Le chef du CENTCOM en visite rencontre les hauts gradés de Tsahal
Witkoff et Kushner vont s'entretenir avec le Premier ministre ; un haut responsable iranien déclare un "état d'alerte maximale" alors que l'Iran se prépare à une possible attaque US et menace de riposter
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Le commandant du Commandement central des États-Unis, l’amiral Brad Cooper, se trouvait en Israël samedi afin de rencontrer des hauts responsables, a appris le Times of Israel, alors que le président américain Donald Trump a fait savoir qu’il se réservait la possibilité de mener des frappes contre l’Iran dans le contexte de la répression des manifestations.
Cooper s’est entretenu avec le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, au quartier général militaire de la Kirya, à Tel Aviv. Le chef des services de renseignement, le major-général Shlomi Binder et le chef des opérations, le major-général Itzik Cohen, ont également participé à une réunion avec les chefs militaires.
L’armée israélienne est en état d’alerte maximale. Elle a assuré sa préparation ces dernières semaines, après que Trump a menacé de lancer une action militaire contre l’Iran.
Les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner étaient également en Israël samedi pour rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahu, principalement pour évoquer la question de Gaza, ont rapporté à Reuters deux sources proches du dossier.
Trump, qui a menacé de mener une action militaire si l’Iran procédait à des exécutions massives de prisonniers ou tuait des manifestants pacifiques, a récemment fait marche arrière, affirmant que l’Iran avait suspendu les pendaisons de 800 manifestants arrêtés et emprisonnés. Il n’a toutefois pas précisé quelle était la source de cette affirmation, que le procureur général iranien a pour sa part qualifiée de « totalement fausse ».
Trump semble cependant garder toutes les options ouvertes, déclarant jeudi depuis Air Force One que sa menace d’intervention militaire – au cas où le gouvernement de Téhéran décidait d’exécuter des manifestants – ferait passer les frappes américaines qui avaient visé les sites nucléaires iraniens l’an dernier pour « des broutilles ».
Il a par ailleurs annoncé qu’une « armada » américaine était en route vers l’Iran, comprenant un aérien embarqué et ses milliers de soldats, précisant toutefois qu’il espérait ne pas avoir à à recourir.
Le porte-avions USS Abraham Lincoln et les trois destroyers qui l’accompagnent ont quitté la mer de Chine méridionale en direction de l’ouest en début de semaine, a indiqué un responsable de la marine américaine, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat pour aborder le sujet des mouvements militaires, ajoutant ainsi vendredi que le porte-avions Lincoln se trouvait dans l’océan Indien.
D’après une source officielle citée par Fox News, le porte-avions n’a pas encore rejoint la sphère de commandement du CENTCOM et ne devrait pas se trouver à portée de frappe de l’Iran avant plusieurs jours, voire une semaine.
À leur arrivée dans la région, ces navires de guerre rejoindront trois navires de combat en zone littorale (LCS), qui se trouvaient vendredi dans le port de Bahreïn, ainsi que deux autres destroyers de la marine américaine, qui naviguaient dans le golfe Persique.
L’arrivée du porte-avions augmenterait les effectifs de quelque 5 700 militaires supplémentaires. Les États-Unis disposent de plusieurs bases au Moyen-Orient, notamment la base aérienne d’Al Udeid, au Qatar, qui accueille des milliers de soldats américains et sert de quartier général avancé au Commandement central des États-Unis.
Le Commandement central a annoncé sur les réseaux sociaux que l’avion de combat F-15E Strike Eagle de l’armée de l’air américaine était désormais présent au Moyen-Orient, soulignant que cet avion de chasse « renforce la préparation au combat et favorise la sécurité et la stabilité régionales ».
Par ailleurs, le ministère britannique de la Défense a déclaré jeudi avoir déployé ses avions de combat Typhoon au Qatar « à des fins défensives ».
Les données de suivi des vols analysées ont révélé que des dizaines d’avions cargo militaires américains se dirigeaient également vers la région.
Cette activité est similaire à celle observée l’an dernier, lorsque les États-Unis ont déployé du matériel de défense aérienne, notamment le système de missiles Patriot, en prévision d’une riposte iranienne après le bombardement de trois sites nucléaires clés en juin, pendant la guerre entre Israël et l’Iran. L’Iran a tiré plus d’une dizaine de missiles sur la base aérienne d’Al Udeid quelques jours après les frappes.
« Tout est en état d’alerte maximale en Iran »
Vendredi, alors que le porte-avions et les autres moyens militaires américains sont attendus au Moyen-Orient dans les prochains jours, un haut responsable iranien a affirmé que l’Iran considérerait toute attaque « comme une déclaration de guerre totale contre nous ».
« Nous espérons que ce renforcement militaire n’est pas destiné à une véritable confrontation, mais notre armée est prête à faire face au pire scénario. C’est pourquoi tout est en état d’alerte maximale en Iran », a souligné ce haut responsable iranien, s’exprimant sous couvert d’anonymat.
« Cette fois-ci, nous considérerons toute attaque — limitée, illimitée, chirurgicale, cinétique, quel que soit son nom — comme une déclaration de guerre totale contre nous. Nous riposterons aussi durement que possible pour régler cette affaire », a ajouté le responsable.
« Si les Américains violent la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Iran, nous riposterons », a poursuivi le responsable iranien, qui a toutefois a refusé de préciser quelle pourrait être la nature de cette riposte.
« Un pays soumis à une menace militaire constante de la part des États-Unis n’a aucun autre choix que de s’assurer que tous les moyens à sa disposition peuvent être utilisés pour repousser et, si possible, pour rétablir l’équilibre, contre quiconque ose s’en prendre à lui », a indiqué le responsable.
Vendredi, par ailleurs, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a affirmé que différents signes indiquaient qu’Israël cherchait encore une occasion d’attaquer l’Iran, avertissant qu’une telle initiative pourrait déstabiliser davantage la région.
« J’espère qu’ils trouveront une autre voie. Mais la réalité est qu’Israël, en particulier, cherche une occasion de frapper l’Iran », a insisté Fidan lors d’une interview télévisée.
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