Le ministère des Finances propose des coupes budgétaires contre le déficit
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Le ministère des Finances propose des coupes budgétaires contre le déficit

Le ministre des Finances a également élevé certains impôts malgré les élections en suspens. Ces coupes viennent après des baisses budgétaires dans la défense et l'éducation

Le ministre des Finances Moshe Kahlon à la Knesset, le parlement israélien, le 12 juin 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Finances Moshe Kahlon à la Knesset, le parlement israélien, le 12 juin 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministère des Finances dirigé par Moshe Kahlon a proposé, jeudi, des coupes budgétaires pour aider à réduire un déficit croissant, une initiative impopulaire avant le prochain scrutin du mois de septembre.

Cette coupe de 3,25 milliards de shekels vient en plus d’une baisse préalablement annoncée de 1,15 milliard de shekels alloués aux budgets de la Défense et de l’Education.

Cette mesure devrait être adoptée lorsqu’elle sera présentée au débat devant le cabinet, dimanche. En plus de ces baisses budgétaires, le ministère propose une augmentation des impôts sur les voitures hybrides pour générer des revenus ainsi qu’une nouvelle taxe sur les carburants industriels qui pourrait entraîner un apport de 450 millions de shekels.

Le transfert de 150 millions de shekels depuis les fonds du loto national Mifal Hapayis, une somme qui, selon les responsables du Trésor, est le montant correspondant au dépassement du budget alloué au conseil d’administration de la loterie, est aussi à l’ordre du jour.

Au mois de janvier, le Trésor avait mis en garde contre une croissance économique ralentie, en 2019, qui résulterait en moins de revenus fiscaux – entraînant une pénurie budgétaire prévue d’environ 10 milliards de shekels.

L’augmentation du déficit a été exacerbée par les dépenses gouvernementales en augmentation, les ministres ayant cédé aux demandes de salaires plus importants dans le secteur public – notamment dans la police – ou ayant dépensé des fonds sur des projets visant à rendre le logement plus abordable.

Le ministère des Finances à Jérusalem, le 26 novembre 2006 (Crédit : Flash90)

Début 2019, le ministre des Finances Kahlon avait rechigné à annoncer des coupes budgétaires ou des hausses d’impôt en amont des élections du 9 avril.

Les économistes avaient averti que le nouveau gouvernement devrait définir des politiques à long-terme pour réduire l’ascension du shekel, stimuler l’éducation et les infrastructures et diminuer la bureaucratie.

Kahlon semble avoir été dans l’obligation de prendre ces décisions après l’échec de la formation d’un nouveau gouvernement et alors que les Israéliens doivent retourner aux urnes au mois de septembre.

La nécessité d’augmenter les impôts et des coupes dans les dépenses gouvernementales était déjà connue au mois de décembre dernier, les dépassements budgétaires étant allés au-delà du déficit prévu de 2,9 %. Il avait alors atteint 3,5 % du PIB.

Un programme de logement-phare promu par Kahlon est l’une des raisons principales de la hausse de la dette gouvernementale, ont estimé les économistes.

Dans un rapport établi par l’OCDE (Organisation de Coopération économique et de développement) sur l’économie israélienne en 2018, l’instance avait fait savoir que « les déficits budgétaires prévus seront élevés ».

« Une consolidation fiscale soutenue sera nécessaire pour réduire la dette publique relative au PIB », mettait en garde l’OCDE.

Au mois de novembre, Kahlon avait balayé les craintes sur le déficit croissant, disant qu’il n’augmenterait pas les impôts pour aider à équilibrer les registres.

Le déficit – qui est la différence entre le revenu d’un gouvernement et le montant de ses dépenses – devrait également augmenter en 2019, en violation de la cible visée par le gouvernement de 2,9 % du PIB. Le déficit, pour les mois de janvier et de février 2019, s’est élevé à 5,6 milliards de shekels ou 3,5 % sur une base annualisée, a expliqué le ministère des Finances au mois de mars.

Si le déficit budgétaire est trop élevé, le gouvernement n’a plus de marge de manœuvre pour gérer un ralentissement économique potentiel, même avec des dépenses plus élevées, ont noté les économistes et les analystes.

En 2018, le déficit budgétaire était presque miraculeusement entré dans la cible établie par le gouvernement, à très exactement 2,9% du PIB, selon les données du ministère des Finances. La majorité des analystes avaient prédit que le déficit, en 2018, raterait son objectif, sur la base de données préliminaires qui indiquaient un manque de revenus.

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