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Les Émirats soutiennent les initiatives régionales incluant les Palestiniens

Apres des réserves d'Abou Dhabi à l'idée d'inclure l'AP dans les initiatives régionales, un diplomate émirati déclare que son pays se réjouit de travailler avec les USA et Ramallah

Après la réunion du Sommet du Neguev, le Secrétaire d’État américain, Antony Blinken, s’entretient avec le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Sheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, le lundi 28 mars 2022, à Sde Boker, en Israël. (Crédit : AP Photo/Jacquelyn Martin, Pool)
Après la réunion du Sommet du Neguev, le Secrétaire d’État américain, Antony Blinken, s’entretient avec le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Sheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, le lundi 28 mars 2022, à Sde Boker, en Israël. (Crédit : AP Photo/Jacquelyn Martin, Pool)

Les Émirats arabes unis se réjouissent à l’idée de prendre part à des initiatives régionales intègrant les Palestiniens, a déclaré jeudi un haut diplomate émirati au Times of Israel.

« Nous accueillons favorablement toute initiative des États-Unis pour intégrer les Palestiniens », a déclaré le diplomate. « Nous avons été très activement impliqués » dans « la conversation au Sommet du Néguev sur les Palestiniens ».

Les propos du diplomate font suite à ceux d’un autre responsable du Moyen-Orient, qui avait déclaré mercredi au Times of Israel que les Émirats arabes unis avaient été, au sommet du Néguev de mars, les moins enthousiastes à la perspective des initiatives américaines visant à inclure les Palestiniens dans les programmes de coopération régionale.

Le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Abdullah bin Zayed Al Nahyan, avait été le seul participant à ne pas mentionner les Palestiniens lors du communiqué de presse conjoint, à la fin de ce sommet historique.

Le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Cheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, à droite, prononce une allocution au Sommet du Néguev, avec, de gauche à droite, le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, Abdullatif bin Rashid al-Zayani, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Shoukry, le ministre israélien des Affaires étrangères, Yair Lapid, le Secrétaire d’État américain, Antony Blinken, et le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, le 28 mars 2022, à Sde Boker, en Israël. (Crédit : AP Photo/Jacquelyn Martin)

Les Émiratis insistent sur le fait que cette omission n’est pas révélatrice d’une quelconque hésitation à faire participer les Palestiniens aux initiatives régionales.

« Nous serons heureux de travailler avec les Palestiniens, ouverts à une initiative de coopération plus large », a déclaré le diplomate émirati. « Nous nous en réjouissons. »

« Nous soutiendrons et contribuerons activement toute initiative régionale impliquant collectivement Américains, Égyptiens, Jordaniens, Palestiniens », a précisé le diplomate.

Le sommet à six sur le Néguev, organisé à Sde Boker par le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, a réuni le Secrétaire d’État américain, Antony Blinken, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Sheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif al-Zayani, et le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Shoukry.

Ce sommet sans précédent était une volonté d’Israël et de ses alliés arabes de faire front commun contre l’ennemi régional commun, l’Iran, et de faire comprendre à Blinken leurs inquiétudes quant à l’orientation de la politique américaine vis-à-vis de l’Iran. Des responsables israéliens ont déclaré aux journalistes, sur les lieux du Sommet, que les discussions étaient notamment centrées sur la création d’une « architecture de sécurité régionale ».

À l’heure des déclarations finales, les hauts diplomates des États-Unis, de Bahreïn, du Maroc et surtout de l’Égypte ont réitéré leur soutien à la perspective d’un État palestinien.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, au centre, avec le Premier ministre de l’époque, Ahmed Qureia, à gauche, et le vice-premier ministre de l’époque, Nabil Shaath, lors d’une conférence de presse à Gaza, le 25 avril 2005. (Crédit : Adel Hana/AP)

Ramallah, pour sa part, a violemment critiqué le sommet.

Un haut responsable palestinien, Bassam al-Salihi, a déclaré au Times of Israel que la visite des diplomates arabes au Néguev n’aiderait pas les Palestiniens, « quel que soit le motif » de leur participation.

« La question palestinienne ne sera pas à l’ordre du jour de ce sommet. Si la question est évoquée, ce sera aux conditions d’Israël », avait déclaré al-Salihi, membre du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine.

La Jordanie, qui n’a pas envoyé son ministre des Affaires étrangères au sommet, subordonne la qualité de ses relations avec Israël à la politique de Jérusalem envers les Palestiniens. Le jour-même du sommet, le président de l’AP Mahmoud Abbas a accueilli le roi Abdallah de Jordanie à Ramallah.

L’administration Biden a considéré le sommet du Néguev comme une occasion d’entraîner les Palestiniens dans des programmes de coopération, dans le sillage des accords d’Abraham, ont déclaré des diplomates du Moyen-Orient au Times of Israel.

C’est la politique promue par la Maison blanche depuis que le président Joe Biden a pris ses fonctions, en janvier 2021.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Yair Lapid, à gauche, s’exprime pendant une table ronde aux côtés du secrétaire d’État américain, Antony Blinken, à Sde Boker, pendant le Sommet du Néguev, le 28 mars 2022. (Crédit : Jacquelyn MARTIN / POOL / AFP)

Les participants au Sommet du Néguev ont également convenu de créer six groupes de travail pour renforcer la coopération régionale en matière de sécurité nationale, d’éducation, de santé, d’énergie, de sécurité alimentaire et de tourisme.

Blinken avait proposé un septième groupe de travail centré sur la question palestinienne, mais l’idée a été rejetée par Lapid, qui a suggéré d’inclure les Palestiniens dans les six groupes de travail, ont confirmé deux diplomates du Moyen-Orient au Times of Israel.

Lapid craignait qu’un comité spécifiquement dédié à la question palestinienne ne s’attire l’opposition de certains des membres les plus à droite de la fragile coalition israélienne, a indiqué l’un des diplomates.

Abbas a dit à Blinken lorsqu’ils se sont rencontrés à Ramallah, quelques heures avant que le Secrétaire d’État ne se rende à Sde Boker, qu’il accueillait favorablement l’idée d’intégrer les Palestiniens dans les alliances régionales plus larges, a déclaré un responsable palestinien, tout en précisant que les accords d’Abraham n’étaient pas le bon cadre pour ce faire.

Aaron Boxerman a contribué à cet article.

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