Israël en guerre - Jour 283

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Les Juifs de Diaspora invités à prêter leur maison de vacances en Israël aux évacués

Une organisation d'aide aux olim permet aux populations déplacées du sud de trouver un point de chute dans des maisons de vacances en bord de mer ou ailleurs

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

L'immigrante américaine Nechama Levy (à gauche) aide une famille originaire d'Ofakim à retrouver la sécurité dans un appartement en bord de mer à Netanya. (Autorisation)
L'immigrante américaine Nechama Levy (à gauche) aide une famille originaire d'Ofakim à retrouver la sécurité dans un appartement en bord de mer à Netanya. (Autorisation)

Comme beaucoup d’autres personnes chassées de chez elles par les combats qui se déroulent dans le sud, les sœurs Tal Cohen, Or Caspi et Raz Sella se retrouvent aujourd’hui dans une chambre avec vue sur mer. Mais contrairement à d’autres personnes évacuées, logées à l’hôtel à Eilat ou à la mer Morte, ces sœurs et leurs enfants ne sont pas à l’hôtel, mais dans l’une des milliers de résidences secondaires appartenant à des Juifs de l’étranger.

Des centaines de milliers d’Israéliens ont été déplacés par les combats qui font rage dans le nord comme dans le sud du pays, et nombre d’entre eux ont besoin d’une solution de long terme, incompatible avec la vie à l’hôtel. Aussi, des étrangers ont-ils décidé d’ouvrir leur résidence de vacances – normalement vide à cette période – à des familles qui se retrouvent brutalement sans abri. Ce qui a longtemps été présenté – et dénoncé – comme des appartements fantômes, compte tenu du marché immobilier israélien, permet aujourd’hui de répondre aux besoins essentiels d’un pays en guerre.

Immigrants anglo-américains, bénévoles israéliens et ONG juives israéliennes se sont mobilisées pour demander aux Juifs de la diaspora du monde entier de mettre leur logement vide en Israël à disposition des nombreuses personnes déplacées avec un besoin urgent de logement temporaire pour les deux prochains mois.

Avec l’aide de l’immigrante américaine Nechama Levy, Cohen et ses deux garçons Hallel, 6 ans, et Lavi, 5 ans, originaires d’Ofakim, vivent maintenant avec Sella et Caspi dans un appartement en bord de mer, sur la côte de Netanya, normalement occupé quelques semaines par an par des résidents étrangers.

Sella et sa fille Avigail sont également originaires d’Ofakim, et Caspi et ses filles de 3 ans et 10 mois – Tamar et Ayala -, de la ville voisine de Sderot, à moins d’un kilomètre de la bande de Gaza, zones durement touchées par l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre dernier.

Leur mère, qui est une travailleuse essentielle à Ofakim, les rejoint à Netanya le week-end. Les maris ont été appelés par l’armée pour participer à l’effort de guerre.

Les bénévoles d’Alynu livrent des meubles de base, matelas et autres fournitures pour les appartements de vacances vides à Netanya mis à disposition par leurs propriétaires pour accueillir les habitants du sud déplacés en raison de la guerre contre le Hamas. (Autorisation)

En ce samedi 7 octobre, Caspi et ses proches se trouvaient chez sa sœur Sella, à Ofakim.

« Nous avons été réveillés par les sirènes et sommes allés directement dans l’abri, où nous sommes restés une fois informés des infiltrations terroristes », se souvient Caspi.

Les deux familles se sont ensuite retrouvées dans l’abri d’un voisin qui avait une arme, ajoute-t-elle. « Nous sommes restés là, pétrifiés, jusqu’à dimanche soir ». « Il y avait peu de nourriture – personne n’avait vraiment faim – et pas d’électricité, alors nous nous sommes assis dans le noir. »

Une fois retournées chez elles, les deux familles ont passé la semaine dans leur pièce sécurisée. « Nous avions trop peur de quitter Ofakim, de peur de croiser des terroristes en chemin », explique Caspi.

