Le Hamas veut répondre à la « stupidité » israélienne après la mort de 4 émeutiers
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Le Hamas veut répondre à la « stupidité » israélienne après la mort de 4 émeutiers

Le Jihad islamique menace d'une reprise de la lutte armée s'il y a davantage de morts.Pour l'ex-ministre de la Défense, les affrontements prouvent l'échec de la trêve

Des combattants palestiniens des brigades Ezzedine al-Qassam, aile militaire de l'organisation terroriste du Hamas, lors d'un rassemblement à Gaza  City le 16 décembre 2018 (Crédit :  Said Khatib/AFP)
Des combattants palestiniens des brigades Ezzedine al-Qassam, aile militaire de l'organisation terroriste du Hamas, lors d'un rassemblement à Gaza City le 16 décembre 2018 (Crédit : Said Khatib/AFP)

Les factions terroristes de la bande de Gaza ont laissé entendre samedi qu’il pourrait y avoir une riposte à la mort présumée de quatre Palestiniens lors des affrontements hebdomadaires à la frontière contre les soldats israéliens.

« Suite aux crimes commis hier par Israël contre des manifestants non-violents lors de la Marche du retour et qui ont entraîné la mort de quatre manifestants et des douzaines de blessés, le centre de commandement conjoint est actuellement en cours de consultations », ont fait savoir les ailes armées du Hamas, le Jihad islamique et d’autres groupes terroristes dans un communiqué.

« Le centre de commandement conjoint adoptera demain un positionnement clair concernant notre politique de riposte et les directives d’action face à la stupidité d’Israël et aux crimes contre notre peuple », ont-ils ajouté.

Un haut-responsable du groupe terroriste palestinien du Jihad islamique s’est montré plus précis, affirmant que le groupe reprendrait ses attaques contre Israël s’il devait y avoir encore des morts et que son groupe réservait des « surprises » à l’Etat juif.

L’armée israélienne a fait savoir qu’environ 8 000 Palestiniens se sont réunis vendredi le long de la frontière, faisant brûler des pneus et lançant des pierres et des dispositifs incendiaires aux soldats qui n’ont fait aucun blessé. Elle a indiqué que les militaires avaient ouvert le feu « conformément aux procédures d’opération ».

Un Palestinien utilise une fronde pour jeter des pierres pendant des émeutes près de la frontière avec Israël, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 21 décembre 2018 (Crédit : Said Khatib/AFP)

Trois Palestiniens, notamment un adolescent de 16 ans, auraient été tués. Le ministère de la Santé dirigé par le Hamas à Gaza a identifié le jeune homme, comme étant Mohammed al-Jahjuh et qui aurait été « frappé à la nuque par une balle tirée par les soldats israéliens ».

Abdelaziz Abu Sharia, 28 ans, et Naher Yasin, 40 ans, ont succombé à leurs blessures après avoir été touchés par des tirs dans deux incidents séparés survenus le long de la frontière lourdement fortifiée avec l’Etat juif, ont noté les responsables.

Un quatrième Palestinien n’a pas survécu après avoir été touché par des balles lors de la manifestation de vendredi, a fait savoir l’agence de presse palestinienne Safa dans la matinée de jeudi. Selon cette dernière, Ayman Munir Mohammed Shabir, 18 ans, a été blessé à l’abdomen durant des affrontements avec l’armée survenus à l’est du camp de réfugiés de Bureij qui se trouve dans le centre de la bande de Gaza.

Selon le ministère, il y a eu 46 autres blessés. Aucune victime ne serait à déplorer du côté israélien.

Les proches de Mohammed Jahjouh, un Palestinien de 16 ans, qui serait mort après avoir été touché par des balles israéliennes durant une manifestation à la frontière avec Israël, transportent son corps au domicile familial pendant ses funérailles à Gaza City, dans la bande de Gaza, le 22 décembre 2018 (Crédit : AP Photo/Khalil Hamra)

La radio militaire a annoncé que c’était les premiers décès survenus au cours des mouvements de protestation à Gaza depuis la mise en oeuvre d’un cessez-le-feu, le mois dernier.

L’ancien ministre de la Défense Avigdor Liberman a estimé que les échauffourées de vendredi prouvaient que l’accord de trêve conclu avec le Hamas – et qui a entraîné sa démission le mois dernier – est inefficace.

« L’arrangement avec le Hamas s’effondre », a écrit Liberman, à la tête du parti de droite Yisrael Beytenu, sur Facebook.

Il a accusé le gouvernement d’ignorer les violences sur la frontière avec Gaza et ajouté que le gouvernement payait « l’argent de la protection » au Hamas en permettant aux fonds qataris d’être distribués au personnel administratif du groupe terroriste dans la bande.

« Le Hamas continue à encourager les attaques et les émeutes le long de la barrière frontalière, à creuser des tunnels et à fabriquer des roquettes. Nous devons donc fermer ce guichet automatique que nous fournissons au Hamas et cesser de capituler devant le terrorisme », a expliqué Liberman.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman dirige une réunion de faction de son parti Yisrael Beytenu à la Knesset, le 18 juin 2018. (Miriam Alster/ Flash90)

Ce mouvement de protestation est survenu à l’issue de plusieurs semaines de calme relatif. Il y a eu néanmoins une recrudescence des attentats terroristes en Cisjordanie au cours des quinze derniers jours, dont certains ont été revendiqués par le Hamas. Groupe terroriste islamiste ayant pris le contrôle de Gaza des mains du parti du Fatah du chef de l’Autorité palestinienne, le Hamas cherche ouvertement à détruire Israël.

Dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir qu’il avait émis une mise en garde en direction du Hamas.

« J’ai transmis un message clair au Hamas – nous n’accepterons pas une situation de trêve à Gaza et de terrorisme en Judée et Samarie », a dit Netanyahu lors d’une réunion du cabinet, utilisant le nom biblique de la Cisjordanie.

Depuis le mois de mars, les Palestiniens organisent un mouvement de protestation intitulé la « Marche du retour » le long de la frontière qui, selon Israël, est utilisé par les gouvernants du Hamas pour tenter de commettre des attentats terroristes contre les soldats et ouvrir des brèches dans la barrière de sécurité.

Israël avait demandé la fin de ces violentes manifestations dans le cadre d’un éventuel accord de cessez-le-feu.

Les missiles du système de défense aérienne Dôme de fer dans le sud d’Israël détruisent les missiles en approche au-dessus d’Ashkelon, tirés depuis la bande de Gaza le 13 novembre 2018. (GIL COHEN-MAGEN/AFP)

Après l’échec d’une opération des forces spéciales israéliennes à Gaza entraînant la mort d’un militaire israélien et de sept terroristes du Hamas, 500 roquettes et tirs de mortier environ avaient été lancés vers le sud de l’Etat juif en quarante-huit heures, les 12 et 13 novembre.

Le système de défense anti-missile du Dôme de fer en avait intercepté plus de 100. La majorité des projectiles avaient atterri dans des champs mais des douzaines avaient touché des villes et villages israéliens, faisant un mort, des dizaines de blessés et entraînant des dégâts significatifs.

L’AFP a contribué à cet article.

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