L’Etat d’Israël à la cour : le plan d’expulsion est toujours d’actualité
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L’Etat d’Israël à la cour : le plan d’expulsion est toujours d’actualité

L'Etat a expliqué qu'un pays africain non-identifié accepterait des milliers de demandeurs d'asile même si l'accord avec le Rwanda est dorénavant rompu. Il réclame encore du temps

Des centaines de demandeurs d'asile manifestent au parc Levinsky dans le sud de Tel Aviv contre l'accord d'expulsion avec l'Ouganda et un pays africain tiers non identifié, le 8 avril 2018 (Crédit :  Melanie Lidman/Times of Israel)
Des centaines de demandeurs d'asile manifestent au parc Levinsky dans le sud de Tel Aviv contre l'accord d'expulsion avec l'Ouganda et un pays africain tiers non identifié, le 8 avril 2018 (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

Israël prévoit toujours d’expulser les demandeurs d’asile africains dans un « pays-tiers » en Afrique, a déclaré l’Etat à la Haute-cour de justice mardi, ajoutant qu’il y a une « probabilité élevée » qu’il soit en mesure de répondre aux exigences du tribunal pour ces expulsions.

Le pays susceptible d’accepter les demandeurs d’asile israéliens n’a pas été nommé, même s’il s’agirait apparemment de l’Ouganda. Selon la réponse apportée à la cour et qui a été soumise mardi, ce pays non-identifié aurait d’ores et déjà été approuvé par le procureur général israélien comme destination pour les demandeurs d’asile qui acceptent de quitter Israël avec une indemnité de 3 500 dollars et un billet d’avion.

Depuis 2015, 1 749 demandeurs d’asile se sont rendus dans ce pays non-identifié, notamment 128 en 2018, a précisé l’Etat, citant des statistiques cohérentes avec le nombre de demandeurs d’asile envoyés en Ouganda.

L’Ouganda a nié avec constance avoir passé un tel accord avec Israël même si des informations ont laissé entendre que le gouvernement, là-bas, s’était seulement éloigné publiquement de la convention sans pour autant l’abroger.

« Nous insisterons sur le fait que les compagnies aériennes ramèneront [les demandeurs d’asile] dans le pays d’où ils viennent », a déclaré le ministre des Affaires étrangères ougandais Okello Oryem dans une déclaration faite la semaine dernière. « Nous n’avons pas de contrat, de protocole d’accord, officiel ou officieux, avec Israël pour que le pays nous envoie ses réfugiés ».

Dans le passé, Israël avait négocié avec le Rwanda et l’Ouganda pour qu’ils acceptent environ 14 000 demandeurs d’asile. Mais les entretiens avec le Rwanda s’étaient interrompus après que le pays a refusé d’accepter des demandeurs d’asile qui quitteraient l’Etat juif contre leur gré et il a reculé face à l’exigence que les responsables israéliens assurent un suivi des demandeurs d’asile expulsés sur son territoire.

L’Etat juif a annulé son accord avec le Rwanda, selon le document présenté mardi devant le tribunal.

Les demandeurs d’asile précédemment expulsés vers l’Ouganda et le Rwanda ont déclaré au Times of Israel qu’ils étaient confrontés à un grave danger et même à l’emprisonnement après leur arrivée en Afrique sans documents en bonne et due forme.

L’Etat a également réclamé mardi plus de temps pour continuer ses négociations avec le pays-tiers africain et pour finaliser les détails de l’accord.

Au mois de mars, l’Etat avait temporairement gelé les expulsions pour accorder un délai permettant de débattre d’une requête déposée par l’avocat Eitay Mack au nom de 119 militants israéliens opposés au plan.

Dimanche, la chaîne Hadashot a fait savoir qu’Israël réfléchissait également à renvoyer les demandeurs d’asile érythréens dans leur pays, malgré son triste bilan en matière de droits de l’Homme, conformément à un jugement récent émis par un tribunal suisse qui a statué qu’il était sûr pour plusieurs milliers d’Erythréens qui demandaient l’asile en Suisse de retourner chez eux.

Des centaines de demandeurs d’asile et de militants israéliens ont manifesté devant l’ambassade de l’Ouganda dans la matinée de mardi et au parc Levinsky de Tel Aviv mardi soir.

Des mouvements de protestation parallèles ont eu lieu devant les ambassades ougandaises d’une semi-douzaine de pays dans le monde, notamment à Berlin et à New York.

La semaine dernière, Netanyahu a annoncé qu’il annulait un nouvel accord passé avec le Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU – selon lequel des milliers de migrants africains en Israël se seraient réinstallés dans des pays occidentaux, tandis qu’un nombre similaire aurait bénéficié d’un permis de séjour provisoire. Le Premier ministre a gelé cette convention quelques heures après l’avoir annoncée, une annonce qui avait suscité l’indignation des politiciens et de groupes de droite.

Cet accord avait pour objectif de mettre un terme à la possibilité des expulsions de milliers de migrants depuis Israël vers le Rwanda et en Ouganda. Sous les termes de cet accord, un minimum de 16 250 migrants aurait été réinstallé dans les nations occidentales.

En échange, Israël aurait accordé un statut temporaire de résident au même nombre de migrants.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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