La veuve et mère de deux soldats tombés au combat reçoit le Prix Israël
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La veuve et mère de deux soldats tombés au combat reçoit le Prix Israël

Lors d'un discours émouvant, Miriam Peretz a dit qu'elle avait appris à transformer la douleur de la mort de ses fils en une "nouvelle mélodie"

Miriam Peretz, lauréate du prix Israël, parle lors de la cérémonie au Centre international de conférences (ICC) à Jérusalem le 19 avril 2018. (Hadas Parush / Flash90)
Miriam Peretz, lauréate du prix Israël, parle lors de la cérémonie au Centre international de conférences (ICC) à Jérusalem le 19 avril 2018. (Hadas Parush / Flash90)

Miriam Peretz, mère de deux fils décédés au combat dans l’armée israélienne, il y a 12 ans, a déclaré jeudi que construire un pays représentait plus que « douleur et larmes ».

Dans un discours particulièrement émouvant à la cérémonie du Prix Israël à Jérusalem, parlant au nom des 16 lauréats du prix prestigieux, elle a dit qu’elle avait transformé son chagrin en une « nouvelle mélodie ».

Peretz, qui s’est dévouée à donner des conférences éducatives et inspirantes aux adolescents et aux soldats, a reçu le Prix Israël 2018 pour l’ensemble de sa carrière et sa contribution spéciale à la société, lors d’une cérémonie qui clôturait les festivités du 70e anniversaire de l’indépendance.

Parmi les participants se trouvaient le président Reuven Rivlin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, la chef de la Haute Cour Esther Hayut et le ministre de l’Education Naftali Bennett.

Le chef de l’Agence Juive Nathan Sharansky, l’ancien législateur et ministre David Levy, et l’auteur David Grossman, étaient également lauréats cette année. Ce dernier a provoqué la colère des responsables gouvernementaux en prenant la parole à une cérémonie conjointe israélo-palestinienne à Tel Aviv.

Peretz, 65 ans, a perdu deux de ses fils au combat. En 1998, son aîné, Uriel, a été tué au Liban à 22 ans. Eliraz Peretz, qui a servi dans l’unité d’élite Sayeret Golani comme son frère, a été tué en 2010, près de la frontière avec Gaza.

Peretz est née à Casablanca, au Maroc, et a déménagé en Israël en 1964, à l’âge de 10 ans. En 2014, elle a été choisie pour allumer un des flambeaux pour célébrer la 66ème fête de l’indépendance d’Israël.

L’ancien ministre de l’Éducation, Naftali Bennett, avec la lauréate du Prix Israël Miriam Peretz lors de la cérémonie au Centre international de conférences (ICC) à Jérusalem le 19 avril 2018. (Hadas Parush / Flash90)

Peretz, qui a reçu la plus grande attention et une ovation lorsqu’elle a été appelée pour recevoir le prix des mains de Bennett, a commencé son discours en parlant de ses premières années, lorsque sa famille est venue du Maroc en Israël.

« Lorsque j’étais jeune, je sentais que je n’avais rien fait pour mon pays. Je suis venu dans un pays construit et je ne savais pas qu’un jour viendrait où je donnerais à mon pays ce que j’avais de plus cher – mes fils Uriel et Eliraz. Une patrie n’est pas seulement construite avec douleur et larmes, mais aussi avec le travail et la générosité », a-t-elle dit.

S’adressant aux autres lauréats, Mme Peretz a déclaré : « Je suis fière de faire partie d’un groupe qui a choisi de s’engager dans l’éducation, convaincue que c’est le moyen de briser les murs de l’ignorance et de l’insuffisance, et de sortir des sentiers battus et de comprendre que l’éducation offre des possibilités d’épanouissement personnel, comme cela a été le cas pour moi.

« Mesdames et Messieurs, je me tiens humblement devant mes collègues, des gens honorables qui ont créé, écrit, étudié et inventé, des gens de vision, de création et de foi. Moi je n’ai rien créé. »

« J’ai un coeur qui a été brisé trois fois : le décès de mon fils aîné Uriel dans la guerre du Liban, la mort de chagrin, de mon partenaire Eliezer, et le décès de mon deuxième fils à Gaza, » a-t-elle dit.

« Avec ce coeur je suis venue parler avec des mots simples, dans le langage d’un cœur brisé, j’ai parlé de cette terre et de son héritage, du choix du bien, du bonheur, du dévouement à la vie, de la responsabilité, et de ce coeur qui bat avec foi dans ce pays et dans cette nation, de la douleur coule de de l’amour.

« Quand le coeur a la foi, il peut supporter de grands défis. J’ai transformé mon chagrin en une nouvelle mélodie ».

David Grossman s’adresse à un service commémoratif conjoint israélo-palestinien au Hayarkon Park, à Tel-Aviv, le 16 avril 2018. (Rami Ben-Ari / Combattants for Peace)

Le prix Israël – dans les catégories littérature, sciences et arts – est décerné chaque printemps le jour de l’indépendance de l’État juif.

Outre Peretz, voici la liste des autres lauréats de cette année : Natan Sharansky (promouvoir l’immigration et travailler avec la communauté juive de la diaspora); David Levy (pour l’ensemble de son oeuvre); les fondateurs d’Ormat Industries Yehuda et Yehudit Bronicki (Industrie); Gil Shwed, PDG de Check Point Software Technologies, société israélienne de cybersécurité,(technologie et innovation); Grossman (littérature); Sergiu Hart (économie); Shlomo Havlin (physique); Alex Lubotzky (mathématiques et informatique); Yitzhak Schlesinger (psychologie); Ron Ben-Yishai (journalisme); Elisha Qimron (études juives) et Edwin Seroussi (musique).

Stuart Winer a contribué à cet article.

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