Les députés autorisent un manuel d’instruction civique controversé
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Les députés autorisent un manuel d’instruction civique controversé

D'aucuns accusent le livre de mettre davantage l'accent sur le caractère juif d'Israël que sur son caractère démocratique

Des lycéens passent une épreuve de baccalauréat, en mai 2013. Illustration.  (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)
Des lycéens passent une épreuve de baccalauréat, en mai 2013. Illustration. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Une commission de la Knesset a approuvé lundi un manuel controversé d’instruction civique dont des députés de gauche et d’autres critiques avaient affirmé qu’il mettait l’accent sur le caractère juif d’Israël tout en minimisant son caractère démocratique.

Les membres de la commission spéciale pour la transparence et l’accessibilité à l’information gouvernementale a autorisé le nouveau manuel pour une période de cinq ans et a décidé qu’il ne serait pas rendu public pour examen avant sa parution, a rapporté la Deuxième chaîne.

Le livre avait fait les manchettes le mois dernier après que des articles citant des extraits qui affirmaient que la plupart des attentats terroristes avaient été perpétrés par des Arabes israéliens, et qui minimisaient le rôle de l’incitation â la violence de la droite dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin.

Les rumeurs avaient également dit qu’il avait remplacé un passage de la Déclaration d’Indépendance par une prière en hébreu.

Le ministre de l’Éducation Naftali Bennett a maintenu que les critiques ne reflétaient pas avec précision le livre, et avait qualifié le reportage de « journalisme de qualité inférieure. »

Le mois dernier, la Deuxième chaîne avait cité une lettre de 11 pages écrit par le Professeur Tamar Hermann, une experte en sciences politiques qui avait travaillé sur le livre, décrivant son contenu de « négligence éducative. »

Naftali Bennett accompagne  sa fille Avigail pour sa première rentrée scolaire en CP  et pour sa propre première rentrée scolaire en tant que ministre de l'Education, le mardi 1er septembre 2015 (Crédit photo: Sasson Tiram)
Naftali Bennett accompagne sa fille Avigail pour sa première rentrée scolaire en CP et pour sa propre première rentrée scolaire en tant que ministre de l’Education, le mardi 1er septembre 2015 (Crédit photo: Sasson Tiram)

Entre autres critiques, Hermann avait écrit que le livre rejettait l’affirmation que l’assassinat de Rabin résultait en partie de l’incitation à la violence de la droite et suggèrait que la plupart des attentats terroristes récents étaient le fait de citoyens arabes d’Israël.

« Il s’agit d’un récit historique faux qui sert le gouvernement, » avait-elle écrit.

Egalement en janvier, Haaretz avait publié une lettre de sept pages de Yehuda Yaari le relecteur-correcteur du manuel, citant de larges extraits de l’ouvrage qu’il avait recommandé de changer. Les passages de la lettre de Yaari confirmaient les allégations de Hermann.

« Il est scandaleux. Il est moralement et factuellement faux », avait dit Yaari.

Le ministère de l’Education avait défendu le manuel, disant que les passages cités par les médias n’etaient pas fiables. Le ministère avait promis en décembre que le contenu du manuel serait mis à la disposition du public pour examen avant la distribution du livre dans les écoles.

Un certain nombre d’élus de gauche s’étaient vivement opposés à la publication du livre et avaient fait valoir que sous la direction de Bennett – du parti de droite HaBayit HaYehudi – l’éducation présente de plus en plus une vue religieusement biaisée de la vie civique israélienne et un récit inexact de l’histoire du payse.

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