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Interview

Le propriétaire d’une librairie mythique de la rue Allenby à Tel Aviv se confie

Depuis 30 ans, Yosef Halper accueille des lecteurs anglophones rue Allenby. La rue et certains de ses habitués figurent dans son nouveau livre intitulé The Bibliomaniacs

  • Yosef Halper, qui utilise le nom de plume J.C. Halper en clin d'œil à son nom d'origine américaine, montrant son premier livre publié dans son magasin de Tel Aviv, le 6 juillet 2022. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
    Yosef Halper, qui utilise le nom de plume J.C. Halper en clin d'œil à son nom d'origine américaine, montrant son premier livre publié dans son magasin de Tel Aviv, le 6 juillet 2022. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
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Des clients parcourant la librairie Halper, à Tel Aviv, le 6 juillet 2022. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
    
Des clients parcourant la librairie Halper, à Tel Aviv, le 6 juillet 2022. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
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Les quatre enfants de Yosef Halper ont tous travaillé dans la librairie à différents moments, mais son fils, qui est professeur d'éducation physique, aide toujours pendant les étés. Halper et son fils regardant des boîtes de livres achetés, le 6 juillet 2022 à Tel Aviv. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
    
Les quatre enfants de Yosef Halper ont tous travaillé dans la librairie à différents moments, mais son fils, qui est professeur d'éducation physique, aide toujours pendant les étés. Halper et son fils regardant des boîtes de livres achetés, le 6 juillet 2022 à Tel Aviv. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
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Des clients parcourant la librairie Halper à Tel Aviv, le 6 juillet 2022. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
    
Des clients parcourant la librairie Halper à Tel Aviv, le 6 juillet 2022. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
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La ruelle menant à la librairie Halper au 87 Allenby St. à Tel Aviv, le 6 juillet 2022. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
    
La ruelle menant à la librairie Halper au 87 Allenby St. à Tel Aviv, le 6 juillet 2022. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
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Photos de certains des clients favoris de la librairie Halper à Tel Aviv, le 6 juillet 2022. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
    
Photos de certains des clients favoris de la librairie Halper à Tel Aviv, le 6 juillet 2022. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

Yosef Halper possède environ 100 000 livres. Plus de 60 000 sont entassés sur les étagères allant du sol au plafond de son magasin emblématique de la rue Allenby à Tel Aviv, Halper’s Bookstore, où il veille depuis 30 ans sur ses clients excentriques. Environ 20 000 autres livres sont entassés dans son unité de stockage, dont certains livres rares qu’il vend principalement en ligne. Et au moins 10 000 autres livres ont envahi les quelques pièces de sa maison, attendant d’être triés.

La plupart de ces livres ont été chéris, les coins des pages sont usés, et leurs reliures renferment les souvenirs de tant de maisons et de vies différentes. Quelques-uns ont accompagné leurs lecteurs lors de voyages nocturnes, comme en témoignent les taches de pizza ou de chocolat. D’autres ont recueilli la poussière des rues des villes du monde entier.

Mais au-dessus de son bureau surchargé à l’entrée du magasin, d’où Halper peut garder un œil sur tous ceux qui entrent et sortent, se trouve une pile immaculée de livres tout neufs à la couverture verte. Après avoir passé 30 ans à vendre les œuvres d’autres auteurs, Halper a lui-même rejoint leurs rangs avec la publication de son tout premier livre, The Bibliomaniacs : Tales from a Tel Aviv Bookseller, un recueil de nouvelles librement inspiré de la collection de personnages hauts en couleur qui ont peuplé sa boutique au cours des trois dernières décennies.

« J’ai toujours shpeilé des histoires, en rassemblant des anecdotes et autres récits de personnages plus loufoques les uns que les autres », a déclaré Halper, en utilisant le mot yiddish pour « raconter ».

« J’ai toujours été attiré par l’excentricité… peut-être qu’inconsciemment, j’ai collecté du contenu durant toutes ces années ».

Né James Charles Halper, ce natif du New Jersey attribue, à l’emplacement de son magasin dans la rue Allenby de Tel Aviv, le mérite d’avoir façonné le caractère singulier du magasin et de sa clientèle de manière indélébile.

« Lorsque j’ai ouvert ici en 1991, il y avait un cinéma X de l’autre côté de la rue, et les prostituées se tenaient juste devant le cinéma la nuit tout près de la Grande Synagogue », raconte Halper.

L’emplacement dans le quartier hétéroclite de Tel Aviv n’est pas le fruit du hasard.

