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L’envoyé de l’ONU au Moyen-Orient convoqué au ministère des Affaires étrangères

Tor Wennesland avait exprimé son "horreur" après la mort d'Ammar Mifleh, abattu par un policier après une attaque au couteau ; il avait présenté ses condoléances à la famille

L'envoyé des Nations unies pour le Moyen-Orient Tor Wennesland lors d'une réunion du conseil de sécurité à New York, le 28 novembre 2022. (Capture d'écran : ONU ; used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)
L'envoyé des Nations unies pour le Moyen-Orient Tor Wennesland lors d'une réunion du conseil de sécurité à New York, le 28 novembre 2022. (Capture d'écran : ONU ; used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Le ministère des Affaires étrangères a convoqué l’envoyé des Nations unies au Moyen-Orient, mardi, suite une publication sur Twitter où Tor Wennesland avait exprimé son « horreur » après la mort d’un terroriste palestinien qui, selon Israël, avait commis une attaque au couteau en Cisjordanie.

L’entretien avec le Coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient a eu lieu aux bureaux de Jérusalem du ministère, mardi matin.

Un responsable du ministère des Affaires étrangères a souligné auprès du Times of Israel que cet entretien était « une réunion habituelle de travail », excluant toute perspective de réprimande ou de clarification. Aucun communiqué n’a été émis par le ministère après cette réunion.

Selon la police, vendredi après-midi, Ammar Mifleh avait tenté de pénétrer dans le véhicule d’un couple d’Israéliens dans la ville de Huwara, près de Naplouse. Alors qu’il essayait de forcer la porte verrouillée, l’un des occupants – un officier de Tsahal qui n’était pas en service – avait tiré sur Mifleh et l’avait blessé avec son arme de poing.

Mifleh avait ensuite couru vers un officier de la police des frontières qui se trouvait à proximité et l’avait poignardé au visage, le blessant légèrement. Des images violentes publiées sur les réseaux sociaux avaient montré un autre agent de la police des frontières tentant d’appréhender Mifleh après l’agression au couteau, alors que deux autres Palestiniens essayaient de le libérer.

Le second agent avait réussi à maîtriser Mifleh en le bloquant par la tête, mais l’homme s’était ensuite brièvement dégagé de son étreinte et il avait semblé essayer de saisir l’arme automatique de l’agent. Le policier avait alors laissé l’arme tomber au sol, puis il avait sorti un pistolet de son étui et il avait tiré à quatre reprises à bout portant, tuant Mifleh.

Wennesland avait ultérieurement fait part de son « horreur » face « au meurtre, aujourd’hui, d’un homme Palestinien, Ammar Mifleh, pendant une bagarre avec un soldat israélien aux abords de Huwara, en Cisjordanie [occupée] ».

« Mes sincères condoléances à sa famille en deuil. De tels incidents doivent faire l’objet d’une enquête complète et rapide, et les responsables devront rendre des comptes « , avait-il ajouté.

Les propos de Wennesland avaient été fustigés par les responsables israéliens.

Le Premier ministre sortant, Yair Lapid, avait apporté son soutien à l’officier qui avait abattu le terroriste.

« Toute tentative de déformer la réalité et de raconter de fausses histoires au monde est tout simplement honteuse », avait déclaré Lapid sur Twitter. « Nos forces de sécurité continueront à agir avec détermination contre la terreur partout où elle sévit. »

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, avait critiqué la déclaration de Wennesland, la qualifiant de « distorsion totale de la réalité ».

« Il ne s’agit PAS d’une ‘bagarre’, mais bien d’une attaque terroriste ! » avait-il signalé.

Le ministre sortant de la Défense, Benny Gantz, avait également déclaré qu’il « condamnait fermement » les propos de Wennesland.

« Je tiens à féliciter l’officier de police qui a neutralisé un terroriste hier. Je condamne fermement les tentatives de présenter l’événement d’une manière fausse et manipulatrice, ainsi que la déclaration de l’envoyé de l’ONU au Moyen-Orient contre l’officier – un officier qui a agi avec détermination et professionnalisme », avait écrit Gantz sur Twitter.

Blessures causées à un officier de police suite à une attaque au couteau dans la ville de Huwara, au nord de la Cisjordanie, le 2 décembre 2022. (Crédit : Police israélienne) 

La police des frontières avait déclaré que l’officier blessé à l’arme blanche avait été évacué pour recevoir un traitement médical, tout comme l’officier qui avait maîtrisé l’agresseur.

Des images de l’officier qui a tué le l’assaillant ont été publiées sur les réseaux sociaux samedi, certaines comprenant des menaces à son encontre.

L’officier lui-même a déclaré a posteriori qu’il aurait pu s’agir d’une « attaque plus importante » si l’agresseur avait réussi à s’emparer de son arme.

Le couteau utilisé par un attaquant palestinien dans la ville de Huwara, en Cisjordanie, le 2 décembre 2022. (Crédit : Police israélienne)

« Lors de ma lutte avec le terroriste, j’ai compris que s’il réussissait à s’emparer de mon arme, il y aurait eu une attaque bien plus importante. J’ai réussi à sortir mon arme et à tirer sur le terroriste jusqu’à le neutraliser », a-t-il dit dans une vidéo diffusée par la police.

Le député d’extrême-droite, Itamar Ben Gvir, qui devrait devenir ministre de la Sécurité nationale, a raconté qu’il avait parlé à l’officier qui a tué l’agresseur samedi pour le féliciter de ses actions.

Huwara est depuis longtemps un point sensible en Cisjordanie, car il s’agit de l’une des rares villes palestiniennes que les Israéliens traversent régulièrement pour se rendre dans les implantations du nord de la Cisjordanie.

La semaine dernière, Wennesland avait averti que que le conflit israélo-palestinien « atteignait un point d’ébullition », compte tenu de la flambée de violence en Cisjordanie.

« Les niveaux élevés de violence en Cisjordanie occupée et en Israël ces derniers mois, y compris les attaques contre des civils israéliens et palestiniens, l’utilisation accrue d’armes et la violence liée aux colons, ont causé de graves souffrances humaines », avait-il déclaré.

Mifleh avait été le neuvième Palestinien tué en Cisjordanie en moins de quatre jours.

Deux membres de groupes terroristes palestiniens avaient été tués lors d’affrontements violents avec les troupes israéliennes, des heurts qui avaient éclaté suite à un raid d’arrestation lancé jeudi, avant l’aube, dans le camp de réfugiés de Jénine. Un autre Palestinien avait perdu la vie lors d’échauffourées avec les forces israéliennes à Yabed, dans le nord de la Cisjordanie, mercredi après-midi. Et quatre Palestiniens avaient été tués dans les mêmes circonstances dans toute la Cisjordanie, mardi, tandis qu’un autre était mort après une attaque à la voiture-bélier qui avait fait un blessé du côté des soldats israéliens, le même jour.

Les tensions sont accrues en Cisjordanie alors que l’armée a lancé, au printemps, une offensive antiterroriste majeure en en réponse à une série d’attentats meurtriers.

Une opération qui a entraîné plus de 2 500 arrestations, la majorité des raids s’effectuant la nuit. Elle a aussi fait 150 morts du côté palestinien, un grand nombre d’entre eux – mais pas tous – tués alors qu’ils commettaient des attentats ou pendant des affrontements avec les forces de sécurité.

Emanuel Fabian a contribué à la rédaction de cet article.

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