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Le laboratoire de recherches de Sheba va contribuer à un vaccin COVID universel

Les chercheurs vont associer l'IA à des échantillons de sang de personnels de santé pour isoler l'antigène le plus protecteur de tous les variants du virus

Illustration : Vaccination à Rehovot, le 10 janvier 2022 (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)
Illustration : Vaccination à Rehovot, le 10 janvier 2022 (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Le Laboratoire de Recherches de Sheba sur les Pandémies s’est associé aux National Institutes of Health (NIH) des États-Unis, au Walter Reed Army Institute of Research et à la société pharmaceutique Sanofi pour développer un vaccin de rappel couvrant toutes les formes de coronavirus.

Le projet conjoint, annoncé mercredi, vise à produire un vaccin capable de protéger contre la plupart des formes de coronavirus et de ses variants, à l’origine de la pandémie qui a frappé le monde début 2020. Ce modèle de recherche sera également appliqué à d’autres virus, comme la grippe, dans le but de prévenir de futures pandémies.

« Le Laboratoire de Recherches de Sheba sur les Pandémies est le complément parfait de notre équipe du Centre de recherche sur les vaccins pour comprendre, et si possible anticiper, les prochaines infections », explique le professeur Daniel Douek, chef de la section d’immunologie humaine, Centre de recherches sur les vaccins, NIH, et conseiller scientifique principal du Laboratoire de Recherches de Sheba sur les Pandémies.

« Ensemble, nous allons découvrir de nouvelles manières de mettre au point des vaccins, des anticorps monoclonaux et des tests antiviraux, et améliorer notre préparation aux prochaines pandémies. »

L’extraordinaire banque d’échantillons de sang du centre hospitalier Sheba est au cœur de l’initiative.

Avant que le COVID n’arrive en Israël, Sheba avait commencé à prélever et cataloguer les échantillons de sang de ses 10 000 employés. A mesure que progressait la pandémie, l’hôpital avait continué à prélever des échantillons de sang et compiler des données. Le suivi et la conservation des informations démographiques et médicales sur les formes de COVID et la vaccination des fournisseurs d’échantillons sont très précieux pour le Laboratoire de Recherches de Sheba sur les Pandémies et ses partenaires.

La professeure Gili Regev-Yochay, directrice du Laboratoire de Recherches de Sheba sur les Pandémies et de l’unité de prévention et contrôle des infections du centre hospitalier Sheba, explique au Times of Israel que le vaccin ne sera pas disponible avant l’automne, mais plutôt d’ici la mi-2024.

« Le vaccin auquel nous travaillons couvrira tous les types de coronavirus et tous les variants de COVID, y compris le Delta qui circule actuellement en Inde. Et si une nouvelle souche émerge, il faudra que nous puissions la contrer », ajoute Regev-Yochay.

Illustration montrant l’évolution des principaux variants du coronavirus qui ont touché Israël. (Crédit : CIPhotos via iStock par Getty Images)

« On observe en ce moment des variants émergents, comme le sous-variant XBB Omicron. Certains l’appellent XXB ‘SARS-CoV-3’ parce qu’il est tellement différent de la souche d’origine que nous craignons des problèmes d’immunité », précise-t-elle.

La Food and Drug Administration a annoncé, le 15 juin dernier, que les vaccins COVID pour l’automne devraient couvrir le variant Omicron XBB.1.5.

« Mais nous n’avons aucune idée de la manière dont cela va évoluer, aussi notre idée est-elle de développer un vaccin capable de s’attaquer à tout cela, en plus du SRAS-CoV-1, du MERS et d’autres coronavirus susceptibles de faire leur apparition », ajoute Regev-Yochay.

La Professeure Gili Regev-Yochay, directrice du Laboratoire de Recherches de Sheba sur les Pandémies et de l’Unité de prévention et de contrôle des infections au Centre hospitalier Sheba. (Autorisation : Centre hospitalier Sheba)

Le vaccin pourrait faire l’objet d’améliorations pour tenir compte de l’apparition de nouveaux virus et variants, mais il faut le préparer correctement.

« C’est complexe. C’est la raison pour laquelle les données des personnels de santé de Sheba, constamment mises à jour, sont tellement utiles », ajoute Regev-Yochay.

Outre les échantillons de sang donnés chaque mois par les personnels de l’hôpital, la base de données contient des informations sur ce à quoi chaque individu a été exposé et quand.

« Nous savons si une personne a reçu deux vaccins, puis a été infectée par le COVID, a eu son troisième vaccin. Ou si une personne en a eu quatre et n’a jamais été infectée… et ainsi de suite », explique Regev-Yochay.

Cela va permettre aux chercheurs partenaires de créer une carte des antigènes. Plutôt que d’examiner la génétique des différentes souches de COVID, les chercheurs utilisent la carte antigénique pour identifier avec précision la manière dont les anticorps humains neutralisent et préviennent l’infection. Une fois que tout sera cartographié, les chercheurs utiliseront l’intelligence artificielle sur ces données pour déterminer l’antigène neutralisant le plus efficace, qui sera mis en œuvre dans le prochain vaccin.

« Ce vaccin pourrait utiliser la technologie de l’ARNm, mais pas nécessairement », précise Regev-Yochay.

Israël a travaillé en étroite coopération avec Pfizer pour que les vaccins contre le COVID soient disponibles pour les Israéliens dès décembre 2020, bien avant la plupart des autres pays.

S’agissant de la coopération avec Sanofi, Regev-Yochay explique : « Nous sommes prêts à travailler avec tous les laboratoires pharmaceutiques… Nous avons également des projets avec Pfizer et Moderna. Nous travaillons avec tous ceux qui veulent faire progresser la recherche sur les vaccins destinés à de multiples agents pathogènes. »

Illustration : une Israélienne se fait vacciner contre le coronavirus au Centre hospitalier Hadassah, à Jérusalem, le 6 janvier 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Regev-Yochay estime qu’il est beaucoup trop tôt pour dire à quelle fréquence un vaccin pan-coronavirus devra être administré.

« Nous parlons d’un agent pathogène respiratoire, qui n’est pas quelque chose que vous contractez une fois dans votre vie, comme la rougeole. Donc, pour être réaliste, il faut attendre un peu pour répondre à cette question. Ce vaccin devra vraisemblablement être administré plus d’une fois, mais à ce stade, il est impossible de dire si ce sera une fois par an, comme le vaccin contre la grippe, une fois tous les deux ans ou à une autre fréquence », conclut Regev-Yochay.

« À l’heure actuelle, nous travaillons à l’identification du bon antigène pour ce vaccin et au résultat immunitaire obtenu. Ces résultats vont nous aider à établir la fréquence d’administration précise de ce vaccin. »

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