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Des Palestiniens jettent des cocktails molotov dans la mosquée al-Aqsa

Les émeutiers ont déclenché de petits incendies dans le lieu de culte ; la droite israélienne maintient sa marche dans la Vieille Ville malgré l'opposition de la police

Les émeutiers palestiniens jettent un cocktail molotov depuis l'intérieur de la mosquée al-Aqsa sur le mont du Temple, le 20 avril 2022. (Crédit : Capture d'écran MFA Twitter, utilisée conformément à la Clause 27a de la loi sur le copyright)
Les émeutiers palestiniens jettent un cocktail molotov depuis l'intérieur de la mosquée al-Aqsa sur le mont du Temple, le 20 avril 2022. (Crédit : Capture d'écran MFA Twitter, utilisée conformément à la Clause 27a de la loi sur le copyright)

Des confrontations mineures ont été signalées sur le mont du Temple et à la mosquée al-Aqsa à Jérusalem, dans la matinée de mercredi, opposant la police israélienne et des Palestiniens dans un contexte de fortes tensions et alors qu’une marche organisée par la droite de l’échiquier politique israélien doit avoir lieu, malgré l’opposition des autorités.

Des images filmées sur le mont du Temple montrent des jets de pierres et de cocktails molotov en direction des agents, notamment depuis l’intérieur de la mosquée al-Aqsa.

Plusieurs bombes artisanales de ce type ont déclenché de petits incendies dans la mosquée, brûlant un tapis placé à l’entrée. Les flammes ont été éteintes et les échauffourées sont restées néanmoins limitées.

« Les violences mettent en péril les fidèles qui viennent pour prier, et elles entravent les efforts livrés par la police pour garantir la liberté de culte sur le site », a commenté le ministère israélien des Affaires étrangères.

« Les cocktails molotov ont mis le feu à un tapis et à une fenêtre, entraînant de petits incendies qui ont heureusement pu être maîtrisés avant que de plus grands dégâts ne soient commis », a-t-il ajouté.

Ces affrontements ont eu lieu alors que plusieurs centaines de pèlerins juifs, escortés par les forces de l’ordre, visitaient le lieu saint.

Selon un groupe activiste qui encourage les visites des Juifs sur le mont du Temple, 1 538 Juifs se sont rendus sur le mont dans la journée de mercredi – un record quotidien pour une fête.

Les médias israéliens ont fait savoir que trois hommes juifs avaient été arrêtés après avoir ignoré les instructions données par la police et avoir tenté de faire la prière, ce qui est interdit aux Juifs.

Les non-musulmans n’auront plus l’autorisation de venir sur le mont du Temple et de visiter la mosquée al-Aqsa à partir de vendredi et jusqu’à la fin du mois sacré musulman du ramadan, le 2 mai, conformément à une politique de longue date.

L’interdiction des visiteurs juifs sur le site, cette année – une interdiction qui durera donc dix jours – est considérée comme entrant dans le cadre du statu-quo sur le mont du Temple. Le statu-quo permet aux musulmans d’y monter et d’y prier, tandis que les Juifs ne sont autorisés à le visiter qu’à des horaires choisis et il leur est interdit d’y prier.

Le site est le lieu le plus saint du judaïsme – c’est là que se trouvaient les deux temples bibliques – et la mosquée al-Aqsa, qui se dresse sur le mont du Temple, est le troisième site le plus sacré de l’islam.

Un groupe de Juifs religieux devant le Dôme du rocher pendant leur visite sur le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 20 avril 2022. (Crédit : Menahem Kahana / AFP)

Pour leur part, les activistes juifs de droite ont décidé de maintenir leur plan de marche à travers la Vieille Ville de Jérusalem, même si la police a fait savoir qu’elle avait rejeté l’itinéraire proposé.

La « marche des drapeaux » – similaire à celle qui a habituellement lieu dans la ville lors de la Journée de Jérusalem, Yom Yeroushalayim – a été rejetée par les forces de l’ordre dans la mesure où les organisateurs prévoyaient de passer par la Porte de Damas, point particulièrement sensible. Mercredi matin, la police avait expliqué avoir accepté un parcours alternatif proposé par les organisateurs, qui sont depuis revenus sur cette proposition pour des raisons qui n’ont pas été précisées.

