L’avantage militaire en péril alors que les armes inondent la région, prévient un général
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L’avantage militaire en péril alors que les armes inondent la région, prévient un général

La supériorité aérienne d’Israël contrôle les menaces, mais cela pourrait changer en pleine course aux armements au Moyen Orient, dit le chef de l’armée de l’air

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le général Tal Kalman, chef de l'armée de l'air israélienne, pendant la conférence annuelle de l'institut Fischer sur les études stratégiques aériennes et spatiales , au Hilton de Tel Aviv le 3 avril 2016. (Crédit : institut FIscher)
Le général Tal Kalman, chef de l'armée de l'air israélienne, pendant la conférence annuelle de l'institut Fischer sur les études stratégiques aériennes et spatiales , au Hilton de Tel Aviv le 3 avril 2016. (Crédit : institut FIscher)

Un haut général de l’armée de l’air israélienne a prévenu qu’Israël pourrait perdre son avantage militaire en pleine course croissante aux armements au Moyen Orient, pendant une conférence dimanche à tel Aviv.

Le général Tal Kalman, chef d’Etat major de l’armée de l’air, a prévenu que les armes inondant la région pourraient modifier l’équilibre des pouvoirs au détriment d’Israël, pointant l’hégémonie iranienne croissante sans pour autant nommer le pays.

« Il y a un potentiel pour une érosion de l’avantage qualitatif de l’armée israélienne et de l’armée de l’air », a déclaré Kalman, faisant allusion à l’engagement américain visant à faire en sorte qu’Israël soit mieux équipé militairement que ses voisins.

Kalman a qualifié la force aérienne de « figure centrale et dominante » dans la défense réussie d’Israël contre les menaces qu’il affronte, mais a prévenu que cela pourrait changer.

« Les armes occidentales et orientales sophistiquées sont entrées dans l’équation et ont été reçues par les pays nous entourant », a-t-il déclaré, faisant référence aux équipements militaires en provenance d’Europe et des Etats-Unis, ainsi que de Chine.

« Les avions de combat, les missiles balistiques et les missiles sophistiqués sol-air. Une course aux armements, avec de l’instabilité, a créé un grand danger », a-t-il déclaré, faisant allusion à l’Iran et à certains groupes extrémistes islamiques, mais sans en nommer aucun.

Depuis la signature de l’accord nucléaire par l’Iran et la levée des sanctions économiques sur la République islamique, Téhéran a travaillé à acquérir un équipement militaire, y compris un système de défense anti-aérien S-300 de la Russie, quelque chose auquel Israël s’est fortement opposé.

Malgré le retrait de la Russie de Syrie, le système plus sophistiqué S-400, ainsi que d’autres pièces d’équipement militaire russe, resteront dans le pays déchiré par la guerre, selon les médias russes.

Alors que Kalman a déclaré que l’accord nucléaire iranien servait à retarder la menace d’une annihilation nucléaire par Téhéran, il a souligné que la guerre conventionnelle avec les groupes financés par la république islamique était une menace plus présente que jamais.

« L’accord nucléaire a repoussé la menace nucléaire, mais [‘Iran] fournit la plupart des ressources et des armes qui sont données aux organisations travaillant contre l’Etat d’Israël, a déclaré Kalman. A mon avis, cette menace sera avec nous pendant la prochaine décennie au moins. »

Un haut grade de l’armée de l’air cite par Defense News la semaine dernière avait déclaré que la Russie avait simplement déplacé sa puissance aérienne en Syrie sans se retirer de manière significative.

Les remarques du général interviennent pendant les négociations avec les Etats-Unis pour une aide militaire sur 10 ans, et Israël aurait demandé une aide supplémentaire de Etats-Unis débutant en 2018.

Israël reçoit actuellement environ 3 milliards de dollars par an des Etats-Unis, mais quand l’aide actuelle s’arrêtera en 2017, Israël aurait demandé que le montant soit accru à 5 millions de dollars annuels afin de maintenir un avantage militaire qualitatif sur ses ennemis.

Cette demande de 5 milliards annuels aurait été refusée, avaient déclaré des sources américaines à Reuters en fin d’année dernière. Cependant, les négociations entre Jérusalem et Washington sur l’aide sont toujours en cours.

Le général, un ancien pilote de combat, a décrit le Moyen Orient comme « grouillant et éclatant », prévenant que beaucoup des développements de la région ont été « inattendus ».

« L’ennemi d’aujourd’hui est l’ami de demain, et l’ami d’aujourd’hui est l’ennemi de demain », a déclaré Kalman.

Le général s’exprimait dimanche pendant la conférence annuelle de l’institut Fisher pour les études stratégiques aériennes et spatiales, à l’hôtel Hilton de Tel Aviv.

L’avion de combat F-35, un avion furtif de cinquième génération récemment déployé par les Etats-Unis, était au centre de la conférence de cette année.

Un avion de chasse américain F-35 lors d'un vol d'essai. (Crédit : US Navy / Wikimedia Commons)
Un avion de chasse américain F-35 lors d’un vol d’essai. (Crédit : US Navy / Wikimedia Commons)

Kalman a rendu hommage à l’avion de pointe, qui devrait arriver en Israël en décembre 2016.

« Cet avion est mieux que les autres avions sur le marché et son prix est inférieur à celui de certains autres avions disponibles », a-t-il déclaré.

« Le coût de l’avion [environ 100 millions de dollars par appareil] est descendu et sa maintenance est bon marché et deviendra encore moins chère avec le temps », a-t-il déclaré, répondant aux critiques sur le haut coût de la plateforme.

« Le logiciel de l’avion, qui est toujours en développement, est un bond en avant depuis les avions actuels », a déclaré Kalman.

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