Une famille qui a fui les tirs de roquettes à Ofakim est hébergée dans un appartement de vacances en bord de mer à Netanya. (Autorisation)

C’est lorsque les trois sœurs et les leurs se sont décidés à partir qu’ils ont entendu parler, par un voisin, d’une initiative lancée par Levy, fondatrice de l’organisation d’aide aux immigrants Alynu, basée à Netanya, et ses bénévoles pour mettre à la disposition de personnes évacuées des appartements vacants dans des zones plus sûres, le temps des combats.

« Nous avons contacté Levy, et elle nous a trouvé un appartement, en bord de mer », explique Caspi, avec de la gratitude dans la voix.

Levy ajoute : « Nous avons appelé les propriétaires en Angleterre pour savoir s’ils seraient disposés à prêter leur appartement – souvent leur bien immobilier le plus important, qui leur sert de résidence secondaire -.

« Les gens sont d’une générosité incroyable, ils font tout leur possible pour aider. »

Pour favoriser l’accord des propriétaires, Alynu s’assure de protéger leurs intérêts grâce à un accord juridiquement contraignant et des services d’entretien.

Les bénévoles d’Alynu fournissent des repas préparés par un traiteur de Netanya à un camp de jour pour les enfants des familles déplacées du sud et du nord d’Israël. (Autorisation)

« Nous pouvons livrer des repas casher aux familles tous les jours, de sorte qu’elles n’ont pas besoin d’utiliser la cuisine de l’appartement qui leur est prêté si c’est un problème », ajoute Levy.

Levy a jusqu’à présent réussi à mettre à disposition pas moins de 55 appartements – certains accessibles en fauteuil roulant –, principalement à Netanya et dans ses environs ou encore à Herzliya. Ils sont occupés par des familles originaires d’Ofakim, Netivot et d’autres endroits ravagés.

« Nombre de ceux qui ouvrent les portes de leur maison en ces circonstances ne loueraient pas leur appartement », explique Levy. « La plupart des appartements sont mis à disposition gratuitement, tout au plus les propriétaires demandent-ils une prise en charge des frais courants tels que l’électricité et l’eau. »

L’organisation apporte des matelas et des fournitures de base, et livre des centaines de repas de Shabbat. Les bénévoles organisent également des activités pour les enfants et donnent un coup de main aux mamans.

L’appartement dans lequel séjournent les trois sœurs et leurs enfants est une maison de vacances appartenant à une famille anglaise qui a immigré en Israël et vit à Jérusalem.

Le Maccabi Netanya accueille les enfants de familles du sud qui ont dû évacuer pour une séance d’entraînement. (Autorisation)

« Nous sommes immensément reconnaissants non seulement d’avoir un endroit où vivre en sécurité, mais aussi pour toute l’aide que nous apporte au quotidien Alynu, comme les repas préparés par un traiteur, les activités pour enfants, dans les camps de jour du centre communautaire allant du football au tennis en passant par la natation, ou encore l’aide aux mères comme la garde d’enfants ou la thérapie par le yoga », déclare Or.

Pour financer ces activités ainsi que l’aide aux familles traumatisées relogées à Netanya, Alynu a lancé une collecte de fonds d’urgence, qui, espère Levy, permettra de recueillir au moins 250 000 shekels.

Hila et Moshe, contraints de quitter la ville côtière d’Ashkelon, dans le sud du pays, en raison de tirs nourris de roquettes, ont trouvé refuge dans un appartement de Jérusalem mis à disposition par un propriétaire qui vit à San Francisco. Mais Moché a d’abord dû organiser le transfert de son père de l’hôpital Barzilai d’Ashkelon, où sa mère le veille, à l’hôpital Shaare Zedek de Jérusalem.

La famille s’est tournée vers l’Organisation sioniste mondiale, qui a elle aussi demandé aux Juifs et Israéliens de la diaspora qui possèdent des résidences secondaires vacantes de les prêter aux personnes évacuées ou déplacées des communautés déchirées par la guerre. L’organisation s’est constituée garante de ces biens afin d’assurer à leurs propriétaires une restitution dans des conditions optimales. Dans ce cadre, un contrat est signé entre l’Organisation sioniste mondiale et les propriétaires des logements, et un autre entre l’Organisation sioniste mondiale et la famille qui vivra dans l’appartement.

