Lapid critique les négociations de coalition, de la politique politicienne selon lui
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Lapid critique les négociations de coalition, de la politique politicienne selon lui

A Washington, le chef du parti Yesh Atid trace un parallèle entre la politique en Israël et aux Etats-Unis, disant que les dirigeants font passer leur intérêt avant celui du peuple

Yaïr Lapid, le 27 juillet 2015 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Yaïr Lapid, le 27 juillet 2015 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

WASHINGTON – Le politicien d’opposition israélien et ancien ministre Yair Lapid a fustigé les discussions sans dessus-dessous sur la coalition en Israël, qui sont selon lui basées sur l’intérêt des politiciens plutôt que sur une idéologie, les comparant mercredi à la politique politicienne américaine.

S’exprimant devant la Fondation pour la défense des démocraties, une organisation de droite, Lapid a lié l’accord négocié entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman dans le cadre d’une tendance mondiale qui comprend aussi les montagnes russes politiques du cycle d’élection présidentielle américain, qui favorisent la préservation personnelle sur l’intérêt général.

« La politique est aujourd’hui folle, dans le monde entier, et je pense que les peuples sont aujourd’hui inquiets que leurs politiciens et la politique ne se préoccupent que d’eux-mêmes et de leurs intérêts et de ce qu’ils veulent réussir pour eux-mêmes, leurs amis, et les personnes du parti, au lieu du pays et des citoyens et de la bonne volonté du peuple », a déclaré mercredi matin le chef du parti Yesh Atid au public, peu après la publication des informations sur les négociations entre Liberman et Netanyahu.

Les négociations entre le parti dirigeant, le Likud, et Yisrael Beytenu sont apparues comme une surprise au moment où les discussions entre Netanyahu et Isaac Herzog, de l’Union sioniste, se sont arrêtées. Après le discours de Lapid, il a été publié que Liberman avait accepté le poste de ministre de la Défense, proposé par Netanyahu.

Avigdor Liberman (à gauche) et Benjamin Netanyahu (à droite) (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Avigdor Liberman (à gauche) et Benjamin Netanyahu (à droite) (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Ce que vous voyez à présent en Israël est le spectacle honteux de politiciens qui prennent soin d’eux-mêmes au lieu de ce qu’ils devraient faire, prendre soin du pays », s’est plaint Lapid, qui était pendant son premier mandat ministre des Finances d’un gouvernement de coalition dirigé par Netanyahu. « C’est pour ça que nous n’y participons pas. »

Lapid a déclaré que « ce n’est pas un secret que l’on m’a proposé plus d’une fois de faire partie de cette coalition mais j’ai promis aux personnes qui ont voté pour nous que ce n’était pas le chemin que nous allions prendre et je prends mes paroles au sérieux, et donc nous n’y participons pas. »

« Je souhaite que la politique israélienne soit plus concentrée sur le peuple d’Israël », a déploré Lapid pendant une conversation publique avec Jonathan Schanzer, de la Fondation pour la défense des démocraties.

Le chef de Yesh Atid a déclaré que pendant qu’il était à Washington, il avait rencontré des démocrates au Capitole pour discuter de ce qu’il a décrit comme « le besoin de réhabiliter les relations entre le parti démocrate et Israël. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant le Congrès des Etats-Unis, à Washington, le 3 mars 2015. (Crédit : Amos Ben Gershom/Flash90/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant le Congrès des Etats-Unis, à Washington, le 3 mars 2015. (Crédit : Amos Ben Gershom/Flash90/GPO)

Les relations entre le parti du président américain Barack Obama et le gouvernement israélien actuel ont atteint un point bas en 2015, quand beaucoup de démocrates de la Chambre ont boycotté le discours de Netanyahu devant le Congrès.

Il a déclaré avoir aussi rencontré d’importants républicains pro-Israël, dont les sénateurs Lindsay Graham et John McCain.

Les relations israélo-américaines ont aussi été un sujet central de la conversation avec les républicains, a dit Lapid.

« Israël devrait exprimer plus souvent sa gratitude. C’est important. Avoir la seule superpuissance du monde comme allié et ami le plus proche, c’est une bénédiction, a déclaré Lapid. Nous devons être heureux et respectueux et en même temps dire ce que nous avons à dire. Personne ne va nous contrôler de loin. »

Il a souligné qu’il n’a pas voulu critiquer le Premier ministre depuis l’étranger, mais il a déclaré qu’« à des moments comme celui-ci où tous les intérêts sont réexaminés, vous devez être plus flexible » sur les déclarations et les politiques. « L’une des clés d’un monde globalisé est la capacité de communiquer avec l’administration américaine », a-t-il ajouté.

Lapid, qui utilise fréquemment des plateformes à l’étranger pour parler de son idée d’un sommet régional sur la paix pour relancer les négociations, a diminué l’importance de l’initiative française pour essayer de trouver une résolution au conflit israélo-palestinien, rejoignant Netanyahu dans son opposition à la conférence.

« Personne ne comprend vraiment ce que veulent les Français à présent, a souligné Lapid. Ils ont probablement de bonnes intentions. »

Lapid, qui a dit que pendant qu’il était à Washington cette semaine, il avait rencontré des membres de l’administration Obama, a déclaré qu’il n’était « pas certain qu’ils en sachent assez » pour assurer leur position sur l’initiative française.

Le secrétaire d’Etat John Kerry, a-t-il affirmé, « n’a pas dit qu’il voulait être impliqué. Il a déclaré qu’il pourrait venir. Il y a une différence. »

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