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L’ancien chef d’état-major de Tsahal s’est opposé à une attaque de l’Iran

Dans un entretien télévisuel, Benny Gantz a révélé des divergences entre l’armée et le gouvernement au sujet d’une frappe contre Téhéran

Le Chef d'état-major, Benny Gantz, lors de la cérémonie de remise des médailles le 2 février 2015 (Crédit : Flash 90)
Le Chef d'état-major, Benny Gantz, lors de la cérémonie de remise des médailles le 2 février 2015 (Crédit : Flash 90)

Le chef de l’armée d’Israël récemment parti à la retraite a fait allusion à sa prise de position pour éviter une possible attaque israélienne contre le programme nucléaire d’Iran.

S’entretenant avec Ilana Dayan, la présentatrice du magazine d’information Uvda de la Deuxième chaîne, l’ancien Lieutenant Général Benny Gantz a déclaré qu’il avait senti que sans sa présence et sa contribution à des discussions de haut niveau du gouvernement, d’autres décisions auraient pu être prises.

« On n’est jamais arrivé à ‘OK, décollez et allez-y’ », a déclaré Gantz dans l’entretien qui doit être diffusé lundi soir en Israël. Mais il a ajouté : « Je veux croire qu’ils ont écouté et pris en considération ce que j’avais à dire. »

Gantz, qui est parti à la retraite en février après 38 ans de service, a révélé une opposition entre les chefs politiques, en faveur d’une frappe militaire, et l’armée, opposée à une telle action.

Malgré le désaccord, l’armée aurait effectué une telle frappe si les dirigeants politiques lui en avaient donné l’ordre, a affirmé Gantz.

La période de Gantz a la tête de l’armée a été tumultueuse, puisqu’il s’est trouvé à la tête de Tsahal pendant les troubles entraînées par les soulèvements arabes, la montée et la chute des Frères Musulmans en Egypte, la terrible guerre en Syrie et les conditions de sécurité en constante détérioration aux frontières nord et sud d’Israël.

Mais son héritage sera peut-être marqué par son inaction contre le programme nucléaire iranien.

La décision de frapper n’était pas de son ressort, mais son opposition à une frappe lors de cette période, avec l’opposition de plusieurs autres chefs de la sécurité ces dernières années, a peut-être contribué à empêcher une telle prise de décision.

L’année dernière, Gantz a déclaré qu’une résolution de la situation délicate sur la question du programme nucléaire iranien était « préférable sans la force, mais s’il n’y avait pas d’autres choix, alors cela pouvait [être fait] avec la force ».

Il a déclaré qu’Israël avait « pleinement » la capacité de frapper l’infrastructure de l’Iran, et que nous « saurons comment agir le moment venu ».

Pourtant, comme son prédécesseur Gabi Ashkenazi, Gantz n’a pas cru que l’heure fatidique était arrivée pendant son mandat de quatre ans.

Il était apparemment en désaccord avec l’ancien ministre de la Défense Ehud Barak qui affirmait en janvier que la capacité d’Israël à agir militairement contre le programme militaire iranien était « en déclin et en danger d’effritement ».

Frapper un programme nucléaire voyou appartenant à un État avec une armée puissante qui était ouvertement en froid avec l’Occident pendant des décennies était difficile mais faisable, semblait expliquer Barak.

Frapper l’infrastructure d’un État qui a été de nouveau accueilli dans la famille des nations, qui a accepté les demandes des Etats-Unis et qui est ostensiblement lié à l’Agence de l’Energie Atomique Internationale est une toute autre question. C’est une différence que les échelons militaires n’ont pas pleinement saisie, a expliqué Barak.

Le successeur de Gantz, le Lieutenant Général Gadi Eisenkot a le même point de vue concernant l’Iran : le moment de l’action n’est pas encore venu.

Mitch Ginsburg a contribué à cet article.

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