L’Iran devrait recevoir des systèmes de défense antiaérienne portatifs chinois – sources
Un contrat de 70 millions de dollars aurait été conclu pour aider Téhéran à reconstruire ses défenses après les frappes israéliennes et américaines
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Reuters — L’Iran devrait recevoir d’ici quelques semaines une première livraison de lance-missiles de défense antiaérienne – il pourrait y en avoir jusqu’à 400 – de fabrication chinoise au moment où le pays renforce ses défenses dans le contexte des combats en cours avec les États-Unis, ont confié trois sources à Reuters.
Cet achat – d’une valeur qui a été estimée entre 60 et 70 millions de dollars – constitue l’une des plus importantes initiatives connues de Téhéran visant à renforcer ses défenses antiaériennes à courte portée depuis le début de la guerre qui l’oppose aux États-Unis et à Israël, un conflit qui avait débuté à la fin du mois de février et qui a mis en évidence les lacunes de la république islamique dans ses capacités à protéger ses sites militaires et ses infrastructures stratégiques.
Cette livraison viendrait considérablement élargir l’arsenal d’armes de défense aérienne à courte portée de l’Iran – et il pourrait laisser croire à un renforcement des liens militaires avec la Chine.
L’accord a été signé avec Zhongqing Baoshang International Investment, une société basée à Hong Kong qui, selon les sources, aurait joué le rôle d’intermédiaire entre la partie iranienne et le fournisseur chinois.
Conformément à un plan qui a été convenu entre les parties, les livraisons s’effectueront dans un premier temps par voie aérienne depuis Urumqi, dans l’ouest de la Chine, puis elles transiteront par le Pakistan, selon les sources, qui n’ont pas précisé si les transferts se feraient par voie aérienne ou par la route.
Une information qui a été démentie par le ministère chinois des Affaires étrangères, qui a affirmé qu’elle était « totalement infondée ». Il a fait valoir que Pékin s’était toujours efforcé de promouvoir la paix et de mettre fin au conflit.
Le service des relations publiques de l’armée pakistanaise a, pour sa part, fait savoir que « les spéculations qui laissent entendre que le Pakistan serait, d’une manière ou d’une autre, impliqué dans la fourniture d’armes de défense antiaérienne à l’Iran depuis la Chine sont absolument inventées de toutes pièces ; elles sont fausses ».
Le ministère iranien des Affaires étrangères n’a pas répondu à une demande de commentaire – pas plus que la société Zhongqing Baoshang International Investment, basée à Hong Kong.
La semaine dernière, le président américain Donald Trump avait annoncé que la Chine et la Russie s’étaient engagées à ne pas vendre d’armes à l’Iran, avertissant que cela « leur serait très préjudiciable ».
L’Iran a cherché à se réarmer alors que les États-Unis frappent, depuis des mois, des installations liées à ses programmes de missiles, de drones et de défense aérienne – une guerre qui avait été menée aux côtés d’Israël dans un premier temps. Téhéran a riposté en lançant des salves de missiles balistiques et de drones.
Washington a brusquement suspendu, samedi dernier, deux semaines de bombardements, mais Trump a déclaré que les frappes reprendraient si les négociations ne parvenaient pas à mettre un terme définitif au conflit qui dure depuis cinq mois et qui, en théorie, fait l’objet d’un cessez-le-feu depuis le mois d’avril dernier.
Si l’Iran a massivement investi au cours des deux dernières décennies dans les missiles, les drones et les radars, les experts militaires soulignent que les systèmes de défense aérienne portables revêtent une importance particulière dans la mesure où ils peuvent être déployés rapidement, où ils peuvent être exploités par de petites équipes et où ils peuvent déplacés fréquemment, ce qui les rend moins vulnérables que les batteries de défense antiaérienne fixes.
Les QW-12 et FN-16 (un type de missile de défense aérienne tiré à l’épaule) sont des systèmes de missiles sol-air à guidage infrarouge conçus pour intercepter des avions volant à basse altitude, des hélicoptères et des drones. Leur mobilité leur permet d’être déployés rapidement autour d’installations militaires, d’infrastructures énergétiques et d’autres sites sensibles.
Au début de la guerre qui avait éclaté le 28 février, Israël avait annoncé qu’une grande partie des défenses aériennes iraniennes avaient été détruites par Tsahal et que l’armée de l’air pouvait dorénavant mener librement ses opérations au-dessus de l’ouest de l’Iran et de Téhéran.
Deux sources proches des services de renseignement occidentaux et un responsable iranien ont indiqué que Téhéran avait également envisagé d’utiliser des voies terrestres pour acheminer plus discrètement des fournitures militaires chinoises et des composants à double usage, et réduire ainsi le risque d’interruption des livraisons.
Cet accord met en évidence la dépendance persistante de la république islamique à l’égard d’une combinaison de production d’armes nationale et de fournisseurs étrangers, malgré des années de sanctions et de restrictions sur les importations liées au secteur de la Défense.
Reuters avait précédemment signalé que l’Iran était sur le point de conclure un accord distinct avec la Chine pour acquérir des missiles de croisière antinavires, selon certaines sources ; toutefois, ces dernières n’ont pas été en mesure de déterminer si cet accord avait abouti.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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