« Au début, j’étais tellement, disons, incertain et nerveux à l’idée [d’ouvrir une librairie de livres d’occasion] que j’ai simplement décidé de trouver le loyer le moins cher possible dans un endroit central. »

La ruelle menant à la librairie Halper au 87 Allenby St. à Tel Aviv, le 6 juillet 2022. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

Halper a trouvé un atelier de réparation de machines à écrire qui avait fermé (une autre industrie qui est depuis devenue obsolète) au bout d’une ruelle sombre juste à côté de la rue Allenby – un magasin de 22 m2 qui ne coûtait que 250 dollars par mois. Au fil des ans, Halper s’est ancré alors que d’autres petites boutiques autour de lui fermaient leurs portes et déménageaient les unes après les autres : une minuscule agence immobilière, un cabinet dentaire, ou encore un bureau de visa de travail russophone qui avait tout d’une arnaque. Mais depuis 1991 il tient bon, au bout de la même ruelle au 87 Rue Allenby, témoin d’une ville qui ne cesse d’évoluer.

« Je pense toujours que j’aurais dû ouvrir près de l’université, au nord de Tel Aviv ou dans les environs de Dizengoff », dit-il, en faisant référence à des quartiers plus riches de la ville.

« Mais je voulais conserver de faibles frais et j’ai été attiré par le folklore de ce quartier. »

Les personnes qui se sentent plus à l’aise dans la foule et le bruit d’Allenby que sur les boulevards verdoyants du nord de Tel-Aviv sont les types de personnes qui font les meilleurs personnages de livres – et celles avec lesquelles Halper préfère converser, reconnaît-il.

« Allenby est l’artère d’Israël qui ressemble le plus au bas de Broadway à New York », écrit Halper dans la troisième nouvelle des Bibliomanes. « C’est une artère longue, large, encombrée de bus, où règnent la cacophonie urbaine, la crasse et la dégradation générale, mais c’est aussi un aimant pour les personnalités insolites et atypiques de tout le pays voire même du monde entier. Je m’y suis senti comme à la maison ».

Mais cela n’a pas été sans difficultés.

Des clients parcourant la librairie Halper, à Tel Aviv, le 6 juillet 2022. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

« Comme nous sommes sur Allenby et que j’ai une allure un peu shlumper, quand il est question de livres rares et précieux, les gens ne me prennent pas au sérieux et ne veulent pas payer le prix demandé », a déclaré Halper, en utilisant le mot shlumper en yiddish qui signifie minable. « Ils pensent que je suis plutôt un marché aux puces, peut-être à mon détriment, parce que je vends à la fois des romans d’amour et des ouvrages judaïques rares. Je vends des livres à cinq shekels et j’en vends d’autres à 500 shekels. »

« Vendre [des livres] moins chers – au sens monétaire et littéral du terme – fait baisser le prix des livres haut de gamme et rend peut-être le magasin lui-même moins ‘luxueux’. Mais c’est comme ça que je suis, je veux pouvoir offrir une option à chacun », a-t-il déclaré.

Après plus de 30 ans, Halper ne prévoit toujours pas de changer grand-chose. « Mon plan est que je n’ai pas de plan, je m’adapte ».

Des immigrants dans ses favoris

Certains des clients préférés de Halper, ou les plus mémorables d’entre eux, font partie des nouvelles de Bibliomanes. Il y a Reuven, un musicien, qui est sûr d’entendre la voix de Dieu ; Hyman, un professeur, accablé par la perte de son fils lors du 11 septembre 2001, qui dépense sans compter pour des prostituées et des femmes plus jeunes que lui ; Tex, un homme à tout faire alcoolique qu’Halper a engagé pour des petits travaux afin de garder un œil sur lui ; et Julian, un ancien criminel britannique dépressif qui se bat pour garder quelques longueurs d’avance sur ses créanciers.

Une chose étrange s’est produite lorsque Halper a rassemblé toutes ses histoires pour le livre, un processus d’écriture qui a duré plus de trois ans. Il a remarqué que presque toutes concernaient des immigrants, comme lui-même l’avait été.

« Je pense que ce n’était pas conscient, mais je pense qu’en étant Américain, je vois des choses, de manière légèrement différente de la façon dont un Israélien les aborderait », a déclaré Halper.

« Après avoir relu toutes les histoires, j’y ai effectivement déceler un fil conducteur, comme s’il était question de gens qui avaient trouvé leur voie ou qui entrevoyaient un avenir dans une vie en Israël. »

Les quatre enfants de Yosef Halper ont tous travaillé dans la librairie à différents moments, mais son fils, qui est professeur d’éducation physique, aide toujours pendant les étés. Halper et son fils regardant des boîtes de livres achetés, le 6 juillet 2022 à Tel Aviv. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

La librairie Halper est bien connue de la communauté anglophone de Tel Aviv pour sa large sélection de livres en anglais. À l’origine, Halper avait prévu de ne proposer que des livres en anglais, dit-il. Mais avec les années, il a fini par accumuler de nombreux livres en hébreu. Et comme la population a changé, il a essayé d’évoluer avec elle. De plus en plus d’immigrants français se sont installés dans la ville, il a donc créé et développé sa section française.

