Les dirigeants hongrois déclarent protéger les Juifs en refusant l’arrivée de Musulmans
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Les dirigeants hongrois déclarent protéger les Juifs en refusant l’arrivée de Musulmans

Lors de la conférence de Budapest sur l’antisémitisme, des officiels affirment que les politiques isolationistes du gouvernement ont permis de maintenir les crimes racistes à un bas niveau

Le ministre d'État hongrois pour la Politique de sécurité, István Mikola (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Le ministre d'État hongrois pour la Politique de sécurité, István Mikola (Crédit : Capture d'écran YouTube)

BUDAPEST — Lors d’une conférence sur l’antisémitisme en Europe, de hauts responsables hongrois ont déclaré que l’absence de violence contre les Juifs dans leur pays est due à leur refus de faire venir des immigrants musulmans.

L’affirmation, qu’au moins un expert juif sur l’antisémitisme a contestée, est intervenue suite aux critiques à l’encontre du gouvernement de droite du Premier ministre Viktor Orban faites par d’autres dirigeants européens sur sa politique d’immigration, et après une dispute entre le dirigeant hongrois et certains leaders de la communauté juive qui ont accusé Orban d’encourager ou de tolérer une rhétorique antisémite.

Alors que d’autres pays d’Europe ont vu des attaques terroristes de jihadistes menées contre les Juifs et la population au cours des récentes années, « la Hongrie a toujours pu protéger ses citoyens et ses résidents, ses frontières et les éléments fondamentaux de son état de l’immigration de masse et du terrorisme international », a déclaré István Mikola, ministre d’Etat pour la Sécurité, lors d’un événement à Budapest intitulé « Les Juifs d’Europe sont-ils en sécurité ? » et organisé par l’organisme de surveillance de l’antisémitisme des Juifs hongrois, la Fondation d’Action et de Protection.

Csaba Latorkai, assistant du sectéraire d’état pour les Affaires sociales prioritaires, a rappelé le meurtre en 2015 d’un garde de sécurité juif au Danemark par un islamiste avec d’autres attaques, y compris le meurtre de 137 personnes à Paris par d’autres islamistes cette année.

« Prenant des mesures sécuritaires et administratives pour éviter de tels actes, le gouvernement hongrois a agi et, à l’automne de 2015, il a décidé de mettre en place une barrière, a mis en place une fermeture légale des frontières, a déclaré Latorkai dans son discours, ajoutant qu’il l’avait fait « afin de protéger les citoyens et faire de la Hongrie l’un des endroits les plus surs au monde. Personne ne devrait avoir peur qu’il puisse y avoir des attaques terroristes dans nos rues ».

L’arrivée d’au moins deux millions d’immigrants en Europe depuis 2015 de l’Irak, de la Syrie et d’autres pays du Moyen-Orient a conduit des gouvernements d’Europe occidentale à accepter les nouveaux venus quand les états membres orientaux de l’UE ont fermé leurs frontières, y compris la Hongrie.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban en conférence de presse à Budapest, le 4 juillet 2017. (Crédit : Attila Kisbenedek/AFP)

Le rabbin Andrew Baker, le directeur des affaires juives internationales au Comité juif américain, a déclaré au JTA lors de l’événement que le lien opéré par Mikola expliquait comment la Hongrie, qui aura des élections législatives l’année prochaine, « veut dire que [sa politique d’immigration] est encore un autre moyen de prendre soin de sa communauté juive, même si c’est probablement un peu forcé de voir cela comme une menace pour la communauté juive ».

Les dirigeants de la communauté juive à travers l’Europe sont divisés sur l’arrivée d’immigrants de Moyen-Orient : certains évoquent les valeurs juives invitant à la générosité envers les nouveaux venus tandis que d’autres préviennent que l’afflux de Musulmans de pays où l’antisémitisme constitue une norme sociale exacerbera le problème de l’antisémitisme en Europe.

« Le grand nombre de réfugiés qui sont entrés en Europe a évidemment entraîné des préoccupations spéciales », a déclaré Baker, mais il a incité les gens qui entendront son message à « résister à la tentation de pointer du doigt » une population en identifiant les causes de l’antisémitisme.

Se focaliser sur l’immigration « est une chose simple pour les gens ici en Hongrie et pour le gouvernement hongrois », a-t-il déclaré au JTA, contrairement aux questions liées à l’antisémitisme – y compris la campagne conduite cette année par le gouvernement contre George Soros, le milliardaire juif américain libéral d’origine hongroise, que certains observateurs ont considérée comme antisémite.

Une affiche anti-Soros avec une croix gammée, et le nom de Soros remplacé par celui de Viktor Orban, à Budapest, le 17 juillet 2017. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israël)

L’organisation Mazsihisz, qui regroupe des communautés juives, a accusé Orban depuis 2013 d’avoir voulu passer sous silence le rôle de la Hongrie dans le meurtre des Juifs pendant l’Holocauste et d’avoir monté la campagne contre Soros, survivant de l’Holocauste qui était né en Hongrie.

« Le plus triste, c’est que ça marche, a déclaré Baker. « Avec le gouvernement actuel, il y a des efforts de ce genre pour réécrire (…) l’histoire claire [de la Hongrie] dans l’Holocauste ».

Il a rappelé le statue du souvenir « célèbre et infame » à Budapest pour l’occupation nazi, dont la communauté juive a déclaré en 2014 qu’elle passait sous silence la complicité de la Hongrie dans l’Holocauste, et « présente de manière positive Miklos Horthy et le collaboration de la Hongrie pendant la guerre ».

Plus tôt cette année, Orban a qualifié Horthy, qui a aidé les nazis à tuer des milliers de Juifs, « d’homme d’état exceptionnel ».

Régent de la Hongrie Miklós Horthy de Nagybánya avec Adolf Hitler, année non précisée (Crédit : Wikimedia Commons)

Le président de la Fondation Action et Protection, Daniel Bodnar, a déclaré à la conférence que si la violence antisémite reste extrêmement rare en Hongrie, le pays a vu se développer une rhétorique antisémite au cours de la décennie passée, notamment à travers le parti d’extrême droite Jobbik et les médias qui lui sont affiliés.

En 2016 et 2015, sa fondation a recensé 23 et 53 incident en Hongrie, qui dispose d’une communauté d’environ 100 000 Juifs, avec aucune attaque physique contre des personnes. La fondation a lancé des dizaines de procédures judiciaire depuis sa création en 2012.

Des centaines d’incidents, avec de nombreuses attaques aux personnes, ont été enregistrés ces années-là en Grande-Bretagne et en France.

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