Les tirs à balles réelles sont conformes au droit international, selon Israël
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Les tirs à balles réelles sont conformes au droit international, selon Israël

En réponse aux requêtes de la Cour suprême, les avocats affirment que les émeutes le long de la barrière frontalière font partie du conflit armé contre le pays

Des manifestants palestiniens brûlent des pneus près de la frontière avec Israël dans la bande de Gaza, vu du côté israélien de la frontière, le 13 avril 2018. (Sliman Khader/Flash90)
Des manifestants palestiniens brûlent des pneus près de la frontière avec Israël dans la bande de Gaza, vu du côté israélien de la frontière, le 13 avril 2018. (Sliman Khader/Flash90)

Dimanche, les procureurs de l’État ont plaidé en faveur de l’utilisation de tirs à balles réelles par l’armée lors d’affrontements avec des manifestants palestiniens à la frontière avec la bande de Gaza, affirmant que les règles d’engagement sont conformes au droit israélien et international, et que les émeutes ne peuvent pas être considérées comme de simples manifestations de civils.

Les juristes répondaient à deux requêtes déposées par des organisations de défense des droits de l’homme concernant les règles de tir à balles réelles utilisées par l’armée israélienne pour faire face aux manifestations organisées par le groupe terroriste du Hamas.

Quatre personnes auraient été tuées et plus de 300 ont été blessées lors de rassemblements vendredi, a déclaré le ministère de la Santé de la bande de Gaza, dirigé par le Hamas, alors que des milliers de Palestiniens convergeaient vers la frontière avec Israël pour une cinquième série de manifestations hebdomadaires.

« Les règles d’engagement des forces de sécurité dans la zone de la barrière de sécurité sont conformes au droit israélien et au droit international », peut-on lire dans la réponse de l’État.

Les pétitions ont été déposées par des groupes tels que Adalah, qui offre des conseils juridiques aux minorités arabes en Israël, et l’organisation de défense des droits Yesh Din.

Les procureurs de l’État ont ajouté qu’il était erroné de qualifier les rassemblements de manifestations de civils car ils  » font partie du conflit armé entre le groupe terroriste du Hamas et Israël ».

L’État a demandé que les pétitions soient rejetées, affirmant que leur postulat était « erroné et inapproprié, tant en ce qui concerne le contenu des ordres de tir franc que le caractère et la nature des faits ».

Il a également déclaré qu’il fournira au tribunal, ex parte, les règles d’engagement de l’armée israélienne et d’autres renseignements pertinents sur les incidents frontaliers, selon le site d’information Ynet.

Après les affrontements meurtriers de vendredi, l’armée israélienne a déclaré dans un communiqué que des « centaines d’émeutiers » ont tenté de brûler la clôture et d’entrer en Israël. Il a dit que la foule a lancé des explosifs, des bombes incendiaires et des pierres, et que les soldats ont ouvert le feu « conformément aux règles d’engagement » et ont stoppé les manifestants.

Israël a exprimé à plusieurs reprises sa préoccupation face à la possibilité d’une ouverture massive de la frontière, par laquelle les Gazaouis afflueraient avec des terroristes parmi eux, causant des ravages. Le leader du Hamas, Yahya Sinwar, a juré dans le passé que les manifestants « violeraient les frontières et prieraient à Al-Aqsa », se référant au principal site musulman de Jérusalem.

Les responsables de Gaza ont déclaré qu’environ la moitié des 300 blessés vendredi ont été touchés par des tirs à balles réelles, l’autre moitié par des gaz lacrymogènes.

Le nombre de manifestants semble avoir diminué par rapport aux semaines précédentes. Les manifestations, surnommées la « Marche du retour », ont progressivement diminué, le premier événement du 30 mars attirant environ 30 000 personnes, et le rassemblement de vendredi dernier n’en atteignant qu’un dixième environ.

Vendredi également, Amnesty International a appelé à un embargo sur les armes à l’encontre d’Israël qu’elle a accusé de mener une « attaque meurtrière » contre les Palestiniens participant aux manifestations.

Les manifestations, qui sont soutenues et encouragées par le Hamas, le groupe terroriste qui dirige Gaza, ont été décrites à l’origine par leurs organisateurs palestiniens comme non violentes, mais le Hamas, qui cherche à détruire Israël, a publiquement soutenu les manifestations et a déclaré que son but ultime était de supprimer la frontière et de libérer la Palestine. Les émeutiers ont brûlé des pneus, lancé des bombes incendiaires et des pierres sur les soldats israéliens, fait voler des cerfs-volants enflammés au-dessus de la frontière et tenté à plusieurs reprises de saboter la clôture de sécurité.

L’armée israélienne affirme que ses soldats n’ouvrent le feu que sur les manifestants qui se livrent à la violence ou qui tentent de franchir la barrière séparant le territoire d’Israël. Des vidéos palestiniennes ont été diffusées dans lesquelles on peut voir des soldats tirant sur des manifestants qui ne représentaient pas une menace. L’armée a accusé le Hamas de fabriquer ces séquences vidéo ou de ne diffuser que des extraits partiels.

Des manifestants palestiniens à Gaza tentent de saboter la clôture de la frontière avec Israël, 27 avril 2018 (Bureau du porte-parole de Tsahal).

L’armée affirme également que le Hamas utilise les manifestations comme couverture pour endommager la barrière frontalière et se prépare à s’infiltrer et à perpétrer des attentats.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, les derniers décès ont fait passer le nombre de morts dans les affrontements frontaliers depuis le 30 mars à 44, avec plus de 1 500 blessés par des tirs réels.

Le Hamas a reconnu que cinq de ses terroristes faisaient partie des victimes après la manifestation du premier vendredi, mais s’est depuis lors abstenu de révéler si ses membres figuraient parmi les morts. Israël a identifié d’autres victimes comme membres de groupes terroristes.

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