Les États-Unis doivent « guider » Israël tel un ami entêté, affirme Pete Buttigieg
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Les États-Unis doivent « guider » Israël tel un ami entêté, affirme Pete Buttigieg

Pour le candidat à l'investiture démocrate pour les présidentielles, les Palestiniens manquent de leadership et Washington ne devrait pas soutenir tout ce que fait Netanyahu

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le candidate démocrate à l'investiture présidentielle Pete Buttigieg, maire de South Bend, lors d'un événement de récolte de fonds à Wynwood Walls, le 20 mai 2019, à Miami. (Crédit : AP Photo/Lynne Sladky)
Le candidate démocrate à l'investiture présidentielle Pete Buttigieg, maire de South Bend, lors d'un événement de récolte de fonds à Wynwood Walls, le 20 mai 2019, à Miami. (Crédit : AP Photo/Lynne Sladky)

WASHINGTON — Le candidat à l’investiture démocrate pour les présidentielles Pete Buttigieg a déclaré à des responsables juifs jeudi que les Palestiniens n’avaient pas le leadership nécessaire pour être un partenaire de la paix, mais que les États-Unis doivent « guider » Israël vers des politiques moins ravageuses.

Le maire de South Bend, dans l’Indiana, un des favoris à l’investiture démocrate très disputée, a indiqué qu’il s’engageait pour la sécurité d’Israël, mais que son affection pour le pays signifiait également qu’il se sentait obligé de défier le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« La façon dont je perçois notre relation avec Israël… ressemble assez à la façon dont je perçois ma relation avec les États-Unis », a déclaré Pete Buttigieg, d’après plusieurs personnes présentes. « En tant qu’Américain loyal, patriote, je ne pense pas que cela signifie que je dois être loyal envers l’agenda politique de l’administration actuellement présente à Washington ».

Le jeune candidat démocrate s’adressait à plus de 40 militants juifs, responsables d’organisations et d’anciens responsables du gouvernement de premier plan.

Cet événement s’inscrivait dans le cadre d’une série de conversations franches et officieuses entre les candidats démocrates aux présidentielles de 2020 et la communauté juive.

Pete Buttigieg, 37 ans, a implicitement dénoncé l’approche du président Donald Trump, qui s’est montré bienveillant à l’égard de Jérusalem et a accordé à Israël de nombreuses faveurs diplomatiques, dont le transfert de l’ambassade américaine, la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan et la suppression des aides accordées aux Palestiniens.

Le président américain Donald Trump (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu présentent un décret sur le plateau du Golan devant l’aile ouest après une réunion à la Maison Blanche, le 25 mars 2019, à Washington. (Brendan Smialowski/AFP)

« Je ne crois pas que la bonne approche soit de soutenir l’ensemble de l’agenda du gouvernement actuel », a indiqué Buttigieg. « La bonne approche consiste à faire prendre une autre direction à un allié ou ami qui réalise des choses que l’on pense nuisibles. C’est en partie comme cela que marche notre alliance. Et je pense que le leadership américain est nécessaire, en particulier, à l’égard de notre allié, Israël, dans un moment comme celui-ci ».

Sans préciser à quelles politiques d’Israël il faisait référence en particulier, il avait dénoncé, en mars dernier, la proposition de Netanyahu d’annexer les implantations de Cisjordanie après les élections, qualifiant cette promesse de « nuisible » et estimant que les États-Unis avaient besoin d’un président qui « conseille à notre allié de ne pas abandonner la solution à deux Etats ».

Jeudi, le candidat a ajouté qu’Israël n’était pas le seul obstacle à la conclusion d’un accord de paix. « L’un des problèmes majeurs, c’est que nous n’avons pas les bons types de partenaires côté Palestiniens », a-t-il ainsi déclaré à son auditoire.

Dennis Ross à la conférence Zionism 3.0 à Palo Alto, Californie, le 18 septembre 2016. (Crédit : Michelle Shabtai)

Des sources ont confié au Times of Israel que plusieurs Juifs américains influents étaient présents, dont l’ancien négociateur de la paix au Moyen-Orient, l’ambassadeur Dennis Ross, le directeur exécutif du Washington Institute Rob Satloff, le rabbin réformé Rabbi Jonah Pesner, le sondeur démocrate Mark Mellman et Alan Gross.

Pete Buttigieg a également indiqué que le voyage qu’il avait fait récemment en Israël avec l’American Jewish Committee (AJC) avait consolidé ses liens avec l’État juif.

« J’ai constaté avec une grande admiration les réussites et la nature compacte de cette terre et ce que cela impliquait pour la sécurité », a-t-il expliqué, « ce qui m’a renforcé dans ma volonté de m’assurer que les États-Unis soient un allié ».

Il a également condamné les républicains qui disent que les Juifs « devaient quitter en masse le Parti démocrate ».

« C’est assez phénoménal de voir une Maison Blanche accueillir des gens que je pense sans vergogne antisémites », a-t-il dit. « La Maison Blanche a trouvé des excuses à des gens qui scandent dans la rue ‘les Juifs ne nous remplaceront pas' ».

Trump, lui-même, a plusieurs fois tweeté que les Juifs quittaient le parti avec lequel ils ont été si proches historiquement, après les propos controversés de la jeune élue démocrate du Congrès Ilhan Omar l’hiver dernier.

« Combattre l’antisémitisme, de même que lutter contre toutes les formes de haine, doit être une cause bipartisane », a fait savoir Pete Buttigieg.

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