L’armée libanaise disperse une manifestation de solidarité palestinienne
Rechercher

L’armée libanaise disperse une manifestation de solidarité palestinienne

Les soldats auraient affronté des douzaines de manifestants à proximité de la frontière avant qu'ils atteignent la clôture les séparant de la ville israélienne d'Avivim

Des manifestants se réunissent le long de la frontière syrienne avec Israël avant de tenter de couper une ligne de fils barbelés et d'entrer sur le plateau du Golan israélien, une photo prise depuis le village druze de  Majdal Shams, 
 le 5 juin 2011 (Crédit : Flash90)
Des manifestants se réunissent le long de la frontière syrienne avec Israël avant de tenter de couper une ligne de fils barbelés et d'entrer sur le plateau du Golan israélien, une photo prise depuis le village druze de Majdal Shams, le 5 juin 2011 (Crédit : Flash90)

Les forces armées libanaises ont dispersé des douzaines de manifestants pro-palestiniens qui se dirigeaient vers la frontière du nord d’Israël dans la journée de vendredi en solidarité avec le mouvement de protestation de la « marche du retour » qui se déroule dans la bande de Gaza.

Brandissant des drapeaux palestiniens, les manifestants ont avancé vers la clôture frontalière située à proximité de la ville israélienne d’Avivim.

Les soldats libanais sont parvenus à les disperser aux abords du village de Maroun al Ras, environ deux kilomètres avant qu’ils n’atteignent la frontière, a rapporté la Dixième chaîne israélienne.

La chaîne d’information a ajouté que des affrontements mineurs avaient eu lieu.

Un compte arabe sur les réseaux sociaux a posté des images de soldats dispersant les manifestants, l’un après l’autre.

Le lancement de ces manifestations a eu lieu alors que les Palestiniens célébraient la journée de la Terre, commémorant le meurtre de six manifestants non-armés en Israël en 1976. Ce jour est souvent l’occasion de manifestations et autres événements organisés par les Palestiniens dans la région.

En 2011, des Palestiniens au Liban avaient marché sur la frontière dans le même secteur, entraînant des échauffourées qui avaient fait dix morts alors que des incidents similaires avaient eu lieu sur les frontières syrienne et gazaouie. Israël craint la répétition de ces affrontements pendant la journée de la Nakba, cette année, qui tombera à la mi-mai, alors que les violences d’ores et déjà meurtrières de vendredi à Gaza laissent présager la possibilité de nouveaux importants débordements.

Plus de 30 000 Palestiniens ont participé vendredi à ce mouvement de protestation dans toute la bande de Gaza qui a été collectivement intitulé la « marche du retour », avec des manifestations qui devraient durer six semaines jusqu’à la journée de la Nakba, le 15 mai.

Au moins 16 personnes ont été tuées et 1 400 autres ont été blessées lors de l’une des journées les plus sanglantes depuis la guerre de Gaza en 2014, ont fait savoir les responsables palestiniens, qui ont ainsi donné le coup d’envoi d’une campagne de six semaines de sit-ins massifs et de manifestations violentes le long de la frontière, qui visent à souligner la demande des Palestiniens déracinés et de leurs descendants de « revenir » sur les territoires qui forment aujourd’hui Israël.

Vendredi soir, les leaders de Gaza ont appelé les manifestants à se retirer de la zone frontalière jusqu’à samedi.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a déclaré que samedi était un jour de deuil en mémoire des personnes décédées.

L’armée israélienne a expliqué que certains manifestants avaient jeté des cocktails molotov et des pierres aux soldats en plus de lancer des pneus enflammés en leur direction.

Le porte-parole de l’armée israélienne Ronen Manelis a expliqué que l’armée a dû affronter une « manifestation terroriste violente en six points » le long de la clôture. Il a expliqué que l’armée israélienne avait fait usage de « tirs chirurgicaux » à chaque fois que des protestataires ont tenté de franchir la barrière de sécurité ou de l’endommager.

« Toutes les victimes étaient âgées de 18 à 30 ans, plusieurs d’entre elles étaient connues de nos services, et au moins deux étaient membres des forces de commando du Hamas », a-t-il précisé en fin d’après-midi.

Les violences ont paru disparaître après le crépuscule mais l’armée a indiqué qu’elle restait en état d’alerte élevé, craignant des attaques persistantes, notamment des tentatives d’infiltration sur le territoire israélien et des tirs de roquette. Des tanks et des avions chasseurs ont bombardé des sites appartenant au Hamas en fin de soirée après que deux Gazaouis ont ouvert le feu sur des militaires, a ajouté l’armée.

« Cette grave attaque à l’arme à feu est une preuve supplémentaire de ce que les organisations terroristes de la bande de Gaza utilisent ces émeutes violentes pour camoufler des attentats », a fait savoir l’armée israélienne dans un communiqué, quelques heures après qu’un général a expliqué que les terroristes utilisaient ces mouvements de protestations pour couvrir leurs actions d’agression.

Les Palestiniens ont accusé Israël d’utiliser la force de manière disproportionnée, comme l’a fait également la Turquie.

Tandis que le Fatah a soutenu le mouvement de protestation – des manifestations bien plus modestes ont eu lieu en Cisjordanie – c’est le Hamas qui en a été l’organisateur, aux côtés de plusieurs autres groupes terroristes palestiniens.

L’armée a fait savoir qu’elle tenait le Hamas pour responsable de toutes les violences survenues aux abords de la clôture de sécurité avec Gaza durant les manifestations, et mis en garde contre les éventuelles « conséquences » en découlant.

Lors des pourparlers de paix antérieurs, les Palestiniens ont toujours demandé, avec la souveraineté en Cisjordanie, à Gaza, à Jérusalem-est et dans la Vieille Ville, un « droit au retour » en Israël pour les Palestiniens qui avaient quitté ou avaient été dans l’obligation de quitter l’Etat juif lors de sa fondation. Les Palestiniens ne demandent pas seulement l’exercice de ce droit pour les centaines de milliers de réfugiés encore en vie – un chiffre qui atteindrait des dizaines de milliers de personnes – mais également pour leurs descendants, qui sont des millions.

Aucun gouvernement israélien ne pourrait probablement accepter cette demande puisqu’elle signerait la fin d’Israël en tant qu’Etat à majorité juive. Le positionnement israélien est que les réfugiés palestiniens et leurs descendants pourraient devenir les citoyens d’un Etat palestinien à l’apogée du processus de paix, comme cela avait été le cas des Juifs contraints à fuir les pays du Moyen-Orient en raison de gouvernements hostiles qui sont devenus par la suite des ressortissants israéliens.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...