L’artiste Leon Kossoff, qui peignait le Londres d’après-guerre, s’est éteint
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L’artiste Leon Kossoff, qui peignait le Londres d’après-guerre, s’est éteint

L'artiste britannique, né de parents immigrés juifs russes et vétéran de la Seconde Guerre mondiale, dépeignait des paysages urbains sombres et bruts

L'artiste britannique, Leon Kossoff. (Crédit : capture écran / YouTube)
L'artiste britannique, Leon Kossoff. (Crédit : capture écran / YouTube)

LONDRES — L’artiste britannique, Leon Kossoff, qui a peint sa ville de Londres dans toute sa splendeur maussade et imparfaite, s’est éteint jeudi à l’âge de 92 ans.

Annely Juda Fine Art, qui le représente, a fait savoir qu’il était décédé après une courte maladie. Une autre galerie de l’artiste, la LA Louver de Los Angeles, a également confirmé sa disparition.

Né à Londres en 1926 d’immigrés juifs russes, Leon Kossoff a grandi dans le quartier difficile d’East End et servi dans l’armée pendant la Seconde Guerre mondiale, avant d’étudier à la St. Martin’s School of Art.

Il est considéré comme appartenant à « l’école de Londres », un groupe d’artistes d’après-guerre — aux côtés de Francis Bacon, Lucian Freud et Frank Auerbach — qui s’est illustré dans la peinture figurative en dépit des changements de mode artistique.

Inspiré par les Vieux Maîtres, Leon Kossoff peignait des portraits d’amis et de membres de sa famille, mais est plus connu pour ses paysages urbains d’un Londres brute, défiguré par la guerre. Les rues, les églises, les piscines, les stations de métro et les ponts ferrés étaient tous dépeints dans des peintures à l’huile sombres. Il peignait souvent toute la journée, puis grattait presque tout par frustration, reproduisant ce schéma jour après jour.

Annely Juda a déclaré dans un communiqué que l’artiste « voyait de la beauté dans tout et tout le monde ».

« Sa mort nous ôte l’un des plus grands peintres britanniques, mais son œuvre nous rappelle le pouvoir éternel de la peinture de saisir le monde dans lequel nous vivons », a commenté la galerie.

Un tableau de l’artiste britannique, Leon Kossoff, qui peignait sa ville de Londres dans toute sa splendeur maussade. Il s’est éteint le 4 juillet 2019, à l’âge de 92 ans. (Crédit : Annely Juda Fine Art via AP)

Bien qu’il n’ait jamais eu la renommée de Bacon ou Freud, les œuvres de Leon Kossoff se sont vendues des centaines de milliers d’euros et plus. L’année dernière, son tableau de 1971 représentant la gare londonienne de Willesden Junction est ainsi partie pour 1,39 million de livres sterling (1,5 million d’euros) lors d’une vente aux enchères chez Christie’s.

Le peintre a représenté la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise en 1995 et a bénéficié d’une grande exposition, l’année suivante, à la Tate Gallery de Londres. Son œuvre a été exposée dans le monde entier, y compris à la National Gallery de la capitale britannique et au Museum of Modern Art de New York. Il était membre honoraire de l’American Academy of Arts and Letters.

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