L’ancien vice-chancelier autrichien accusé d’avoir dédicacé un livre antisémite
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L’ancien vice-chancelier autrichien accusé d’avoir dédicacé un livre antisémite

Heinz-Christian Strache a apparemment écrit une note sur "une vision du monde juive alambiquée et avide de pouvoir" dans une copie d'un livre promouvant la haine des Juifs

Heinz-Christian Strache, président du parti d'extrême droite Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ), prend la parole lors d'une réunion électorale le 6 octobre 2017 à Saalfelden avant les élections législatives anticipées. (AFP PHOTO / WILDBILD)
Heinz-Christian Strache, président du parti d'extrême droite Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ), prend la parole lors d'une réunion électorale le 6 octobre 2017 à Saalfelden avant les élections législatives anticipées. (AFP PHOTO / WILDBILD)

BERLIN (JTA) – Un ancien vice-chancelier autrichien est accusé d’avoir écrit une dédicace dans les années 1990 pour un livre antisémite notoire dans lequel il parle d’une « vision du monde juive avide de pouvoir ».

Heinz-Christian Strache, qui a quitté le gouvernement en disgrâce à la suite d’un scandale de corruption l’année dernière et a été expulsé du Parti de la liberté, un parti d’extrême droite, a apparemment écrit la dédicace à un ami de droite dans un exemplaire du livre de Jonak von Freyenwald de 1941 « Confessions juives de tous les temps et de toutes les terres ».

Un expert en écriture consulté par le Suddeutsche Zeitung, le journal qui a révélé l’histoire, a indiqué que la dédicace avait presque certainement été écrite par Strache.

« Ce livre devrait vous donner un aperçu de la vision du monde juive, alambiquée et avide de pouvoir », commence la dédicace. « En tant que membre de l’élite politique de notre pays, nous devons étudier nos ennemis, exposer et confronter leurs idées alambiquées. »

Le chancelier autrichien issu du parti populaire conservateur Sebastian Kurz, à gauche, et le vice-chancelier du parti d’extrême-droite de la Liberté Christian Strache lors de la cérémonie de prestation de serment du nouveau gouvernement à Vienne, le 18 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / VLADIMIR SIMICEK)

Par l’intermédiaire de son avocat, Strache a déclaré qu’il ne se souvenait pas avoir écrit la dédicace dans les années 1990, bien qu’il reconnaisse en connaître le destinataire, qui n’a pas été nommé.

Le livre, un exemple tristement célèbre de l’antisémitisme autrichien pendant la Seconde Guerre mondiale, a été publié dans un journal nazi allemand antisémite Der Sturmer. Son fondateur, Julius Streicher, a été exécuté en 1946 pour crimes contre l’humanité.

L’ancien responsable politique de 50 ans a longtemps prétendu n’avoir jamais rien dit d’antisémite, et revendique aujourd’hui un soutien indéfectible à Israël et un rejet total de l’antisémitisme.

Mais Oskar Deutsch, président de la communauté israélite de Vienne, dans des commentaires au Suddeutsche Zeitung et sur sa page Facebook, a déclaré que cette preuve de la « haine farouche de Strache envers les Juifs, enrichie par des théories conspirationnistes, n’est ni un incident isolé ni un péché de jeunesse ».

Pendant ce temps, une commission parlementaire doit commencer son enquête jeudi sur les allégations de corruption contre Strache provenant d’une vidéo qui a fait surface en 2017 dans laquelle il semble négocier avec une femme russe pour qu’elle soutienne sa candidature aux élections en coulisses. Cette révélation lui avait valu l’expulsion de son parti.

Strache a créé son propre parti, l’l’Alliance pour l’Autriche.

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