L’expulsion des migrants africains pourrait paraître raciste, suggère l’ADL
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L’expulsion des migrants africains pourrait paraître raciste, suggère l’ADL

Comparant les enfants des demandeurs d'asile aux « Dreamers » des États-Unis, Jonathan Greenblatt prévient qu'Israël pourrait affaiblir le soutien juif des États-Unis

Des demandeurs d'asile africains et des militants des droits de l'Homme protestent contre l'expulsion devant l'ambassade du Rwanda à Herzliya, le 22 janvier 2018 (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)
Des demandeurs d'asile africains et des militants des droits de l'Homme protestent contre l'expulsion devant l'ambassade du Rwanda à Herzliya, le 22 janvier 2018 (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

WASHINGTON — Jonathan Greenblatt, le PDG de la Ligue anti-diffamation, a comparé les migrants africains en Israël aux « Dreamers », littéralement, les rêveurs, terme associé aux jeunes immigrés aux États-Unis, au cœur d’un débat controversé sur l’immigration aux Etats-Unis et a suggéré que leur expulsion ferait apparaître Israël comme raciste.

« Les réfugiés africains, qui ressemblent aux Dreamers aux États-Unis — ces jeunes qui, en raison de la décision de leurs parents, ont grandi dans ce pays — qui parlent couramment l’hébreu, quand vous commencez à les attraper physiquement et à les renvoyer à la frontière et que vous ne faites pas la même chose pour les Ukrainiens ou les Européens de l’Est qui restent après l’expiration de leurs visas, cela va mal finir », a déclaré Greenblatt mercredi à la conférence annuelle de l’Institut israélien pour les Études stratégiques nationales.

Greenblatt a rejoint les appels lancés à Israël contre l’expulsion des migrants africains, dans des termes qui suggèrent que cela serait raciste.

Jonathan Greenblatt, directeur-général de l’ADL (Anti-Defamation League) (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Le terme Dreamers a été inventé par les défenseurs de l’immigration pour décrire les immigrants illégaux qui sont arrivés aux États-Unis alors qu’ils étaient enfants. Le président américain Donald Trump a supprimé les protections dont ils bénéficaient Obama, mais a expliqué qu’il leur permettrait de rester si les démocrates acceptent de rendre les lois sur l’immigration plus restrictives.

Une grande partie de la communauté juive, y compris l’ADL, s’est alignée avec les démocrates et les défenseurs de l’immigration qui appellent à l’élimination de la menace de la déportation des Dreamers .

Le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé l’an dernier des plans d’expulsion ou d’emprisonnement de quelque 38 000 demandeurs d’asile africains. De grands groupes juifs américains ont exhorté Netanyahu à abandonner ce projet.

Cette semaine, le mouvement conservateur a rejoint cette initiative. Son assemblée rabbinique a déclaré dans un communiqué qu’elle nourrissait « de graves inquiétudes à propos de cette initiative, qui a soulevé des appels à la dissidence en Israël et dans le monde juif ».

Greenblatt a avertit que la déportation affaiblirait davantage le soutien juif américain à Israël, déjà mis à mal en raison des restrictions sur l’activité juive non orthodoxe en Israël et à cause des tensions entre les gouvernements Netanyahu et Obama.

« Je pense qu’Israël a entre ses mains l’atout le plus unique et le plus extraordinaire, à savoir le soutien de la diaspora et de la communauté juive américaine », a-t-il déclaré. « C’est une ressource naturelle que vous allez gaspiller, que vous n’optimiserez pas et qui ne sera pas toujours là si vous ne la gérez pas bien. »

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