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Les premiers appelés attendus aux bureaux de Tsahal ; heurts entre Haredim et police

Des femmes reporters rapportent des scènes de violence à leur encontre de la part de manifestants ultra-orthodoxes opposés à leur enrôlement

Des hommes ultra-orthodoxes se heurtant à la police lors d'une manifestation contre l'appel militaire, devant le centre de recrutement de l’armée israélienne, à Tel HaShomer, le 5 août 2024. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Des hommes ultra-orthodoxes se heurtant à la police lors d'une manifestation contre l'appel militaire, devant le centre de recrutement de l’armée israélienne, à Tel HaShomer, le 5 août 2024. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Des centaines d’hommes ultra-orthodoxes ont affronté la police lundi au bureau de recrutement militaire de Tel HaShomer pour protester contre l’enrôlement militaire controversé des membres de la communauté ultra-orthodoxe – ou haredi.

Malgré les violences constatées, aucune arrestation ne semble avoir eu lieu.

Des images de la scène ont montré des échauffourées entre les manifestants et la police. Certains ont crié : « La prison plutôt que l’armée ! »

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux a montré un manifestant annonçant : « C’est Auschwitz, c’est le dernier arrêt. »

Plusieurs femmes journalistes ont fait état de violences à leur égard de la part des émeutiers, en plus des slogans injurieux.

Merav Sever du quotidien Israel Hayom et Rotem Golan de la chaîne de la Knesset ont déclaré que des bouteilles ont été lancées dans leur direction et qu’elles ont été qualifiées, entre autres, de « shiksa » – terme très péjoratif pour désigner les femmes non juives.

Golan a déclaré que quelqu’un avait fait tomber son téléphone par terre, sans que les forces de l’ordre ne réagissent. Elle a ajouté que de l’eau, des yaourts et même des excréments de chevaux ont également été lancés dans leur direction.

La manifestation s’est déroulée alors que les 900 premiers hommes ultra-orthodoxes étudiant en yeshiva jusque-là exemptés devaient se présenter aux bureaux de recrutement – 500 lundi et 400 mardi – bien que de nombreux chefs spirituels haredim aient interdit à leurs disciples de répondre à l’appel.

Des hommes ultra-orthodoxes se heurtant à la police lors d’une manifestation contre l’appel militaire, devant le centre de recrutement de l’armée israélienne, à Tel HaShomer, le 5 août 2024. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

La première phase pour les recrues comprend une série d’examens médicaux et psychologiques, ainsi qu’une rencontre avec un officier de sélection.

Selon Walla, il est estimé qu’un tiers des recrues finira par rejoindre les rangs de l’armée.

Les militants haredim opposés à l’enrôlement de leur communauté organisent régulièrement des manifestations tapageuses à Jérusalem, à Bnei Brak et ailleurs, qui engorgent la circulation et sont interrompues de force par la police.

On s’attendait à ce que les manifestations prennent de l’ampleur au fur et à mesure de la journée. En conséquence, la police avait annoncé en amont que certaines artères adjacentes seraient bloquées à la circulation.

Des hommes ultra-orthodoxes se heurtant à la police lors d’une manifestation contre l’appel militaire, devant le centre de recrutement de l’armée israélienne, à Tel HaShomer, le 5 août 2024. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Un certain nombre de grands rabbins avaient appelé les jeunes hommes à ne pas se présenter au bureau de recrutement, les groupes ultra-orthodoxes les plus extrémistes les appelant à manifester.

Selon Ynet, des tracts affichés dans un certain nombre de quartiers haredim indiquent que le projet s’apparente à « une terrible Shoah pour les jeunes Juifs ultra-orthodoxes de Terre Sainte ».

Le différend sur la communauté ultra-orthodoxe servant dans l’armée est l’un des plus litigieux en Israël, avec des dizaines d’années de tentatives gouvernementales et judiciaires pour régler la question sans jamais parvenir à une résolution stable. Les dirigeants religieux et politiques haredim résistent farouchement et protestent contre tout effort visant à enrôler des hommes étudiant en yeshiva à plein-temps.

De nombreux Juifs ultra-orthodoxes estiment que le service militaire est incompatible avec leur mode de vie et craignent que ceux qui s’enrôlent ne soient sécularisés. Ce sentiment s’est renforcé depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre dans le sud d’Israël et la guerre qui s’en est suivie, au cours de laquelle plus de 680 soldats ont été tués et plus de 300 000 réservistes ont été mobilisés.

Des hommes ultra-orthodoxes se heurtant à la police lors d’une manifestation contre l’appel militaire, devant le centre de recrutement de l’armée israélienne, à Tel HaShomer, le 5 août 2024. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

En juin, la Haute Cour avait statué qu’il n’existait plus de cadre juridique permettant à l’État de s’abstenir d’enrôler des Haredim qui étudient en yeshiva dans le service militaire, et la procureure générale avait ordonné au gouvernement d’entamer sans délai le processus de conscription pour 3 000 de ces hommes – le nombre que Tsahal a déclaré pouvoir traiter à ce stade préliminaire.

Le mois dernier, l’armée a annoncé que le processus de conscription allait commencer. Les 1 000 premiers ordres d’enrôlement ont été envoyés le 21 juillet et Tsahal se prépare à envoyer le deuxième lot.

À la fin de chacun des trois lots d’ordres d’enrôlement, le ministère a déclaré « qu’un processus d’apprentissage aura lieu afin d’améliorer les vagues suivantes ».

La semaine dernière, le bureau de la procureure générale a demandé à l’armée d’étendre sa mobilisation aux étudiants de yeshiva à plein temps et pas seulement aux membres de cette communauté qui ont un emploi.

Le gouvernement actuel, qui comprend les partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah, s’est engagé à adopter une loi qui augmenterait progressivement l’enrôlement des Haredim, mais des écarts importants subsistent entre les souhaits des factions ultra-orthodoxes et ceux de nombreux députés de haut rang du Likud.

La commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset travaille actuellement sur un projet de loi relatif à l’enrôlement des ultra-orthodoxes, dont le président Yuli Edelstein (Likud) a assuré qu’il ne serait adopté que s’il y avait un « large accord ».

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