« Pour moi, me rendre dans une librairie, c’est comme aller dans un magasin de bonbons pour d’autres », a déclaré Sarabeth Lukin, écrivaine et rédactrice indépendante qui vit à Jaffa.

« Je suis en Israël depuis 28 ans, je viens donc ici depuis 28 ans », a déclaré Lukin, alors que Halper comptabilisait le total de deux sacs volumineux de livres qui s’élevaient à près de 500 shekels.

« Les bibliothèques d’ici ne proposent pas vraiment de livres en anglais, et je n’aime pas les livres électroniques. J’aime tenir le livre dans ma main, le lire et tourner les pages pour ressentir quelque chose de particulier. Les livres sont vraiment toute ma vie. »

Lukin et son mari ont apporté avec eux 54 cartons de livres lorsqu’ils ont immigré en Israël, et elle en a donné une grande partie à Halper lorsqu’elle a emménagé dans son dernier appartement.

Halper a déclaré que ses clients sont divisés en deux catégories : ceux qui aiment posséder des livres et les garder, et ceux qui utilisent son magasin presque comme une bibliothèque, revenant sans cesse acheter de nouveaux livres de façon quasi-hebdomadaire.

Photos de certains des clients favoris de la librairie Halper à Tel Aviv, le 6 juillet 2022. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

Le titre Bibliomaniaques fait surtout référence aux personnes qui aiment posséder des livres, bien que Lukin se trouve quelque part entre les deux, retournant souvent des livres lors de ses visites bihebdomadaires au magasin. « Ma mère a vécu jusqu’à 105 ans, elle est morte il y a trois ans. Et l’une de mes tâches consistait à lui procurer des livres, car elle a lu un livre par jour jusqu’aux deux dernières semaines de sa vie. »

« Si vous avez l’espace, vous pouvez, en regardant votre étagère, repérer un livre et vous souvenir non seulement du titre, mais aussi du moment où vous l’avez lu et de ce que vous en avez pensé », a-t-elle ajouté, mentionnant que si son mari est un grand accumulateur de livres, elle ne garde désormais que ses favoris.

« Les livres que je garde résonnent en moi. »

Les touristes, qui peuvent soudainement ne se retrouver qu’avec leur livre de plage et avoir besoin d’un livre pour l’avion, représentent également une grande part de marché pour Halper.

Halper est devenu brièvement viral au début du mois quand il a partagé une photo de l’actrice Amber Heard dans son magasin, qu’il a qualifié de « cliente modeste, polie, amicale, curieuse et effacée avec des goûts littéraires certains ».

Le post d’Halper sur Heard, qui vient de perdre un procès très médiatisé contre Johnny Depp, a été partagé des milliers de fois. Heard a également acheté le livre d’Halper.

Malgré l’emplacement de son magasin, en retrait de la rue dans une allée cachée, il y a un flux constant de clients avec des questions étranges sur des livres épuisés ou dans l’espoir de retrouver des livres bien spécifiques basés sur les bribes d’une intrigue dont ils ne se souviennent qu’à moitié.

« Je cherche le dictionnaire hébreu-anglais avec la couverture rouge », dit un client ébouriffé à Halper un après-midi d’été. « Vous étiez venu la semaine dernière, n’est-ce pas ? Je ne pense pas que nous l’ayons reçu depuis, mais nous avons beaucoup d’autres dictionnaires hébreu-anglais », lui répondit Halper. Mais l’homme ne voulait que ce dictionnaire là, même s’il ne se souvenait que de la couleur de la couverture. « Il donne les meilleures définitions », a-t-il dit, avant de partir en traînant les pieds.

La rue Allenby tourne une page

Trente ans en tant que propriétaire d’une petite entreprise à Tel-Aviv, et toutes les histoires vécues, ont tout de même apporté à Halper son lot de frustrations.

« Disons que ma compensation est que je fais ce que j’aime faire. Mais même si c’est quelque chose que j’aime faire, il y a tellement de conneries autour, telles que la mairie, l’impôt sur le revenu, la taxe foncière, la taxe sur les enseignes, et un millier d’autres choses… Cependant, l’amour des livres l’emporte sur les problématiques qu’incombent la gestion d’une entreprise en Israël », a-t-il déclaré.