« Nous établissons encore une fois clairement qu’à ce stade, la police n’a pas approuvé la manifestation sous son format actuel », avait fait savoir un communiqué de cette dernière.

La marche a été organisée en amont cette semaine, après l’attaque par des Palestiniens d’un bus qui circulait aux abords de la Vieille Ville et se dirigeait vers le mur Occidental. Dans ces attaques, des vitres avaient été brisées et des blessés ont été dénombrés parmi les passagers. Des Juifs portant un châle de prière ont aussi été agressés.

Le député d’extrême-droite Itamar Ben Gvir, du parti Sionisme religieux, a fait savoir qu’il participerait à la marche.

Mercredi matin, des milliers de personnes se sont rendues à la deuxième cérémonie de prière traditionnelle de la semaine au mur Occidental. Les autorités étaient en alerte, craignant une escalade potentielle des violences.

Le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir après avoir visité le mont du Temple, au Mur occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 31 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un grand nombre de policiers, notamment des agents sous couverture, avaient été déployés pour sécuriser l’événement – qui a commencé aux environs de 8h30 du matin – dans la Vieille Ville. De nombreuses routes ont été fermées à la circulation.

La cérémonie de bénédiction des prêtres, qui a lieu deux fois par an – connue en hébreu sous le nom de « Birkat HaCohanim » – se tient à Pessah et à Soukkot. Elle attire généralement des dizaines de milliers de fidèles, qui remplissent la place du mur et dont la présence déborde dans les secteurs environnants.

La situation est explosive actuellement à Jérusalem, alors que des affrontements ont opposé Palestiniens et policiers sur le mont du Temple, que les fêtes du ramadan et de Pessah ont attiré des milliers de personnes dans les lieux saints, que les forces de sécurité israéliennes mènent des opérations de répression du terrorisme en Cisjordanie et que les groupes terroristes de Gaza attisent les tensions.

Des Palestiniens masqués prennent position lors d’affrontements avec les forces de sécurité israéliennes sur le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 avril 2022. (Crédit : Mahmoud Illean/AP)

Le Hamas a proféré de nouvelles menaces, mardi, après un embrasement dans le sud la nuit précédente.

Une roquette avait été tirée depuis Gaza, lundi soir, et interceptée par le système de défense antiaérien du Dôme de fer. Ce tir de roquette avait été le premier depuis quatre mois et l’État juif avait visé des cibles du Hamas dans la bande quelques heures plus tard en représailles.

Aucun des groupes terroristes de Gaza n’a revendiqué la responsabilité de ce tir de roquette.

Un haut-responsable de la sécurité a fait savoir à la chaîne publique Kan, mardi, qu’Israël se préparait à de nouveaux tirs du même type. Le Hamas est dans l’incapacité d’empêcher les autres organisations terroristes de lancer des roquettes et le système de défense antiaérien d’Israël est en état d’alerte maximal, a confié le responsable.

Pour leur part, les médias du Hamas, à Gaza, ont décidé de rehausser leur niveau de préparation pour les prochains jours.

Des fidèles juifs se couvrent de châles pour prier devant le Mur occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, pendant la bénédiction sacerdotale « Birkat HaCohanim » lors de la fête juive de Pessah, le 20 avril 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Lors de notre réunion, il a été souligné que nous devons continuer à nous montrer prêts à toute éventualité en relevant le niveau de préparation national », a commenté le porte-parole du Hamas. « Nous avons le doigt posé sur la gâchette. »

Après le tir de roquette, le Hamas a transmis un message à Israël par le biais d’intermédiaires égyptiens pour souligner qu’il ne souhaitait pas une nouvelle escalade et qu’il n’était pas responsable de l’attaque, selon Kan.

Le ramadan est souvent une période de tensions entre Israël et les Palestiniens. Vendredi, ces tensions avaient atteint une nouvelle dimension après que des jeunes Palestiniens ont rassemblé des pierres et d’autres armes à l’intérieur de la mosquée, certains brandissant la bannière verte du Hamas.

La police était entrée dans le complexe, entraînant des heurts. 400 Palestiniens environ ont été arrêtés et plus de 150 ont été blessés. La majorité des détenus avait été ultérieurement libérée.

Les affrontements ainsi que les images de la police en train de frapper des civils à l’aide de matraques, avaient entraîné les condamnations de la communauté internationale, notamment de la part des alliés arabes d’Israël.

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