L’AP dénonce une politique israélienne présumée du « tirer pour tuer »
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L’AP dénonce une politique israélienne présumée du « tirer pour tuer »

L'envoyé de l'Autorité palestinienne à l'ONU a affirmé que Jérusalem réclame la protection de l'ONU suite aux manifestations à Gaza

Des manifestants palestiniens face au gaz lacrymogène tiré par les forces de sécurité israéliennes lors d'affrontements à la suite d'une manifestation commémorant le Jour de la Terre, près de la frontière avec Israël, à l'est de Gaza le 30 mars 2018. (Mahmud Hams / AFP)
Des manifestants palestiniens face au gaz lacrymogène tiré par les forces de sécurité israéliennes lors d'affrontements à la suite d'une manifestation commémorant le Jour de la Terre, près de la frontière avec Israël, à l'est de Gaza le 30 mars 2018. (Mahmud Hams / AFP)

L’ambassadeur palestinien aux Nations unies a demandé au Conseil de sécurité la protection internationale immédiate des manifestants palestiniens suite aux affrontements meurtriers survenus le long de la frontière entre Israël et Gaza, la semaine dernière.

L’ambassadeur de l’Autorité palestinienne Riyad Mansour a affirmé dans sa lettre au conseil, mardi, qu’Israël avait adopté une politique du « tirer pour tuer » au cours de ce qu’il a qualifié de manifestation pacifique.

Riyad Mansour a ajouté que Ramallah soutenait avec force l’appel lancé par le secrétaire-général Antonio Guterres d’une enquête indépendante sur les morts.

Il a accusé Israël d’avoir volontairement enfreint la loi internationale et de contrevenir « intentionnellement, largement et systématiquement » à son obligation légale de protéger les civils.

Vendredi, ce sont environ 30 000 Palestiniens qui ont participé à des affrontements le long de la frontière avec Gaza. Les émeutiers ont jeté des pierres et des grenades incendiaires sur les soldats israéliens de l’autre côté de la frontière, ont fait brûler des pneus et ont cherché à ouvrir des brèches et à endommager la barrière de sécurité, ouvrant le feu à une occasion sur les militaires israéliens.

L’envoyé palestinien à l’ONU, Riyad Mansour, au Conseil de sécurité de l’ONU, 8 décembre 2017 (Crédit : Nations unies)

Le ministère de la Santé de Gaza, avec à sa tête le Hamas, a fait savoir que 16 Palestiniens avaient été tués dans des affrontements conséquents avec l’armée israélienne.

L’armée israélienne a identifié samedi 10 des personnes mortes lors des affrontements comme appartenant à des groupes terroristes, notamment au Hamas. Le Hamas, un groupe terroriste islamiste qui cherche ouvertement à détruire Israël, avait antérieurement reconnu que cinq des victimes faisaient partie de son organisation. Le Jihad islamique a revendiqué plus tard une 11ème victime.

Le Conseil de sécurité a tenu une séance à huis clos vendredi soir pour discuter des affrontements le long de la frontière entre Gaza et Israël, malgré la demande des États-Unis et d’Israël de reporter les délibérations de samedi, en raison de la fête de la Pâque.

Le Koweït, qui représente les pays arabes au Conseil, a soumis le projet de déclaration, qui appelle à une « enquête indépendante et transparente » sur les violences.

Le projet de résolution exprimait également une « grave inquiétude face à la situation sur la frontière ». Et il réaffirmait « le droit à manifester pacifiquement », faisant part du chagrin du conseil « devant les pertes de vies palestiniennes innocentes ».

Samedi, les Etats-Unis ont bloqué la résolution, s’attirant les foudres du gouvernement de l’AP.

Yusef al Mahmoud, porte-parole du gouvernement de l’AP à Ramallah, a déclaré que l’opposition de Washington à la résolution condamnant Israël l’avait rendu « complice du massacre horrible commis par l’armée de l’occupation israélienne contre notre population sans défense ».

Mais les responsables israéliens ont généralement rejeté les critiques internationales de sa gestion des manifestants. Mardi, le ministre de la Défense Avigdor Liberman a déclaré qu’Israël ne changerait pas ses politiques envers les émeutiers palestiniens le long de la frontière avec Gaza.

« Nous avons établi des règles du jeu claires et nous n’avons pas l’intention de les changer. Quiconque s’approche de la clôture met sa vie en péril et je recommanderai aux habitants de Gaza de diriger leurs efforts non pas vers des manifestations contre Israël mais en faveur du changement de régime au sein de la bande », a expliqué Liberman durant une tournée des communautés israélienne aux abords de l’enclave côtière.

« Je pense que [l’armée israélienne] a opéré de manière particulièrement bonne, conformément à ce qu’on attendait d’elle, et je n’ai aucun doute sur le fait que nous continuerons à agir de la même manière lors des jours à venir », a-t-il ajouté.

S’exprimant devant les leaders locaux et les chefs sécuritaires des communautés, le ministre de la Défense a soutenu les actions de l’armée.

« Il faut comprendre que la majorité des personnes qui ont été tuées étaient des terroristes que nous connaissons bien, des membres de l’aile militaire du Hamas ainsi que du Jihad islamique palestinien. Ce n’était pas des civils innocents venus dans le cadre d’une manifestation de civils », a-t-il affirmé.

Le ministre de la Défense a attribué la responsabilité exclusive des événements de vendredi au Hamas.

« Nous n’avons initié aucune provocation contre les habitants de Gaza. Nous protégeons nos résidents », a-t-il dit.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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