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Le Neguev, à la traîne en matière de santé, se dote d’une unité de rééducation

Le sud d’Israël va disposer d'un hôpital permettant la rééducation après un AVC, des blessures ou un accident. Il accroît de 10% l’offre de rééducation à l’échelle nationale

Un patient en consultation ambulatoire au Village de réadaptation ADI Negev-Nahalat Eran, où un nouvel hôpital a ouvert ses portes (Crédit : Autorisation du Village de réadaptation ADI Negev-Nahalat Eran)
Un patient en consultation ambulatoire au Village de réadaptation ADI Negev-Nahalat Eran, où un nouvel hôpital a ouvert ses portes (Crédit : Autorisation du Village de réadaptation ADI Negev-Nahalat Eran)

Un nouveau centre de rééducation a ouvert ses portes mardi, pour pallier la pénurie d’infrastructures de santé dans le Neguev israélien.

Avec une population en hausse, cette région désertique du sud d’Israël voit l’offre de soins de santé combler son retard. En 2017, l’hôpital Assuta Ashdod avait ouvert ses portes, premier hôpital public construit en Israël en 40 ans.

Jusqu’à présent, les habitants du sud victimes d’accidents vasculaires cérébraux, blessures, accidents ou tout autre événement nécessitant une rééducation intensive étaient envoyés dans des hôpitaux du centre du pays pour y être pris en charge. Cela posait des problèmes aux familles, qui ne pouvaient pas toujours leur rendre visite.

Il existait bien un centre de rééducation offrant des soins avec hospitalisation ou des soins ambulatoires post-hospitaliers, mais nulle part où recevoir un traitement initial. Désormais, cet hôpital vient compléter l’offre de soins du centre de rééducation ADI Negev-Nahalat Eran.

Le centre, qui fonctionne depuis 2007, accueille de manière permanente 170 enfants, adolescents et adultes, et abrite un centre de soins ambulatoires. Jusqu’à présent, il ne comptait pas d’hôpital.

Le Premier ministre, Naftali Bennett, accompagné de nombreux responsables, a assisté ce mardi à l’ouverture du nouvel hôpital de 108 lits, qui augmente de 10 % le nombre de lits de rééducation disponibles à l’échelle nationale.

Inauguration du nouveau Centre hospitalier de rééducation Harvey et Gloria Kaylie dans le Neguev, avec le Premier ministre Naftali Bennett, les ciseaux en main (Crédit : Autorisation du Centre hospitalier de rééducation Harvey et Gloria Kaylie)

« L’absence de lits de rééducation dans le Neguev a longtemps été un problème majeur », confie le Dr Itzhak Siev-Ner, directeur du nouveau centre de rééducation, au Times of Israel. « La pression sanitaire sur la population du Neguev est perceptible au niveau de la durée de vie moyenne, réduite de sept ans pour les résidents du sud. »

Il assure que le nouvel hôpital, baptisé Harvey and Gloria Kaylie Rehabilitation Medical Center, « inversera cette tendance en apportant le plus haut niveau de rééducation en Israël, des technologies de pointe pour le traitement, le diagnostic, la pratique et la recherche, une grande variété de cliniques de rééducation ambulatoires et des spécialités comme la rééducation oncologique et les troubles du mouvement ».

L’hôpital, qui dispose d’une unité de recherche et de cliniques, ouvre ses portes sous les auspices de l’organisation caritative ADI, principal fournisseur israélien de soins de rééducation. Après la promesse du gouvernement d’abonder le budget à hauteur des fonds collectés, ADI a mené des collectes de fonds, recueillant des dons de JNF-USA et d’autres contributeurs, dont la Kaylie Foundation, fondation familiale new-yorkaise.

Le nouvel hôpital du centre de rééducation ADI Negev-Nahalat Eran (Crédit : Autorisation du centre de rééducation ADI Negev-Nahalat Eran)

« Nous pensons que les résidents du sud méritent les mêmes soins que ceux accessibles dans le reste du pays, et nous pensons que nous pouvons devenir une référence en matière de rééducation », a déclaré Doron Almog, fondateur et président du centre de rééducation ADI Negev-Nahalat Eran.

« Ce centre est fondé sur le principe qu’une personne reste une personne, quoi qu’il arrive, et cet hôpital, associé à un laboratoire de recherche, est l’illustration de cette vision globale du soin. Ici-même, les patients recevront les meilleurs soins possibles avec la plus grande affection. »

Un patient du service ambulatoire au centre de rééducation ADI Negev-Nahalat Eran, où un nouvel hôpital a ouvert ses portes. (Crédit : Autorisation du centre de rééducation ADI Negev-Nahalat Eran)

Le personnel médical de ce tout nouvel hôpital est convaincu que le fait de prodiguer des soins dans un centre conçu à cette fin, avec une grande variété de thérapies à portée de main – dont une écurie avec des chevaux – s’avérera très efficace. Le Dr Shilo Kramer, responsable de la rééducation des patients hospitalisés, assure que « le fait que cet hôpital fasse partie d’une communauté le rend vraiment unique. »

« L’emplacement de l’hôpital est certainement une clé du processus de rééducation, c’est notre arme secrète », déclare Kramer.

« Il est vrai que nous fournissons des services de rééducation auparavant inexistants dans le sud d’Israël et que nous contribuons à préserver l’unité familiale tout au long du traitement, à soulager le chagrin et réduire les frais. Mais le fait que nos patients travaillent à leur rétablissement au sein d’un centre de rééducation conçu comme un village nous permet de les exposer, eux et leurs familles, aux réalités du handicap, à un environnement unique et inclusif proprement inédit.

« Nous les guérissons, nous les remettons sur pied, tout en favorisant l’empathie et l’acceptation, en guérissant les corps, en ouvrant les cœurs et en changeant les mentalités. »

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