L’AP dénonce le « raciste » Liberman pour « incitation » contre Abbas
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L’AP dénonce le « raciste » Liberman pour « incitation » contre Abbas

Les Palestiniens s'en prennent aussi à Nikki Haley à propos d'un projet visant à punir les pays qui votent contre les politiques américaines

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman arrive à la conférence gouvernementale hebdomadaire au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 11 mars 2018 (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman arrive à la conférence gouvernementale hebdomadaire au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 11 mars 2018 (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool)

L’Autorité palestinienne a accusé dimanche le ministre de la Défense Avigdor Liberman de mener une « campagne frénétique d’incitation » contre le président de l’AP Mahmoud Abbas.

En réponse à l’affirmation de Liberman selon laquelle Abbas essayait de pousser Israël dans une guerre avec le groupe terroriste du Hamas, l’AP a accusé le ministre de la Défense de « promouvoir l’extrémisme, le racisme et la terreur ».

L’AP s’en prend également à l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies, Nikki Haley, qui voudrait punir les pays qui votent contre les politiques américaines.

Dans une interview accordée à Hadashot samedi, Liberman a déclaré : « Ce qui ressort particulièrement, c’est la tentative d’Abou Mazen (Abbas) de détériorer la situation [sécuritaire] et de mettre Israël en conflit avec le Hamas.

Dans une interview accordée à Hadashot samedi, Liberman a déclaré : « Ce qui ressort particulièrement, c’est la tentative d’Abou Mazen (Abbas) de détériorer la situation [sécuritaire] et de faire entrer Israël en conflit avec le Hamas.

Liberman a déclaré qu’Abbas avait décidé d’utiliser l’attentat à la bombe contre le convoi du Premier ministre de l’AP Rami Hamdallah dans la bande de Gaza la semaine dernière comme excuse pour couper tout financement au Hamas.

« Nous voyons les efforts d’Abu Mazen pour provoquer un conflit », a dit M. Liberman. « Il essaie de causer une détérioration à partir du moment où il arrête tous les paiements, et les services humanitaires comme l’eau et la santé. »

Le dirigeant de l’AP, Mahmoud Abbas, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies concernant les problèmes au Moyen-Orient, au siège de l’ONU, le 20 février 2018, à New York (Drew Angerer / Getty Images / AFP)

Le ministère de l’Information de l’AP a déclaré que Liberman cherchait à éluder « les droits politiques et les droits nationaux de notre peuple ». Il a qualifié Liberman de « ministre de l’armée d’occupation ».

« Liberman ne perd aucune occasion de montrer son racisme et d’exprimer sa haine à tout ce qui est palestinien », a déclaré le ministère palestinien dans un communiqué.

Fayez Abu Aitah, ministre de l’Information par intérim, a accusé Liberman de « mentir et de monter un spectacle bon marché ». Liberman, a-t-il accusé, soutient « les lois racistes noires et promeut l’extrémisme, le racisme et la terreur dans un pays qui prétend être la seule démocratie du Moyen-Orient ».

Par ailleurs, le ministère des Affaires étrangères de l’AP a condamné Nikki Haley pour sa proposition de punir les pays qui votent contre la politique américaine.

Selon un rapport sur la politique étrangère, une note interne confidentielle rédigée par le personnel de Haley propose une « réévaluation radicale de l’aide étrangère américaine en vue de punir des dizaines de pays pauvres qui votent contre les politiques américaines » à l’ONU.

« La mission américaine auprès de l’ONU est d’avis que toute l’aide étrangère américaine devrait être réévaluée afin de s’assurer que l’argent des contribuables est dépensé pour promouvoir les intérêts des États-Unis et non pour financer des programmes étrangers qui n’offrent que peu ou pas de retour sur investissement », selon la note de service, qui a été examinée par le ministère des Affaires étrangères.

« Cette proposition est une escalade dangereuse des agressions de l’Etat d’occupation et de ses alliés au sein de l’administration américaine sur les droits nationaux légitimes des Palestiniens », a accusé le ministère des Affaires étrangères de l’AP.

La proposition aura « des répercussions dangereuses sur les relations politiques, diplomatiques et humanitaires entre les pays », a-t-il averti.

Le ministère de l’AP a également averti que « la partialité américaine illimitée en faveur de l’occupation et de ses politiques détruira toute chance de parvenir à la paix », et a appelé tous les pays à rejeter les politiques américaines de « chantage, de sanctions et de diktats ».

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