Et il n’en a pas fini, d’autres changements se profilent à l’horizon. En septembre, une partie de la rue Allenby sera fermée pendant cinq ans pour la construction de la nouvelle ligne (Purple Line) du tramway de Tel Aviv. Alors que la ville a désespérément besoin de meilleurs transports publics, Halper se demande ce qu’il adviendra de tous les petits commerces comme le sien sur Allenby, qui tiennent à peine le coup après les fermetures dues à la pandémie de la COVID-19.

La circulation des piétons a toujours été essentielle pour lui. Un jour de semaine normal, au moins 180 bus et 1 500 personnes passent dans la rue chaque heure.

Illustration : Construction en cours du tramway à l’intersection des rues Allenby et Yehuda Halevi, à Tel Aviv, le 4 août 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Halper avait pour voisins des dizaines de petites entreprises, des artisans qui réparaient des chaussures ou des bijoux, ou encore de petites agences d’assurance. Tout l’immeuble, situé au-dessus de lui, était autrefois composé de petites entreprises, mais il abrite aujourd’hui des appartements coûteux. De nombreuses petites librairies d’occasion, y compris celles qui étaient spécialisées dans des langues comme le polonais ou le hongrois, ont mis la clé sous la porte au cours de la dernière décennie, dit-il.

« Ce qui a fait la grandeur de Tel-Aviv, ce sont ces petites boutiques anciennes et pittoresques », a-t-il déclaré.

« Elles seront amenées à disparaître si l’on réduit l’accès aux camions de livraison et que l’on ne permet plus aux gens d’accéder à la ville avec leur véhicule. »

Halper craint que l’embourgeoisement d’Allenby ne transforme la rue en « une autre Ibn Gvirol, où une boutique sur trois est un fast-food ou un magasin sans âme », a-t-il dit, en faisant référence à une rue qui traverse le nord de Tel Aviv.

« Avec la construction du tramway et tout le reste, ils n’en ont rien à faire des petites entreprises et des gens qui gagnent leur vie, ils s’en fichent », a-t-il ajouté.

« En fait, ils aimeraient même que tout le monde disparaisse et qu’il n’y ait qu’un seul grand SuperPharm et un seul magasin Nike, et qu’on se débarrasse de tous ces petits commerces qui les ennuient. »

Halper a déclaré que les cinq années de fermeture sur l’artère principale de la rue Jabotinsky à Ramat Gan et Bnei Barak pour y construire un tramway lui ont déjà donné un aperçu de ce qui se prépare pour les cinq prochaines années, et il n’est pas sûr de pouvoir y survivre.

« Je vais peut-être devoir déménager », explique-t-il.

« Je ne sais pas, peut-être que je prendrai un entrepôt à proximité de l’aéroport et que je ne ferai plus que de la vente en ligne. »

Des clients parcourant la librairie Halper à Tel Aviv, le 6 juillet 2022. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

Mais Halper aime l’animation de son magasin, le flux constant de nouvelles personnes qui arrivent avec d’extraordinaires histoires à recueillir. Il pourrait écrire un deuxième livre sur le processus d’achat des livres, qui s’accompagne également d’une foule de personnages excentriques et d’histoires rocambolesques – bien que ce soit souvent lié au déchirement d’une famille qui doit se débarrasser de ses biens après un décès.

Et il ne s’inquiète pas – du moins pour l’instant – de l’avenir des livres. Les gens avaient déjà prédit la mort des librairies lorsque les lecteurs électroniques sont apparus. Halper a déclaré que, pendant un certain temps après l’engouement pour Kindle et Nook, il a constaté une baisse de clientèle. Mais après un an ou deux de lecture sur écran, la plupart de ses habitués qui étaient partis, sont revenus. Ils préfèrent tout simplement avoir un vrai livre entre les mains, explique Halper.

« Tant que de nouveaux livres sont imprimés, c’est signe que les gens lisent encore des livres en papier. Et donc, tant que les livres seront imprimés, il y aura de la place pour les livres d’occasion », explique-t-il.

Et peut-être que dans quelques années, Halper tombera sur son propre nom dans une pile de livres attendant d’être triés lorsque quelqu’un qui aura lu son livre le transmettra à la personne suivante.

« Je suis encore tout excité d’avoir de l’encre fraîche sur les doigts », a déclaré Halper. « Mais c’est effrayant de mettre son propre livre sur l’étagère. »

The Bibliomaniacs est disponible à la librairie Halper ainsi que dans les librairies indépendantes de Jéruslaem et de Tel Aviv, notamment Tmol Shilshom, Migdal Or, Sipur Pashut, Tolaat Sefarim et Adraba.

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