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Les bassins d’une usine chimique du Néguev risquent de céder, selon des locaux

Selon un récent examen, les parois n’ont pas été construites selon les normes ; les experts affirment que ces déchets toxiques sont cancérigènes

Vue d'un bassin de boues toxiques près de l'usine d'extraction de phosphate de Zin dans le désert du Néguev, le 11 août 2021. (Capture d'écran/Kan)
Vue d'un bassin de boues toxiques près de l'usine d'extraction de phosphate de Zin dans le désert du Néguev, le 11 août 2021. (Capture d'écran/Kan)

Des bassins de boues toxiques risquent de céder et de polluer les réserves naturelles du sud d’Israël, ont averti des experts et des habitants.

Les bassins de stockage du groupe ICL, qui servent à l’usine d’extraction de phosphate de Zin située à proximité, dans la vallée d’Arava, ont récemment fait l’objet d’un examen par la société, dont les résultats ont été examinés par des citoyens des villes voisines et des experts, a rapporté Kan mardi.

Les bassins comptent un certain nombre de défauts qui pourraient entraîner leur éclatement à tout moment, ont-ils averti. Les murs sont plus inclinés que permis et ont été construits à l’aide de sous-produits de l’usine non réglementés, selon le rapport.

La probabilité annuelle de défaillance est de 50 %, ont déclaré les résidents, sur la base de l’examen du site.

« Après avoir lu le rapport, je n’ai pas pu en dormir de la nuit », a déclaré Dorit Evyatar, de la ville voisine de Hazeva, à Kan. Elle a averti que ceux qui se promenaient à proximité ne savaient pas qu’ils pourraient à tout moment être emportés par une « inondation d’eau très, très dangereuse ».

En juin 2017, des dommages environnementaux ont été causés quand la paroi d’un bassin de stockage s’est partiellement effondrée, déversant
100 000 mètres cubes de liquide acide de phosphogypse dans le ruisseau voisin d’Ashalim, un lit de rivière asséché menant de la zone industrielle de Rotem à la mer Morte via une réserve naturelle.

Les eaux usées toxiques ont tout détruit sur leur passage, alors qu’elles se déversaient à travers le désert, empoisonnant un tiers des bouquetins locaux ainsi que d’autres animaux et plantes.

Un bouquetin mort retrouvé près du ruisseau Ashalim après un déversement massif de déchets acides, le 30 juin 2017. (Crédit : Mark Katz/Autorité de la nature et des parcs)

Dans une étude récente de l’Institut des sciences Weizmann et de l’Autorité israélienne de l’eau, reprise par le quotidien Haaretz, l’eau de l’usine chimique de Zin serait contaminée par des métaux cancérigènes, même au simple contact.

Le géologue Amotz Agnon de l’Université hébraïque a averti que les parois pourraient céder si un fort tremblement de terre frappait la région. Des tremblements de terre mineurs secouent fréquemment le désert du Néguev. Un séisme de magnitude 4,1 sur l’échelle de Richter a été enregistré en avril 2020.

L’usine d’extraction de phosphate de Zin a récemment été fermée par ICL, mais les gisements à risque demeurent. Il reste indéterminé qui supervise le site aujourd’hui, ni même si quelqu’un en est chargé.

L’entrée de l’usine de Zin à Nahal Zin, dans le sud d’Israël, le 14 octobre 2017. (Crédit : Maor Kinsbursky/Flash90)

En réponse, la société a affirmé que les parois étaient structurellement saines et qu’elles avaient été construites conformément aux normes. Le ministère de la Protection de l’environnement a cependant déclaré qu’il publierait des instructions mises à jour pour l’usine dans les prochains jours, qui incluraient l’obligation de réparer les bassins, afin d’assurer leur stabilité.

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