L’Iran se concentre sur l’économie mais menace d’une riposte plus violente
Téhéran crée un état-major de guerre économique pour faire face aux sanctions américaines ; les frappes se poursuivent autour du détroit d'Ormuz et de l'île de Kharg
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

DUBAÏ, Émirats arabes unis — L’Iran a fait part de son intention de faire face aux problèmes induits par les sanctions américaines qui paralysent son économie, un haut responsable iranien mettant par ailleurs en garde contre une « riposte douloureuse » si le pays faisait l’objet de nouvelles attaques.
Six mois après les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, la guerre semble dans l’impasse. Le cessez-le-feu préliminaire conclu en juin dernier n’a pas tenu et les négociations ont bien peu avancé pour remettre en marche le processus de paix.
Après une pause des activités militaires pendant une grande partie du mois de juillet, les frappes de représailles ont repris. Le Commandement central américain (CENTCOM) a déclaré avoir frappé samedi trois pétroliers iraniens en riposte à des tirs de missiles balistiques par le Corps des Gardiens de la révolution islamique d’Iran contre deux navires de la Marine américaine.
Dimanche, suite à ces attaques, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré que les États-Unis devaient comprendre « avant qu’il ne soit trop tard » que les règles du jeu, dans la guerre contre l’Iran, avaient changé.
« Désormais, toute attaque contre les intérêts ou la sécurité de l’Iran donnera lieu à une riposte plus rapide, plus lourde et douloureuse », a-t-il déclaré dans un discours publié sur sa chaîne Telegram.
Téhéran a démontré qu’il conservait la capacité d’attaquer les intérêts américains dans les pays voisins et d’interrompre le transport pétrolier via le détroit d’Ormuz, par lequel transitait un cinquième des approvisionnements mondiaux de pétrole avant le conflit.
Néanmoins, la campagne américaine visant à étouffer l’économie iranienne en bloquant ses exportations de pétrole et en empêchant le contournement des sanctions devient de plus en plus difficile à supporter, ont déclaré trois hautes sources iraniennes.
Dans son discours de dimanche, M. Ghalibaf a ajouté qu’en plus du front militaire, la principale bataille de l’Iran portait désormais sur la production et les moyens de subsistance de sa population, évoquant les fortes fluctuations monétaires, l’inflation, le chômage et la gestion des marchés – des défis majeurs – et ajoutant que les Iraniens supportaient les difficultés, mais pas la mauvaise gestion ou l’inaction, et qu’ils attendaient du gouvernement qu’il agisse rapidement.
Selon les informations données par les médias officiels dimanche, le ministre iranien de l’Économie, Ali Madanizadeh, aurait déclaré que Téhéran prévoyait de riposter à la pression économique américaine par des réformes et a rejeté l’idée que les sanctions l’amèneraient à changer de cap.
« Ils parlent de pression économique et d’isolement, de rupture des liens financiers, et ils pensent qu’en faisant pression sur l’économie d’un pays, ils peuvent changer les décisions de son peuple », a déclaré M. Madanizadeh.
« Que les choses soient claires : la responsabilité de réformer l’économie de l’Iran incombe à son gouvernement et à son peuple, pas au Trésor américain. »
Selon l’agence de presse semi-officielle Tasnim, le vice-ministre de l’Économie, Morteza Zamanian, a déclaré dimanche que l’ « état-major de guerre économique » du ministère redoublait d’efforts pour résoudre les problèmes induits par la guerre.
L’île de Kharg prise pour cible à 550 reprises ces derniers mois, selon l’Iran
L’Iran est le troisième producteur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) : avant la guerre, il exportait 90 % de son pétrole brut via son terminal d’exportation de l’île de Kharg. Or, les flux sont perturbés depuis la mise en œuvre du blocus américain sur les exportations de pétrole iranien à la mi-avril.
Le 31 août, le président américain Donald Trump a publié un message d’une ligne sur les réseaux sociaux, accompagné d’une vidéo générée par intelligence artificielle montrant l’île de Kharg totalement détruite. Les autorités iraniennes ont promis une réponse ferme si Kharg était attaquée.
Lors d’une interview diffusée à la télévision officielle ce dimanche, le ministre iranien du Pétrole, Mohsen Paknejad, a déclaré que l’île avait été touchée à 550 reprises ces derniers mois, mais qu’elle continuait de fonctionner.
L’Iran a également imposé un blocus sur le détroit d’Ormuz, ce qui a posé un problème à M. Trump en faisant grimpé les prix du carburant partout dans le monde, à l’approche des élections de mi-mandat en novembre prochain.
Samedi, le Commandement central américain a déclaré avoir frappé trois navires iraniens, dont un au large des côtes de l’île de Kharg, après le tir par le Corps des Gardiens de la révolution islamique de missiles balistiques contre deux navires de la Marine américaine.
« Que le message adressé au CGRI soit clair : si vous tirez sur deux de nos navires, vous le paierez cher car nous détruirons trois des vôtres », a déclaré l’amiral Brad Cooper, chef du Commandement central américain, chargé de superviser l’armée américaine au Moyen-Orient.
“Let the message to the IRGC be clear: If you shoot at two of our ships, we will impose an even higher economic cost —taking out three of yours. We will not hesitate to defend American forces, and if necessary, destroy Iran’s limited and exposed oil fleet.” — Adm. Brad Cooper,… pic.twitter.com/UGGcSGsUtd
— U.S. Central Command (@CENTCOM) September 5, 2026
Le CGRI a répondu en menaçant de redoubler de frappes contre les navires militaires américains dans le secteur, et a déclaré plus tard avoir ciblé les trois pétroliers ainsi que trois navires liés aux États-Unis, ailleurs.
« Ne vous laissez pas tromper par l’armée ‘terroriste’ américaine et abstenez-vous de tout mouvement suspect visant à traverser des voies navigables non autorisées », a déclaré la Marine du CGRI dans un communiqué diffusé à la télévision officielle iranienne. « Sinon, vous serez pris pour cible. »
Tasnim, l’agence de presse semi-officielle iranienne, avait rapporté que quatre missiles américains avaient touché un pétrolier dans la zone de mouillage de Kharg. Tasnim a cité des sources locales affirmant qu’il n’y avait pas eu de victimes et que l’équipage du pétrolier était en cours d’évacuation.
Aucun personnel américain n’a été blessé, a indiqué le Commandement central.
Dimanche, Tasnim a rapporté que le CGRI avait abattu un ballon de surveillance américain au-dessus d’Erbil, dans le nord de l’Irak, ce qui, selon elle, fait partie d’un plan pour éliminer les systèmes de surveillance aérienne et d’alerte précoce américains dans la région.
la Communauté du Times of Israël !







