Le Centre Simon Wiesenthal exhorte l’ONU à annuler la conférence de Durban
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Le Centre Simon Wiesenthal exhorte l’ONU à annuler la conférence de Durban

La Conférence contre le racisme a eu des relents antisémites dans le passé ; le rabbin Abraham Cooper dit à Antonio Guterres qu'il est temps "d'enterrer Durban"

Le rabbin Abraham Cooper du Centre Simon Wiesenthal, au centre, s'exprime devant des responsables confessionnels aux abords de la mairie de Los Angeles, le 20 mai 2021. (Crédit :  AP Photo/Marcio Jose Sanchez)
Le rabbin Abraham Cooper du Centre Simon Wiesenthal, au centre, s'exprime devant des responsables confessionnels aux abords de la mairie de Los Angeles, le 20 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Marcio Jose Sanchez)

Le Centre Simon Wiesenthal a vivement recommandé vendredi au secrétaire-général des Nations unies, Antonio Guterres, d’enterrer la prochaine conférence de Durban contre le racisme, soulignant que les précédentes avaient « dégénéré en festival antisémite ».

« Avec un antisémitisme qui fait rage aujourd’hui, il est largement temps que l’ONU enterre enfin la conférence de Durban, que l’organisation cesse de la célébrer », a déclaré le rabbin de l’organisation, Abraham Cooper.

Les rencontres de suivi de la Conférence de Durban – elle porte le nom de la ville sud-africaine qui avait accueilli le rassemblement lors de sa première édition, en 2001 – doivent avoir lieu en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, au mois de septembre prochain.

L’événement reste néanmoins controversé depuis sa création. Ses critiques, avec Israël à leur tête, accusent la toute première conférence de Durban d’avoir été le théâtre d’un antisémitisme virulent et non dissimulé.

« En tant que porte-parole des groupes juifs à Durban, en 2011, et en compagnie des membres juifs de ma délégation, nous avons été les cibles de violences verbales et d’agressions physiques », a noté Cooper.

« Il est scandaleux qu’il y ait une tentative de ressusciter les mêmes ‘succès’ odieux dans les couloirs de l’Assemblée générale. Cela suffit ! » a-t-il ajouté.

Le secrétaire-général des Nations unies Antonio Guterres lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, suite à des discussions à Moscou, en Russie, le 12 mai 2021. (Crédit : Maxim Shemetov, Pool via AP)

Ce communiqué a été émis alors que le président français Emmanuel Macron a annoncé qu’il allait boycotter la conférence, inquiet face aux « déclarations antisémites » qui avaient pu être faites lors des précédentes éditions. La France et plusieurs autres pays avaient déjà boycotté des rencontres de suivi en 2009 et en 2011.

Les États-Unis, le Canada, l’Australie, Israël et de nombreux autres pays européens ont d’ores et déjà fait savoir qu’ils n’assisteraient pas à la rencontre qui est prévue cette année.

La toute première conférence de Durban – elle est prévue du 31 août au 8 septembre 2021, quelques jours avant la date-anniversaire des attentats du 11 septembre – avait été marquée par des divisions profondes sur les problématiques de l’antisémitisme, du colonialisme et de l’esclavage.

Les pays occidentaux estiment que les critiques d’Israël et du contrôle militaire israélien sur les territoires revendiqués par les Palestiniens pour y établir leur état dégénèrent souvent en expression ouverte de haine anti-juive.

Les États-Unis et Israël avaient quitté la conférence en signe de protestation contre la tonalité de la rencontre, notamment en raison d’une initiative visant à condamner le sionisme dans le texte de conclusion de la conférence.

Le mois dernier, le président Isaac Herzog a déclaré que la conférence qui s’annonce sera « un rassemblement de haine et de diffamation, un événement antisémite dans le pire sens du terme ».

Herzog a appelé les pays et les organisations à se rassembler en passant à l’action « de manière décisive, unanime et sans crainte » contre la Conférence Durban IV de manière à garantir qu’elle n’aurait pas lieu.

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