L’accès des agriculteurs israéliens à une enclave jordanienne se termine jeudi
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L’accès des agriculteurs israéliens à une enclave jordanienne se termine jeudi

Le ministère israélien des Affaires étrangères a confirmé l'expiration du délai supplémentaire de six mois d'exploitation des terres à Tzofar, dont Amman a récupéré le contrôle

Des travailleurs cueillent des poivrons à Tzofar, le 14 février 2018. (Hadas Parush/Flash90)
Des travailleurs cueillent des poivrons à Tzofar, le 14 février 2018. (Hadas Parush/Flash90)

Les agriculteurs israéliens de la région ne seront plus autorisés à entrer dans une enclave agricole de Jordanie à partir de jeudi, alors que la prolongation du bail accordée à Israël arrive à son terme.

En novembre, la Jordanie a repris le contrôle des territoires de Naharayim et Tzofar. Le royaume hachémite a refusé de renouveler le bail de 25 ans des terres qui s’inscrivait dans le cadre du traité de paix de 1994 signé entre les deux pays.

Pourtant, une extension au bail de Tzofar, située dans la région du sud d’Arava, avait ensuite été accordée jusqu’à la fin avril et l’enclave avait été déclarée zone militaire fermée, l’accès étant réservé aux agriculteurs.

« Le sixième mois de la période d’extension accordée par la Jordanie se termine demain », a déclaré mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Lior Haiat.

Erez Gibori, un agriculteur de Tzofar, s’est plaint que les terres de substitution fournies par l’État n’étaient pas aussi fertiles que celles de l’enclave et que les nouveaux coûts induits étaient trop élevés.

« Nous avons reçu 22 millions de shekels (5,7 millions d’euros) pour cultiver [la terre], mais le total des frais revient à 45 millions de shekels (11,8 millions d’euros). S’ils ne nous aident pas, personne ne sera probablement en mesure de faire pousser quelque chose là-bas », a-t-il déclaré à la Radio de l’armée.

Le roi de Jordanie Abdallah II et le prince héritier Hussein prient à l’enclave Tzofar après la restitution du territoire par Israël, le 16 novembre 2019. (Crédit)

L’accès des agriculteurs à Tzofar avait continué depuis l’expiration du bail malgré une visite du roi Abdallah II de Jordanie et de son fils Hussein dans l’enclave en novembre. Il avait ensuite proclamé « la souveraineté jordanienne sur la terre jordanienne avant tout ».

Les deux hommes avaient aussi visité Naharayim, situé dans le nord.

Naharayim, également connue sous le nom d’Île de la paix, est le lieu d’une attaque meurtrière survenue en mars 1997 au cours de laquelle un groupe d’écolières de Beit Shemesh a été la cible de tirs lors d’une sortie dans la région. Les filles et leurs enseignants désarmés se tenaient sur une colline au-dessus d’un lac abandonné dans l’enclave quand un soldat jordanien a ouvert le feu sur elles et tué sept des écolières.

Pendant environ 25 ans, la Jordanie et Israël ont respecté les annexes de l’accord de paix concernant Naharayim et Tzofar, qui sont des territoires souverains jordaniens. A la fin 2018, des officiels jordaniens ont toutefois informé leurs homologues israéliens que le royaume hachémite n’avait pas l’intention de renouveler le bail.

Le ministre jordanien des Affaires étrangères Ayman Safadi a fait savoir que la Jordanie avait proposé à Israël d’acheter les terres possédées de manière privée par des Israéliens à Naharayim, mais l’État juif a refusé.

Le ministre a également assuré qu’Amman restait engagé à respecter le traité de paix avec Israël.

Des soldats israéliens ferment la barrière conduisant à l' »Ile de la paix » à Naharayim le 9 novembre 2019. (Basel Awidat/Flash90)

La Jordanie est l’un des deux pays arabes disposant de liens diplomatiques et de traités officiels avec Israël.

Alors que les liens en matière de sécurité se sont développés, les relations politiques se sont dégradées pour plusieurs raisons, notamment la promesse du Premier ministre Benjamin Netanyahu d’annexer la vallée du Jourdain et les implantations en Cisjordanie

Le royaume soutient depuis longtemps une solution à deux États au conflit israélo-palestinien, qui comprendrait la création d’un État palestinien en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est.

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