Israël en guerre - Jour 58

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La police intervient pour faire évacuer Rothman, acculé par les manifestants

Omer Barlev a été bousculé par des policiers ; une manifestation a aussi eu lieu devant la maison de Gallant qui a renoncé à appeler à l’arrêt du processus législatif de la réforme

Des Israéliens protestant contre le projet de réforme du système judiciaire du gouvernement, près de la résidence officielle du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mars 2023. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Des Israéliens protestant contre le projet de réforme du système judiciaire du gouvernement, près de la résidence officielle du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mars 2023. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

L’une des figures de proue de la réforme du système judiciaire du gouvernement a eu besoin de l’aide des forces de l’ordre dans le centre d’Israël jeudi en fin de journée, couronnant une journée chaotique de manifestations de masse contre la législation.

Le député Simcha Rothman (HaTzionout HaDatit), figure clé du remaniement judiciaire, s’était rendu au domicile de l’entrepreneur technologique Yuval Tal, à Ramat Hasharon, lorsque des centaines de manifestants, qui avaient eu vent de sa présence, s’y sont rassemblés.

Rothman a finalement quitté la maison dans une voiture entourée d’une escouade de plus d’une douzaine d’officiers de police, qui ont dégagé un passage pour passer entre les manifestants.

Au cours de la manifestation, les protestataires ont brandi des drapeaux,  klaxonné, soufflé dans des vuvuzelas et scandé bruyamment « honte ».

Certains ont tenté d’atteindre le véhicule de Rothman alors qu’il se frayait un chemin dans la foule, mais ils ont été repoussés par la police.

Cette manifestation était la dernière à viser des élus alors qu’ils se rendaient en diverses endroits jeudi, dans le cadre d’une « journée nationale de perturbation » visant à faire pression sur les députés pour qu’ils reviennent sur la réforme.

Au moins 92 personnes ont été arrêtées à travers le pays. Des officiers de la garde montée ont été déployés et des canons à eau utilisés pour dégager les manifestants qui bloquaient les routes à Tel Aviv et Haïfa.

Plus tôt dans la soirée, des manifestants ont tenté de pénétrer dans un hôtel de Petah Tikva lors d’un événement organisé par le parti HaTzionout HaDatit, auquel assistaient Rothman et le chef du parti, Bezalel Smotrich.

Les policiers se sont battus avec les manifestants et certains ont été vus en train de bousculer l’ancien ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, qui, il y a quelques mois encore, les supervisait.

Les manifestants ont indiqué que les rassemblements de Ramat Hasharon n’avaient pas été planifiés, mais qu’ils s’étaient rapidement rassemblées lorsque la nouvelle de la présence de Rothman dans la ville s’était répandue.

« Nous avons entendu parler de la manifestation par le biais de groupes WhatsApp du quartier, de la ville … dans tous les groupes », a déclaré un manifestant au site d’information Ynet. « Nous resterons jusqu’à ce qu’il parte. »

Dans un tweet publié à la suite des manifestations, Rothman a déclaré que « dans les deux endroits, un petit groupe violent a essayé de m’empêcher d’arriver ou de repartir. Entendre et écouter des choses gênantes, c’est ça la démocratie. La violence, le fait de réduire les autres au silence et de bloquer les routes, ce n’est pas la démocratie ».

Rothman, qui est relativement nouveau à la Knesset, milite depuis longtemps en faveur d’un grand nombre des changements proposés dans le cadre de la réforme. En tant que président de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset, il a joué un rôle majeur dans l’accélération du processus législatif pour les projets de loi qui composent la réforme.

Tal – le co-fondateur du géant des services de paiement Payoneer – chez qui Rothman s’était rendu, n’a pas encore fait de commentaire. Parmi les premiers investisseurs de la société figurait l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, un ancien allié politique de Smotrich.

Le député Simcha Rothman, président de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset, dirigeant une réunion de la commission à la Knesset, à Jérusalem, le 20 mars 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Par ailleurs, des manifestants se sont rassemblés devant le domicile du ministre de la Défense Yoav Gallant au moshav Amikam, dans le nord d’Israël, après qu’il a semblé renoncer à son projet d’appeler publiquement à la suspension du processus législatif de la réforme du système judiciaire.

Les manifestants ont scandé « honte » et ont demandé à Gallant de prononcer le discours qu’il avait prévu de faire jeudi soir et qu’il a ensuite annulé à la suite d’une réunion avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Depuis près de trois mois, les Israéliens manifestent en masse pour s’opposer aux projets de réforme du gouvernement.

Sous sa forme actuelle, le paquet de réformes permettra notamment à la Knesset d’annuler les décisions des tribunaux à la plus courte majorité, de soustraire préventivement les lois au contrôle judiciaire et de confier la sélection des juges aux politiciens de la coalition.

Des milliers d’Israéliens manifestant contre les projets du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu visant à réformer le système judiciaire, à Tel Aviv, en Israël, le 23 mars 2023. (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Alors que les partisans de cette réforme assurent qu’elle permettra de rééquilibrer les pouvoirs – mesure  indispensable pour mettre un frein à l’activisme de la Cour – ses opposants affirment qu’elle affaiblira radicalement le caractère démocratique d’Israël, supprimera un élément clé de l’équilibre des pouvoirs et laissera les minorités sans protection.

Dans une déclaration faite jeudi soir, Netanyahu a promis de s’impliquer dans le processus législatif de la réforme malgré un accord de conflit d’intérêts qui l’en empêche en raison de son procès pénal en cours.

S’il a promis de prendre en compte les préoccupations de l’opposition et de chercher à équilibrer la réforme, il a également déclaré que le gouvernement poursuivrait le projet de loi visant à affirmer son contrôle sur la commission de sélection des juges, affirmant qu’il serait adopté sous sa forme actuelle à la Knesset la semaine prochaine.

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