Les dangers du virus minimisés dans les villages – Directeur d’hôpital arabe
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Les dangers du virus minimisés dans les villages – Directeur d’hôpital arabe

Masad Barhoum a "peur", avertissant que les membres de sa communauté ne se réveilleront face à la menace que lorsqu'ils verront "beaucoup de gens de leur village mourir"

Un travailleur vérifie la température d'un client dans un magasin de la ville de Deir al-Asad, dans le nord d'Israël, le 18 avril 2020. (Basel Awidat/Flash90)
Un travailleur vérifie la température d'un client dans un magasin de la ville de Deir al-Asad, dans le nord d'Israël, le 18 avril 2020. (Basel Awidat/Flash90)

La société arabe israélienne n’a pas saisi la gravité de la pandémie et ne réalisera la gravité de la situation que lorsque les gens verront de nombreux décès dans leurs quartiers, selon un conseiller sanitaire du gouvernement auprès de la communauté arabe.

« Tant que les gens ne verront pas qu’il y a des décès dans leur propre ville, ils n’accepteront pas que quelque chose de vraiment grave se produise », a expliqué au Times of Israël Masad Barhoum, qui dirige le centre médical de Galilée à Nahariya et siège dans un comité consultatif sur le virus auprès du ministère de la Santé.

Masad Barhoum, le premier directeur général arabe d’un hôpital gouvernemental, a prédit : « Ce n’est que si beaucoup de gens mouraient dans leur village qu’ils l’accepteraient comme un grave événement. »

Il a déclaré qu’avec « l’explosion » du virus dans certaines familles arabes, y compris celles qui vivent dans des maisons multigénérationnelles avec des parents âgés à risque d’infection, une sinistre situation qui verrait les décès se multiplier dans la communauté est une perspective réaliste.

Le personnel du troisième service dédié au coronavirus de l’hôpital de Galilée à Nahariya, dirigé par Masad Barhoum, tout juste ouvert pour faire face à la hausse du nombre de patients. (Hôpital de Galilée)

« J’espère qu’on me prouvera que j’ai tort », a-t-il souligné, avant d’ajouter qu’il n’est pas « seulement préoccupé – je suis inquiet, voire même effrayé ».

Ses préoccupations particulières concernant la société arabe découlent des taux d’infection élevés et de la tenue continue de rassemblements particulièrement importants.

Toutefois, M. Barhoum a souligné que « le problème ne se pose pas seulement dans les villes arabes ; mais dans toutes les villes d’Israël, si [les gens] ne voient pas de morts dans leurs villes – et j’espère que je me trompe – ils ne seront pas convaincus ».

Il a déclaré que le déni dans la société arabe était si intense que des mariages de masse avaient encore lieu dans les villages « rouges » proches de son hôpital, mais qu’ils étaient simplement reprogrammés pour se terminer avant le couvre-feu de 19 heures.

« C’est fou », a-t-il dit. « Nous avons le couvre-feu [nocturne] pour empêcher les mariages, mais ils en changent simplement l’horaire. »

Un mariage organisé la semaine dernière dans un village du nord d’Israël, en violation des règles sanitaires liées au coronavirus, et que la police a interrompu et dispersé. (Police israélienne)

« Lors de la première vague, tout le monde était enfermé et il n’y avait pas de mariage », a-t-il commenté. « Mais la saison des mariages va d’avril à septembre, et quand on est avec beaucoup de gens, en train de chanter et de s’embrasser, si une personne est atteinte de coronavirus, elle le transmettra aux autres. »

Ses commentaires surviennent alors que la controverse fait également rage sur les grands mariages au sein de la communauté ultra-orthodoxe, et les rassemblements dans la société israélienne en général.

Mardi, le vice-ministre de l’Education Meir Porush a assisté à un mariage de masse en intérieur à Haïfa, en compagnie de plusieurs centaines d’adeptes de la dynastie hassidique Seret-Vishnitz, qui s’est tenu en violation des directives du ministère de la Santé.

Des vidéos ont également été diffusées, montrant des personnes dansant dans des boîtes de nuit bondées.

Capture d’écran d’une vidéo montrant des centaines d’ultra-orthodoxes lors d’un mariage à Jérusalem, en contravention avec les restrictions du coronavirus, le 5 août 2020. (Capture d’écran/Douzième chaîne)

S’adressant au Times of Israël alors que le gouvernement était sur le point d’approuver un confinement national, M. Barhoum a déclaré que le refus d’arrêter les mariages de masse dans sa communauté l’avait convaincu qu’Israël n’avait pas d’autre choix que celui-là.

« J’avais l’habitude de dire qu’il ne devrait pas y avoir de confinement, mais si les gens veulent vraiment déplacer les mariages, aujourd’hui je crois qu’il devrait y avoir un confinement total, 24 heures sur 24 », a-t-il dit.

M. Barhoum a fait état d’un grand nombre d’admissions dans les communautés arabes voisines dans son hôpital, et a averti que les services étaient tellement surchargés que ses médecins pourraient bientôt devoir envoyer de nouveaux patients infectés dans le centre d’Israël.

Lorsque des personnes sont contaminées dans la communauté arabe, les mesures nécessaires ne sont parfois pas prises pour protéger les parents âgés, qui vivent souvent dans la maison familiale, a mis en garde M. Barhoum.

Masad Barhoum, directeur général de l’hôpital de Galilée à Nahariya. (Autorisation : hôpital de Galilée)

« Il y a des clusters dans certaines familles », a-t-il dit. « Les gens nous viennent de familles où une personne était malade et où ils n’ont pas accepté d’aller dans un hôtel [coronavirus] et de s’isoler. »

« Certaines personnes qui sont en quarantaine quittent leur maison et se déplacent dans les villages, mettant en danger les autres », a ajouté M. Barhoum. « Chez certaines personnes, il n’y a pas de discipline. »

Il a suggéré que les efforts pour communiquer la gravité de la situation étaient entravés par la croyance de certains citoyens arabes – dans des cas accentués par une relation compliquée avec le gouvernement – que les dangers étaient volontairement exagérés. « Certaines personnes intelligentes disent que c’est de la politique, que peu de gens sont morts, qu’ils nous mentent sur les risques encourus », a-t-il rapporté.

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