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Libéré après une grève de la faim, un prisonnier palestinien accueilli en héros

Kayed Fasfous a été libéré après avoir refusé de s'alimenter pendant 131 jours, avec 5 autres Palestiniens, détenus sans inculpation pour des infractions d'ordre sécuritaire

Kayed Fasfous, prisonnier de sécurité palestinien en grève de la faim, est accueilli en héros dans sa ville natale de Dura, près de Hébron, après sa libération de la prison israélienne le 5 décembre 2021. (Crédit : WAFA)
Kayed Fasfous, prisonnier de sécurité palestinien en grève de la faim, est accueilli en héros dans sa ville natale de Dura, près de Hébron, après sa libération de la prison israélienne le 5 décembre 2021. (Crédit : WAFA)

Les autorités israéliennes ont libéré dimanche un détenu de sécurité palestinien dont la grève de la faim marathonienne de 131 jours a attiré l’attention internationale.

Kayed Fasfous, membre du Fatah originaire de Dura, près de Hébron, a été filmé lors de son arrivée dans sa ville natale. Les médias officiels de l’Autorité palestinienne (AP) ont retransmis en direct la réception, à laquelle ont assisté d’importants responsables du Fatah.

« Merci, car tu nous as fait honneur », a déclaré Sabri Saidam, membre du comité central du Fatah, à Fasfous, devant une foule de plusieurs centaines de personnes.

Fasfous avait protesté contre sa détention administrative par Israël par une grève de la faim. Il a ensuite été rejoint par cinq autres Palestiniens qui ont refusé de s’alimenter pendant des semaines et ont fini par être hospitalisés en Israël. Cinq des six grévistes de la faim, dont Fasfous, ont conclu des accords avec Israël pour que leur détention ne soit pas renouvelée.

L’agence de sécurité intérieure du Shin Bet n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire concernant les allégations contre Fasfous.

La détention administrative signifie qu’ils n’ont pas été formellement accusés d’un crime. Israël affirme que cette procédure controversée est nécessaire pour empêcher les attaques terroristes lorsqu’il dispose de renseignements qui ne peuvent être révélés publiquement devant un tribunal.

La détention administrative est légale en vertu du droit international dans des circonstances extrêmes. Mais les Palestiniens et leurs défenseurs affirment qu’Israël abuse de cet outil, y recourant largement lorsqu’il n’y a pas de menace imminente pour l’ordre public.

Après que sa protestation a franchi le cap des 90 jours, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a averti que la détérioration de l’état de santé de Fasfous pouvait constituer un risque sérieux pour sa santé à long-terme.

À la mi-octobre, Robert Paterson, délégué à la santé du CICR, avait
déclaré : « Nous sommes préoccupés par les conséquences potentiellement irréversibles de ces grèves de la faim prolongées sur leur santé et leur vie. » La grève de Fasfous s’est poursuivie pendant un mois supplémentaire avant qu’il ne soit informé qu’Israël ne renouvellerait pas sa détention.

Quelque 493 prisonniers palestiniens sont en détention administrative dans les prisons israéliennes, selon les données fournies par les autorités israéliennes au groupe de défense des droits de l’homme de gauche HaMoked. Ils représentent environ 11 % des Palestiniens emprisonnés ou détenus par Israël pour des infractions d’ordre sécuritaire.

La grève de la faim est une méthode de protestation courante utilisée par les prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes. Dans certains cas, les Palestiniens font grève à titre individuel pour tenter de modifier leurs conditions de détention ; le système pénitentiaire israélien a également connu des grèves de la faim de masse impliquant des milliers de détenus.

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