocktails Molotov sur un véhicule de la police des Frontières à l’extérieur d’Yitzhar.

Des agents de l’administration civile se préparent à démolir une maison dans l’avant-poste de Kumi Ori, le 22 avril 2020. (Autorisation)

Aucun officier n’avait été blessé dans l’affrontement, mais des dommages avaient là aussi été causés à une jeep, avait indiqué la police des Frontières dans un communiqué, qualifiant l’incident « d’attaque terroriste ».

Les troupes quittaient Yitzhar après avoir opéré dans la zone afin de faire respecter un ordre de fermeture de la zone militaire autour de Kumi Ori.

L’ordre a été mis en place en octobre dernier à la suite d’une série d’attaques violentes contre les Palestiniens et les forces de sécurité perpétrées par un certain nombre de jeunes de la région. Alors qu’un calme relatif a été maintenu depuis lors, la situation a commencé à dégénérer à la mi-mars lorsque des résidents se sont opposés à la police des Frontières, qui est intervenue à Kumi Ori alors que les habitants tentaient d’y construire une synagogue.

Cinq Israéliens ont été arrêtés pour avoir agressé des officiers et violé un ordre de fermeture de la zone militaire, qui autorise uniquement la présence des sept familles considérées comme des résidents officiels de l’avant-poste.

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