La police aurait accepté de laisser les orthodoxes se réunir de façon discrète
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La police aurait accepté de laisser les orthodoxes se réunir de façon discrète

Le chef de la police de Jérusalem aurait indiqué à plusieurs mouvements que les officiers fermeraient les yeux sur les rassemblements si des images ne fuitaient pas

La police fait face à des hommes juifs ultra-orthodoxes lors d'une manifestation contre l'application des règlements d'urgence relatifs au coronavirus, dans le quartier de Mea Shearim, à Jérusalem, le 4 octobre 2020. (Nati Shohat/Flash90)
La police fait face à des hommes juifs ultra-orthodoxes lors d'une manifestation contre l'application des règlements d'urgence relatifs au coronavirus, dans le quartier de Mea Shearim, à Jérusalem, le 4 octobre 2020. (Nati Shohat/Flash90)

La police de Jérusalem aurait, à l’approche de la fête de Souccot, conclu un accord avec plusieurs communautés ultra-orthodoxes en vertu duquel elles pourraient organiser des rassemblements de masse malgré le confinement national à condition que les ceux-ci ne soient pas rendus publics, a rapporté mardi le journal Haaretz.

L’article, que la police a catégoriquement rejeté, se base sur deux sources au sein de la communauté ultra-orthodoxe, a précisé le quotidien.

Selon le journal, le chef de la police de Jérusalem, Shimi Marciano, se serait entretenu avec les dirigeants de la communauté hassidique avant les fêtes de Souccot qui durent une semaine, et est parvenu à un accord.

Les ultra-orthodoxes font l’objet de critiques croissantes en raison du mépris apparemment généralisé des règles mises en place par le gouvernement pour lutter contre le coronavirus et de la propagation rapide des infections dans leur communauté.

Des sources ont indiqué à Haaretz que des représentants des mouvements hassidiques Toldos Aharon, Toldas Avraham Yitzhak, Dushinsky et Slonin avaient participé aux discussions.

Les parties ont convenu que les communautés pourraient organiser des événements annuels pour les fêtes, dont les célébrations de Simhat Beit Hashoeva auxquelles assistent généralement des milliers de personnes, et que la police n’interviendrait pas, bien que ces événements soient interdits en vertu des règles sanitaires, à condition qu’aucune image des rassemblements ne soit rendue publique.

En conséquence, alors que la police a mené une campagne de répression très médiatisée dimanche et lundi à Mea Shearim, procédant à des arrestations et délivrant des contraventions au milieu de violents affrontements avec les manifestants, les agents ont totalement ignoré certains événements qui se déroulaient à quelques mètres des affrontements, indique Haaretz.

Interrogée sur ce traitement de faveur, la police a affirmé qu’il n’y avait pas d’événements de masse et a noté l’absence de tout document appuyant cette affirmation, a rapporté Haaretz.

Les groupes hassidiques seraient satisfaits de cet accord et veilleraient à ce qu’aucun inconnu ne soit autorisé à entrer, un mouvement exigeant même que les participants présentent une invitation imprimée.

Des sources au sein de la communauté ultra-orthodoxe ont déclaré que plusieurs grands événements avaient été organisés dans le quartier de Mea Shearim depuis que Souccot a commencé vendredi soir.

Une source anonyme a déclaré que chaque évènement hassidique comptait des videurs postés aux portes pour contrôler tous ceux qui arrivaient afin de s’assurer que des gens extérieurs n’entrent pas. Ceux qui sont autorisés à entrer seraient conscients qu’il existait une interdiction totale d’enregistrer les événements.

La source a affirmé que, lundi, des « milliers » de personnes avaient assisté à un événement de Simhat Beit Hashoeva du mouvement Toldos Aharon et que plus d’un millier avait assisté à une célébration similaire organisée par Toldos Avraham Yitzhak.

Les célébrations, comprenant de la musique et de la danse, se poursuivent comme chaque année, a indiqué la source.

La police israélienne a déclaré que, bien que les officiers aient rencontré les dirigeants de la communauté hassidique avant le début de la fête, la divulgation d’un prétendu accord permettant aux événements de se dérouler s’apparentait à de « fausses allégations, que nous rejetons totalement ».

Elle a ajouté que, dans le cadre des préparatifs de la fête, la police avait rencontré des représentants des communautés pour « expliquer l’importance des violations des règles et de leur application. Contrairement aux affirmations, la police a fait respecter les règlements dans la région quand et où cela a été nécessaire ».

Des policiers interpellent un manifestant lors d’un rassemblement anti-confinement, à l’extérieur du quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim, à Jérusalem, le 5 octobre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les critiques à l’égard de la communauté ultra-orthodoxe se sont accrues ces derniers jours, des journaux rapportant qu’un nombre important de religieux ne respectaient pas les restrictions de confinement pendant les fêtes de Souccot, notamment en continuant à participer à des rassemblements de masse.

La communauté ultra-orthodoxe a connu des taux d’infection au coronavirus très élevés. Une évaluation réalisée la semaine dernière a révélé que le taux d’infection dans la communauté était 2,5 fois supérieur à la moyenne nationale. La spirale des infections dans tout le pays a provoqué le confinement actuel, le deuxième cette année. Bien qu’il devait initialement être levé à la fin des fêtes de Souccot, les autorités ont déclaré qu’il se poursuivrait pendant au moins une semaine de plus avant tout éventuel assouplissement des restrictions.

La police a annoncé lundi matin qu’elle avait arrêté 18 personnes pendant la nuit à Jérusalem pour avoir troublé l’ordre public et jeté des pierres sur des officiers au cours d’une opération visant à faire respecter la réglementation sanitaire dans les quartiers ultra-orthodoxes de la ville. Des vidéos ont montré l’arrestation violente de certains manifestants, suscitant des accusations de force disproportionnée.

Dans une vidéo, Shimi Marciano court après une foule de manifestants, puis s’attaque brutalement à l’un d’entre eux contre un mur et le frappe à la tête. Dans la séquence, on peut entendre le manifestant traiter l’officier de « bâtard, allemand, nazi ».

On voit également le commissaire crier sur une femme ultra-orthodoxe qui se plaint de la façon dont il traite les jeunes.

Un certain nombre de véhicules ont été endommagés lors des affrontements, notamment des voitures de police, des véhicules appartenant à la municipalité et d’autres appartenant à des particuliers, a rapporté la police.

Des affrontements ont également eu lieu dans la ville majoritairement ultra-orthodoxe de Bnei Brak et dans l’implantation ultra-orthodoxe de Beitar Illit en Cisjordanie.

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