Une famille déplacée par la guerre signe un contrat avec l’Organisation sioniste mondiale avant d’emménager temporairement dans un appartement appartenant à des Juifs de la diaspora. (Autorisation)

Moshe et Hila ont trouvé un logement à moins de cinq minutes à pied de l’hôpital Shaare Zedek moins d’un jour après avoir contacté l’Organisation sioniste mondiale, signature du contrat comprise.

« Au début, lorsque cette initiative m’a été présentée, je dois admettre que j’étais un peu sceptique quant à la possibilité que des propriétaires étrangers mettent leur logement à disposition gratuitement », admet Roi Abecassis, directeur du centre d’études religieuses de la diaspora au sein de l’Organisation sioniste mondiale. « Je suis étonné par la rapidité des réponses reçues depuis que nous avons commencé à contacter les Juifs de la diaspora qui possèdent un logement en Israël. »

« En l’espace de 48 heures, nous avons reçu 100 demandes », ajoute M. Abecassis, qui est également coordonnateur du projet logement. « Ce qui nous a beaucoup aidés, c’est la garantie que nous offrons aux propriétaires qu’ils retrouveront leur logement dans son état initial, que les factures d’eau et d’électricité seront prises en charge et qu’ils auront une personne de contact. »

Depuis que le projet « My Home is Your Home » a été lancé par le président de l’Organisation sioniste mondiale, Yaakov Hagoel, il a permis de bâtir une base de données de 400 logements pour des contrats d’une durée d’au moins trois mois. Ces logements sont principalement situés à Netanya, Herzliya, Tel Aviv et Jérusalem : ils accueillent des familles évacuées des communautés proches de Gaza. L’organisation fait actuellement en sorte de mettre en relation les familles déplacées avec sa base de données d’appartements, en coordination avec les autorités locales et les municipalités de Sderot, Kfar Aza, Ashkelon et d’autres communautés où les résidents sont en cours d’évacuation.

« A Netivot, nous avions une famille dont l’appartement a été endommagé par une roquette. Nous avons réussi à les faire venir à Netanya juste avant que la mère n’accouche », raconte Abecassis.

Il précise qu’il est parfois compliqué d’apparier un logement à une famille car certaines ont des animaux de compagnie, d’autres des besoins spéciaux ou d’autres spécificités.

Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, car WZO dispose d’une liste d’au moins 3 000 familles déplacées ayant besoin d’un logement.

Capture d’écran de la vidéo de l’adjointe au maire de Jérusalem, Fleur Hassan-Nahoum, qui est également cofondatrice du Conseil d’affaires Émirats arabes unis-Israël. (Crédit : YouTube)

« Ces deux prochains jours, l’idée est de trouver le bon appartement et ensuite, de loger plus de 500 familles », ajoute Abecassis.

Avec une grande ferveur, l’adjointe au maire de Jérusalem, Fleur Hassan-Nahoum, a demandé aux Juifs de l’étranger de mettre gracieusement leur logement vacant dans et autour de la capitale à disposition des personnes évacuées du sud et du nord d’Israël.

« Si vous avez un logement de vacances à Jérusalem ou dans les environs, nous avons besoin de vous », a déclaré Hassan-Nahoum dans une vidéo. « Nous aimerions que vous ouvriez temporairement votre porte à une famille évacuée et nous nous occuperons du reste, des aspects juridiques, des assurances, etc. »

Hassan-Nahoum précise que l’Initiative Portes Ouvertes s’est associée à l’Association du Barreau israélien afin de rédiger des contrats types de nature à protéger les droits des propriétaires et des familles déplacées. Le contrat, qui permet aux propriétaires de décider de la durée pendant laquelle ils sont prêts à prêter leur logement, est accompagné d’une police d’assurance ad hoc.

Malgré tout, de nombreux propriétaires de logements à Jérusalem rechignent à les mettre à disposition de personnes déplacées.

Hassan-Nahoum dit prendre elle-même part à cette initiative en accueillant une famille évacuée dans l’appartement de sa défunte mère, à Jérusalem.

« Ma mère avait un appartement juste à côté du mien et depuis trois jours, je suis heureuse d’y recevoir une famille du sud chassée par les tirs de roquettes et la zone de guerre », a-t-elle déclaré.

« J’espère que vous ferez comme moi. »

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